À cause d’un désaccord avec les Émirats arabes unis sur le partage de technologies sensibles comme l’optronique, la
France devra finalement financer seule le
Rafale F5 ce qui pèsera sur son budget militaire et étalera son développement dans le temps.Qui paiera pour le futur avion de combat
Rafale F5 de
Dassault? Alors que la
France souhaitaient que des partenaires comme les Émirats arabes unis mettent la main à la poche, elle va devoir seule financer le programme, selon La Tribune. Comme l'explique le site, la relation entre
Paris et
Abu Dhabi a récemment traversé une période de tension, aujourd’hui apaisée mais non sans conséquences. Si les liens personnels entre
Emmanuel Macron et
Mohamed bin Zayed Al Nahyan sont restés solides, leur relation diplomatique s’était refroidie à la fin de l’année, notamment après une visite tendue à
Abu Dhabi.La crise concerne le financement du futur standard
Dassault Rafale F5. Initialement, les Émirats arabes unis s’étaient dits prêts à financer jusqu’à 3,5 milliards d’euros sur un coût total estimé, selon la Tribune, à environ 5 milliards pour ce programme très avancé technologiquement. Mais les discussions ont rapidement achoppé lors de la visite présidentielle française, les autorités des Émirats souhaitant être étroitement associées au développement de l’appareil.Face au refus français de partager certaines technologies sensibles, notamment dans le domaine de l’optronique (des technologies qui permettent de détecter, observer et identifier des cibles à grande distance grâce à la lumière et à la chaleur, sans être repérées par l’ennemi), les négociations ont tourné court. Le désaccord a été profond, les Émirats percevant une forme de rigidité, voire d’arrogance, dans la position française.C'est quoi le
Rafale F5?Conséquence directe: les Émirats ont décidé de ne pas participer au financement du
Rafale F5, laissant à la
France la charge complète du programme. Ce retournement pèse fortement sur le budget des armées, malgré une loi de programmation militaire en cours d’actualisation et dotée de 36 milliards d’euros supplémentaires. Le ministère des Armées doit désormais assumer seul cet investissement, ce qui entraîne un étalement dans le temps du financement et des livraisons — une pratique familière dans la gestion des grands programmes militaires français.Le standard F5 du
Dassault Rafale marque une rupture majeure dans l’évolution de cet avion: il ne s’agit plus seulement d’une modernisation mais presque d'une nouvelle version. Conçu pour entrer en service à partir de 2033, il sera ainsi équipé de nouveaux capteurs (radar AESA de nouvelle génération, capteurs infrarouges avancés), de systèmes de guerre électronique renforcés et d’une connectivité très poussée. L’objectif est de transformer l’avion en un "système de systèmes", capable de coopérer avec d’autres plateformes (avions, satellites, drones) et de gérer un volume massif de données en temps réel.La maquette du nouveau drone de combat de
Dassault, qui va accompagner le Rafale. © Emmanuelle DepiotUne des innovations centrales du
Rafale F5 réside dans le combat collaboratif. L’avion pourra contrôler des drones de combat furtifs dérivés du programme nEUROn, qui agiront comme des "ailiers": reconnaissance, brouillage, désignation de cibles ou frappe. Un projet de drone de combat baptisé UCAV (unmanned combat aerial vehicle) a été dévoilé en juin dernier.L'objectif est de multiplier les chances de percer les défenses adverses, alors que les systèmes de défense anti-aérienne se développent de plus en plus, pour faciliter les frappes. Le "couple" UCAV-Rafale agira en binôme: le drone de combat aura pour mission de "faire un pré-trou" dans les systèmes de défense aérienne "pour un chasseur moins furtif qui traitera l'objectif", comme l'explique le lieutenant-colonel Gorremans de l'armée de l'air et de l'espace dans son étude intitulée "l'avenir de la supériorité aérienne", publiée par l'IFRI.En parallèle, le
Rafale F5 sera conçu pour emporter le futur missile nucléaire hypersonique ASN4G, destiné à remplacer l’ASMPA-R vers 2035, avec une portée supérieure à 1.000 km et une vitesse de plusieurs fois celle du son. Sur le plan financier, le
Rafale F5 représente un programme particulièrement coûteux. Les estimations indiquent que le développement du standard F5 seul dépasse 5 milliards d’euros, tandis que l’investissement global lié au programme Rafale (incluant modernisations, systèmes associés et évolutions) atteint environ 11,7 milliards d’euros.