Cet examen génétique consiste à vérifier que l'embryon n'a pas un nombre anormal de chromosomes avant de l'implanter dans l'utérus afin d'éviter les fausses couches. Publié le 02/04/2026 16:15 Mis à jour le 02/04/2026 16:27 La secrétaire nationale des Ecologistes,
Marine Tondelier, le 7 mars 2026 à Paris. (ADNAN FARZAT / AFP) Faut-il autoriser le diagnostic des embryons avant de les implanter dans le cadre de toutes les PMA ? Le débat reste vif en
France où se tiennent des états généraux de bioéthique depuis le 21 janvier 2026, prélude à une possible révision législative. La question a ressurgi avec l'annonce, lundi 31 mars, de la grossesse de
Marine Tondelier, secrétaire nationale des Ecologistes et candidate à la présidentielle, qui s'est dite favorable "dans un cadre bien défini" au diagnostic pré-implantatoire des aneuploïdies (DPI-A).Cet examen génétique sur une cellule d'un embryon obtenu par une fécondation in vitro dans le cadre d'une procréation médicalement assistée (PMA) consiste à vérifier que l'embryon n'a pas un nombre anormal de chromosomes avant de l'implanter dans l'utérus. "Les embryons avec un nombre anormal de chromosomes soit ne s'implantent pas et donnent des faux espoirs, soit sont sources de fausses couches", a expliqué la gynécologue
Joëlle Belaïsch-Allart lors du lancement des Etats généraux de la bioéthique en janvier. Cet examen permet donc d'optimiser les chances d'implantation de l'embryon.Faute de DPI-A autorisé en
France, certaines femmes et couples qui en ont les moyens financiers se tournent vers des pays où cet examen se pratique, l'
Espagne en tête. Seul le diagnostic pré-implantatoire (DPI) est autorisé dans l'Hexagone et ne concerne que des personnes présentant "une forte probabilité de donner naissance à un enfant atteint d'une maladie génétique d'une particulière gravité reconnue comme incurable au moment du diagnostic", selon l'article L2131-4 du Code de la santé publique.Le DPI est donc strictement encadré par la loi et doit faire l'objet d'une concertation au sein d'un des 49 centres pluridisciplinaires de diagnostic prénatal (CPDPN). Il doit être validé par un médecin, titulaire du diplôme d'études spécialisées de génétique médicale ou d'un diplôme équivalent, délivrant une attestation si une forte probabilité d'enfant atteint d'une maladie génétique grave et incurable est établie.Cependant, si le CPDPN ne donne pas de réponse favorable à la demande d'examen, "les motifs en sont précisés par écrit au couple ou à la femme non mariée au terme d'un entretien avec le médecin", stipule l'article R2131-23. La loi précise que les couples constitués d'un homme et d'une femme, de deux femmes ou les femmes célibataires peuvent bénéficier de cet examen génétique. Ces personnes doivent consentir par écrit et les couples doivent justifier d'une vie commune.Le débat divise toujours la sphère scientifique sur l'application du diagnostic pré-implantatoire des aneuploïdies. Pour Virginie Rio, co-fondatrice du collectif Bamp qui rassemble des personnes infertiles ou en cours de PMA, cette technique limiterait "les échecs qu'on connaît depuis des années" avec la souffrance associée et améliorerait la prise en charge en "évitant de transférer des embryons pour rien".
Joëlle Belaïsch-Allart évoque elle une demande "très importante dans la société".Un avis partagé par des spécialistes, comme le président de la Fédération française d'étude de la reproduction Samir Hamamah ou l'endocrinologue de la reproduction Nathalie Massin, au regard d'une "médecine hasardeuse" et des "drames vécus" lors d'arrêts de grossesse. S'il "n'augmente pas les chances pour un couple d'avoir un enfant, car il ne 'répare' pas les embryons porteurs d'anomalies", le DPI-A réduirait "le délai pour obtenir une naissance viable, diminuerait le nombre de fausses couches, les grossesses multiples et les transferts d'embryons non viables", ont-ils plaidé dans une tribune en 2023. Parmi les opposants, si la souffrance des personnes en PMA est jugée "tout à fait évidente", on invite à "être prudent et se garder de décisions trop rapides" pouvant "ouvrir des brèches", déclare Blanche Streb, de l'association Alliance Vita, à l'AFP. Le DPI-A est "une forme d'acclimatation à un eugénisme technologique", considère-t-elle. Cette position rejoint celle du Sénat, à majorité de droite, qui avait rejeté début 2020 l'expérimentation d'un tel dépistage, décrit comme une "démarche d'eugénisme" par le sénateur LR Bruno Retailleau. En 2019, Agnès Buzyn, alors ministre de la Santé, s'était elle inquiétée d'une "société qui triera[it] les embryons". "Si on autorise cela, tous les couples qui font des enfants par voie naturelle se diront : 'Moi aussi j'ai droit à un enfant sain' et s'engageront dans une démarche de PMA de façon à disposer de tests génétiques à la recherche d'anomalies", avait-elle estimé. Le coup de pression de ce maire RN sur des lycéens Journaliste enlevée en Irak : qui sont les ravisseurs ? Molly, une chienne disparue depuis 7 jours, secourue en Nouvelle-Zélande Présidentielle 2027 : "Les Français ne sont pas bêtes, ils regardent un projet", lance Yaël Braun-Pivet Donald Trump se moque du couple Macron lors d'un déjeuner privé Artémis II : l'effervescence des passionnés réunis à Cap Canaveral Meurtres au Portugal : le scénario du drame se précise Donald Trump sur l'Iran : "Nous allons les ramener à l'âge de pierre" Pourquoi la
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