À
Athènes,
Paris, Montréal, Tunis, Lyon, Genève, Vincennes,
Luxembourg, Avignon, Cannes, Kampala, Bordeaux, Marrakech, Gabès ou Dakar, en salles ou en plein air, voici 28 rendez-vous de la culture afro ou africaine à ne pas manquer en ce mois d’avril. N’hésitez pas à nous envoyer vos prochains événements culturels « incontournables » à l’adresse rfipageculture@yahoo.fr. Publié le : 02/04/2026 - 18:56Modifié le : 03/04/2026 - 12:10 11 min Temps de lecture
Henry Taylor: ”We Were Framed”, 2014. Peinture exposée dans l’exposition "
Henry Taylor. Where thoughts provoke" au musée Picasso
Paris, du 8 avril au 6 septembre 2026. ©
Henry Taylor - Photo Brian Forrest, Courtesy the artist and Hauser & Wirth
Kostas Stasinopoulos, actuel directeur des programmes à la Serpentine de Londres, vient d’être nommé directeur des expositions et des programmes de Kyklos – Centre for Arts and Cultures à
Athènes. Conçu par
Renzo Piano, ce futur lieu privé, porté par la Fondation Dinos et Lia Martinos, prévoit d’ouvrir en 2028 au Pirée, la première collection permanente d’œuvres d’art provenant d’Afrique, d’Océanie et du monde entier. L’exposition Fenêtre sur l’Afrique du peintre brésilien
Gonçalo Ivo se poursuit en avril. À travers couleurs vibrantes et matières, l’artiste esquisse un dialogue sensible avec les paysages et les imaginaires africains d’œuvres issues de la collection de la Maison Gacha, à
Paris. Une proposition à la croisée de la mémoire coloniale et des formes contemporaines. L’
Allemagne vient de franchir une nouvelle étape en créant un conseil dédié à la restitution des biens acquis à l’époque coloniale. Composé d’experts, ce conseil devra éclairer les décisions politiques et muséales, avec un impact direct sur les collections africaines conservées dans les institutions allemandes. La Galerie Les Filles du Calvaire à
Paris met en lumière le travail d’
Abdelhak Benallou dont les œuvres interrogent identités, migrations et mémoire postcoloniale. Né en 1992 en
Algérie où il a reçu une formation à l’École Supérieure des Beaux-Arts d’Alger, l’artiste vit et travaille à
Paris. Entre peinture, installation et gestes graphiques, son univers revisite les archives familiales et politiques, brouille les frontières géographiques et convoque les imaginaires du Maghreb et de sa diaspora. Le Mudam
Luxembourg consacre une exposition aux tissages d’
Igshaan Adams, artiste sud-africain, né en 1982 au Cap, qui mêle perles, textiles et matériaux modestes. Ses œuvres abstraites, inspirées des cartographies urbaines et des trajectoires intimes, rendent visibles les héritages de l’apartheid, les spiritualités croisées et les liens communautaires. Between Then and Now (« Entre alors et maintenant ») est une méditation textile sur la mémoire et la réparation. À Lafayette Anticipations, l’artiste franco-malien Ladji Diaby ouvre le mois avec Who’s Gonna Save The World?. L’exposition interroge les récits dominants de la crise écologique en les confrontant aux savoirs et imaginaires africains. « À travers l'acte d'exposition, Ladji Diaby interroge les systèmes qui déterminent la valeur culturelle en Occident. L’artiste considère l'effondrement du monde comme une étape nécessaire à sa reconstruction. » Installations, vidéos et performances composent un manifeste visuel pour des futurs partagés, plus solidaires.
Henry Taylor : “Haitian working (washing my window) not begging”, 2015. ©
Henry Taylor - Photo Sam Kahn. Courtesy the artist and Hauser & Wirth Le musée des Confluences à Lyon propose à partir du 3 avril un voyage au Mali à travers l’exposition Au Mali, quand les animaux dansent. Masques, costumes et objets rituels dévoilent la puissance des figures animales dans les sociétés maliennes. L’exposition, constituée à partir de la Donation Sonia et Albert Loeb, explore la dimension performative de ces arts, entre danse, musique et spiritualité, et questionne leur circulation dans les musées européens. Dakar vient de commémorer le 60e anniversaire du Festival mondial des Arts nègres, événement fondateur qui avait réuni, en 1966, artistes, intellectuels et leaders du monde noir. En 2026, conférences, projections et performances reviennent sur cet héritage afro-diasporique, entre mémoire des luttes anticoloniales, utopies panafricaines et résonances avec les scènes artistiques d’aujourd’hui. Au Palais de Tokyo, à partir du 3 avril, un volet d’exposition rend hommage à Cheryl Marie Wade, reine-mère des noueux, figure de l’handi-féminisme et de la performance radicale. Si son travail est né aux États-Unis, il résonne avec les luttes intersectionnelles portées par des artistes afrodescendants. Cette présence dans le parcours interroge la visibilité des corps marginalisés dans les institutions contemporaines. Le 3 avril, MansA Magazine voit le jour. Il promet de couvrir la créativité africaine et afrodescendante dans toutes ses dimensions : arts visuels, cinéma, littérature, musiques, idées. Entre reportages, entretiens et dossiers, le titre veut documenter les scènes émergentes comme les figures confirmées, avec une attention particulière aux circulations entre continent, diasporas et mondes arabes. Le festival Vues d’Afrique revient à Montréal du 3 au 11 avril. Au programme de la 42e édition : fictions, documentaires et séries, focus sur de jeunes cinéastes, rencontres professionnelles, séances scolaires. De Tunis à Lagos, de Dakar à Kigali, la programmation explore les nouveaux regards du continent sur ses réalités sociales, ses imaginaires urbains et ses diasporas. La Galerie Filafriques à Genève met à l’honneur Ousmane Dia, artiste sénégalais dont les sculptures et installations scrutent les tensions entre tradition et modernité. Ses figures humaines esquissées, ses matériaux bruts et recyclés interrogent les migrations, la condition des travailleurs et les mobilités africaines. Une œuvre ancrée dans le réel, portée par une grande délicatesse formelle.
Henry Taylor : “Split”, 2013. Peinture exposée dans l’exposition "
Henry Taylor. Where thoughts provoke" au musée Picasso
Paris, du 8 avril au 6 septembre 2026. ©
Henry Taylor - Photo Sam Kahn, Courtesy the artist and Hauser & Wirth À Vincennes, le festival L’Afrique en marche consacre son édition à la culture béninoise. Du 7 au 13 avril, concerts, projections, expositions et rencontres mettent en avant artistes, penseurs et artisans. Vaudou, esthétiques contemporaines et enjeux politiques se croisent dans une programmation qui raconte un Bénin en mouvement, entre traditions réinventées et innovations urbaines. À partir du 7 avril, le Musée Picasso
Paris accueille une grande rétrospective de
Henry Taylor. Ses portraits vibrants donnent à voir une certaine Amérique : celle des quartiers noirs, des luttes pour les droits civiques, de la vie quotidienne des Afro-Américains. Déployée sur deux étages et treize salles, ses œuvres forment un face-à-face inédit entre canons modernes et contre-récits. « Sa peinture et ses installations dressent ainsi un constat lucide sur notre époque – la pauvreté, les inégalités raciales et sociales, la vie urbaine et suburbaine –, tout en déclinant une réflexion plastique sur la force et la tradition de la peinture moderne. » Le 8 avril, en direct de la FabricA, le 80e Festival d’Avignon dévoile son programme, retransmis en ligne. L’édition 2026 promet à nouveau une place de choix aux auteurs et artistes africains et afrodescendants, dont le cycle de lectures Ça va ça va le monde ! proposé par RFI. Le 9 avril, le Festival de Cannes dévoile sa sélection officielle. Cette année, quelle sera la visibilité accordée aux cinémas du continent africain sur la Croisette ? Au Musée d’Art moderne de
Paris, le vernissage de l’exposition consacrée à Lee Miller revient à partir du 10 avril sur la carrière de cette photographe et artiste indépendante, marquée par un séjour en Égypte. Les images réalisées au Caire et dans le désert résonnent avec les représentations occidentales de l’Afrique du Nord, tout en révélant un regard singulier sur les paysages et les corps. À partir du 10 avril, la Maison européenne de la photographie à
Paris accueille l’exposition Black Bricolage de Johny Pitts. Depuis vingt ans, le photographe et écrivain britannique documente la diaspora africaine en Europe. Collages, images et textes composent une cartographie intime des communautés afro-européennes, entre archives personnelles et histoire collective.
Henry Taylor : “Queen & King”, 2013. Marciano Art Foundation, Los Angeles. Peinture exposée dans l’exposition "
Henry Taylor. Where thoughts provoke" au musée Picasso
Paris, du 8 avril au 6 septembre 2026. ©
Henry Taylor - Photo : Sam Kahn. Courtesy the artist and Hauser & Wirth Le 10 avril, la galerie parisienne Mariane Ibrahim ouvre Incompleteness. Réunissant des artistes issus du continent africain et de ses diasporas, l’exposition explore les notions de manque, de fragmentation et de recomposition identitaire. Œuvres picturales, sculptures et installations invitent à penser la création comme un processus ouvert, jamais achevé. Sous le titre Images manquantes et textes retrouvés d’Ahmed Bouanani – un cinéma de poésie, le cinéma La Clef à
Paris accueille le 11 avril une table ronde autour du thème Résister, décoloniser, enraciner. Marie Pierre-Bouthier propose un parcours dans l’œuvre du cinéaste marocain Ahmed Bouanani, figure majeure du cinéma indépendant. L’événement interroge la quête d’un « nouveau regard » documentaire dans le Maroc post-indépendance, de 1956 à 2023. À partir du 17 avril, la Galerie Christophe Person à
Paris présente Matière à abstraction. Un hommage « à l’abstraction en réunissant des œuvres d’artistes tels que Joseph Ntensibe (Ouganda) et Donald Wasswa (Ouganda), dont le travail sera présenté pour la première fois, Mamadou Cissé (Sénégal/France), Tiffanie Delune (France) ou encore Paul Ndema (Ouganda). » L’Espace Monte-Cristo à
Paris inaugure le 17 avril Diseuses de silence, une exposition collective avec, entre autres, l’artiste tunisienne Rym Karou. Les œuvres présentées donnent corps aux voix occultées : femmes, minorités, exilé(e)s. Performances, vidéos, dessins et installations composent un chœur discret mais puissant, où le silence devient matière de résistance, de mémoire et de création. À partir du 18 avril, la galerie Afriart consacre une exposition à l’Ougandaise Mona Taha, née en 1988. Par la peinture, la vidéo et la performance, l’artiste explore les questions de genre, de filiation et de territoire. Corps féminins, paysages urbains et motifs textiles se mêlent pour raconter un Kampala en mutation, traversé par les héritages coloniaux, les rêves de jeunesse et les solidarités queer. Les 21 et 22 avril, le World AI Festival revient à Cannes pour sa 2e édition. Le seul film africain sélectionné se trouve dans la catégorie du meilleur film d’animation généré par IA, Lily, du Tunisien Zoubeir Jlassi.
Henry Taylor : “Untitled”, 2016-22. Coll. Part. Peinture exposée dans l’exposition "
Henry Taylor. Where thoughts provoke" au musée Picasso
Paris, du 8 avril au 6 septembre 2026. ©
Henry Taylor – Photo : Jeff McLane. Courtesy the artist and Hauser & Wirth L’Institut des Afriques propose le 21 avril, à la Librairie Olympique de Bordeaux, une rencontre littéraire avec l’écrivaine ghanéenne Nana Darkoa Sekyiamah autour de son essai qui vient d’être publié aux Éditions Philippe Rey : La vie sexuelle des femmes africaines. Dans le livre, « des femmes de tout le continent africain et de sa diaspora mondiale évoquent leur expérience du sexe et des relations amoureuses. Des paroles rares, un éclairage crucial sur la quête de liberté sexuelle des femmes africaines dans le monde. » L’autrice est aussi la cofondatrice du blog devenu podcast Adventures from the Bedrooms of African Women. Marrakech accueille du 23 au 25 avril une nouvelle édition du Festival du livre africain (FLAM). Romanciers, essayistes, poètes et éditeurs se retrouvent pour débattre de la place des langues africaines, des traductions, des récits de migration ou des littératures queer. Rencontres, lectures et ateliers font de la ville un carrefour pour les écritures francophones, arabophones et anglophones du continent. Le week-end du 25 et 26 avril, MansA à
Paris propose deux journées de réflexion autour de Cartographier les mondes africains. Chercheurs, artistes et curateurs interrogent les cartes mentales, politiques et esthétiques du continent et de ses diasporas. À travers conférences, projections et performances, l’événement questionne qui a le pouvoir de nommer, de tracer les frontières et de raconter l’Afrique. En Tunisie, le festival Gabès Cinéma Fen s’installe du 26 avril au 2 mai, entre salles obscures et écrans en plein air. La programmation met l’accent sur les cinémas arabes et africains, les formes expérimentales et le dialogue entre image et arts numériques. Une occasion de découvrir de nouvelles voix du Maghreb, du Sahel et de la diaspora.
Henry Taylor : “LOOK”, 2015. Coll. Part. Peinture exposée dans l’exposition "
Henry Taylor. Where thoughts provoke" au musée Picasso
Paris, du 8 avril au 6 septembre 2026. ©
Henry Taylor - Photo Sam Kahn. Courtesy the artist and Hauser & Wirth Recevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail