Pointé du doigt par un rapport de l’
Inspection générale des finances pour des irrégularités de gestion et des failles disciplinaires, l’
Ordre des médecins assure avoir déjà engagé plusieurs réformes. Son président,
Stéphane Oustric, affirme que ces changements vont se poursuivre jusqu’en 2026. De la vie quotidienne aux grands enjeux, recevez tous les jours les sujets qui font la société locale, comme la justice, l’éducation, la santé et la famille.
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Ordre des médecins est sous pression. Un rapport de l’
Inspection générale des finances (IGF) critique la gestion de l’institution et pointe des failles dans le traitement des plaintes contre certains médecins.Dans un entretien accordé à l’
AFP, son président, le professeur
Stéphane Oustric, reconnaît que plusieurs critiques sont justifiées. Mais il assure que des réformes sont déjà en cours.Parmi les principales mesures annoncées : une harmonisation nationale de la comptabilité et des salaires.Aujourd’hui, chaque conseil départemental gère ses finances. À l’avenir, une partie de cette gestion sera centralisée. Les salariés des conseils départementaux seront payés directement par l’échelon national.Ces changements doivent être finalisés d’ici fin 2026. L’objectif est de mieux contrôler les dépenses et d’éviter certains excès pointés par l’IGF, comme des remboursements élevés de frais de transport. "Ce ne sera plus possible" qu'un Ordre départemental rembourse 15.000 euros de notes de taxi par an à une conseillère ordinale, déclare-t-il.Le président de l’Ordre assure aussi que la cotisation annuelle payée par les médecins restera stable. Elle est aujourd’hui fixée à 365 euros et n’augmentera pas pendant la durée de son mandat. Le rapport critique aussi la façon dont certaines plaintes contre des médecins sont traitées.Selon l’IGF, l’Ordre ne vérifie pas toujours assez si un médecin inscrit a fait l’objet d’une condamnation pénale. Le suivi des dossiers peut aussi varier d’un département à l’autre.Ces défaillances ont notamment été mises en lumière lors du procès du chirurgien pédocriminel
Joël Le Scouarnec. Condamné à 20 ans de prison pour des viols et agressions sexuelles commis sur près de 300 jeunes patients, l’ancien chirurgien avait pourtant été signalé à l’
Ordre des médecins. Aucune procédure disciplinaire n’avait alors été engagée. Il n’avait pas été sanctionné par l’
Ordre des médecins du Finistère."Cela illustre la défaillance majeure de l'action disciplinaire de l'ordre", assure le rapport, qui craint qu'à l'avenir une telle situation ne se reproduise.Pour y remédier, l’Ordre annonce plusieurs changements. Les condamnations de médecins devraient bientôt être transmises automatiquement par le ministère de la Justice. Une base de données nationale doit aussi être généralisée. Dans cette base, "tout est horodaté, tracé. Il y a une vraie stratégie de tolérance zéro", selon
Stéphane Oustric. Elle permettra de suivre l’avancée des plaintes et des signalements dans tous les départements.Le rapport de l’IGF vise aussi le conseil départemental de l’Ordre de Paris et recommande sa dissolution.L’Ordre national a lancé plusieurs contrôles : une mission d’inspection interne, un audit financier, un audit sur les relations de travail et un renforcement du commissaire aux comptes.
Stéphane Oustric conteste toutefois certaines critiques du rapport, notamment sur l’achat en 2021 du siège de l’
Ordre des médecins des Alpes-Maritimes.Ce bâtiment niçois de 1 200 m², avec piscine, avait été jugé trop coûteux par l’IGF, 3,9 millions d'euros pour les 7 salariés. Selon le président de l’Ordre, la piscine a depuis été transformée en parking et la surface réellement aménageable est bien inférieure.Le président de l’Ordre réfute également l’accusation de prises de position trop corporatistes.L’institution prépare un livre blanc en vue de l’élection présidentielle de 2027 pour défendre la place des médecins dans la société."Je veux que les droits et les médecins dans la société soient respectés, parce que c'est une garantie pour le patient", indique
Stéphane Oustric. Procès Le Scouarnec À partir du 24 février 2025 L'ancien chirurgien
Joël Le Scouarnec, déjà condamné à 15 ans de réclusion criminelle pour viols et agressions sexuelles sur mineurs, est jugé depuis le 24 février 2025 au palais de justice de Vannes (Morbihan) dans une affaire d'une ampleur sans précédent. Ce procès, qui s'étale jusqu'à fin mai, concerne des accusations de viols et d'agressions sexuelles sur près de 300 victimes, majoritairement mineures.