Le 2 avril 2026 à 15h15
Isabelle Adjani arrive avec son avocat
David Lepidi pour assister à son procès pour fraude fiscale et blanchiment d’argent à la Cour d’appel de
Paris, le 1er avril 2026. Abdul Saboor / REUTERS Condamnée en première instance, l’actrice de 70 ans rejette la faute sur ses conseillers fiscaux, sur l’un des gérants de sa société et sur son ex-mari. L’audience reprend jeudi après-midi. Passer la publicité Passer la publicité Rejugée pour fraude fiscale mercredi à
Paris,
Isabelle Adjani s'est décrite devant la cour d’appel comme « une proie », « victime d'escroqueries successives ». L’artiste de 70 ans a été condamnée en première instance, en 2023, à deux ans d’emprisonnement avec sursis et 250 000 euros d’amende pour s’être fictivement domiciliée au
Portugal en 2016 et 2017 et avoir dissimulé une donation en prêt en 2013. « Je vais être honnête, je n'ai jamais rempli une fiche d'impôt. Et heureusement, car ça aurait été désastreux (...). J'ai la phobie des papiers », a expliqué l'actrice, la voix serrée, à la barre. « Mes affaires, je les ai confiées à des gens pour qu'elles soient gérées en bonne et due forme », a-t-elle expliqué, rejetant la faute sur ses conseillers fiscaux. Mais aussi sur l'un des gérants de sa société
Isia Films et son ex-compagnon, le médecin
Stéphane Delajoux. À lire aussi Meryl Streep offre une somme « à sept chiffres » à une institution féministe américaine Passer la publicité
Isabelle Adjani, « proie idéale » « J'ai tout payé pour lui et sa famille. Il a été condamné pour escroquerie, mais j'ai cru qu'il était victime d'une conspiration dans son propre milieu, comme moi en 1987 avec le sida (une fausse rumeur lui attribuait la maladie, NDLR) », déclare
Isabelle Adjani, qui accuse aussi le médecin « d’avoir euthanasié sa mère ». Face à l'incapacité de l'actrice à estimer le montant de ses impôts (environ 455 000 euros en 2023) la présidente,
Pascaline Chamboncel-Saligue, résume: « Vous avez d'autres priorités que le financier ». Émue,
Isabelle Adjani l'admet : « Je suis la proie idéale et j'ai horreur de vous le dire ». « Vous aviez pourtant un conseiller fiscal ? », lui demande l'avocat général,
Laurent Couderc. « Je n'ai pas été capable de jauger de sa virtuosité en la matière », répond-elle. « Vous jouez de malchance », reprend-il. «Je ne vous le fais pas dire », enchaîne la comédienne. Domiciliée à Carcavelos au
Portugal, l'actrice explique avoir « toutes ses affaires au
Portugal » mais « ne pas être ancrée », ni « confinée à résidence ». À lire aussi Gims annonce la sortie d’une nouvelle chanson, où il s’imagine « mis aux arrêts » « D’une dette à une autre » « Il est évident qu'elle était résidente en France avec une résidence non habituelle au
Portugal », a fait valoir Ralph Boussier, l'avocat de la Direction générale des finances publiques (DGFiP). « Toute la vie fiscale de Madame Adjani est un habillage permanent, on saute d'une dette à une autre, de gentils donateurs vous donnent un appartement gratuit ou deux millions d'euros », a-t-il ajouté. Au sujet des deux millions d’euros versés par Mamadou Diagna Ndiaye, un homme d’affaires, l’actrice dément avoir cherché à masquer une donation pour échapper à 1,2 million d'euros de droits de mutation. « Je savais que j'avais du temps pour le rembourser, il m'a fait un avenant, il m'a libérée de l'obsession de le rembourser car il n'avait pas besoin que ce soit rapide. » À lire aussi Arnaque sentimentale : une Sud-Coréenne piégée par un faux acteur de Squid Game perd 300.000 euros Passer la publicité « Je le rembourserai jusqu'au dernier centime », a-t-elle répété. « Je ne vais jamais contourner l'impôt et me retrouver dans une situation d'illégalité, pour quoi faire ? Je n'ai pas l'intelligence de la manœuvre des escrocs », a assuré l'actrice. L'audience reprend jeudi après-midi avec les réquisitions et les plaidoiries de la défense. « Phobie des papiers », « proie idéale » :
Isabelle Adjani se défend en appel d'avoir cherché à frauder le fisc S'ABONNER Durable, défiscalisé, allégé en droits de succession… Comment tirer profit de l’investissement dans une forêt NOS CONSEILS – Loin des soubresauts de la Bourse, les arbres offrent la possibilité de constituer une épargne de conviction, rentable sur le long terme et facile à transmettre. La stratégie de Samuel, indépendant, pour préparer sa retraite : «Tant que ma banque me prête, j’emprunte» OBJECTIF RETRAITE - À 44 ans, Samuel est propriétaire de six biens. Une source potentielle de revenus pour compenser une pension qu’il envisage insuffisante. Le spectre de la taxation des plus aisés revient hanter l’Assemblée DÉCRYPTAGE - Les députés lancent une commission d’enquête sur l’imposition des plus riches et leur contribution au financement des services publics. La guerre ou les impôts ? Ces résidents de Dubaï prêts à braver les missiles pour sauver leur statut fiscal Alors que certains expatriés ont regagné l’Europe au début du conflit, une partie d’entre eux chercherait déjà à retourner aux Émirats en jet privé pour conserver les avantages attachés à leur résidence fiscale. Cantines, sports, administration... Comment les mairies dépensent l’argent des impôts locaux DÉCRYPTAGE - En 2024, les Français ont versé près de 44 milliards d’euros directement à leur commune. «En voiture n°32» : l’abandon de la taxe au poids sur les véhicules électriques Voici comme tous les mercredis votre newsletter automobile. Pourquoi le Conseil constitutionnel pourrait finalement censurer la taxe holding DÉCRYPTAGE - Le premier ministre a lui-même saisi l’institution sur les mesures de taxation des plus aisés contenues dans le budget 2026. Comment les entreprises sont devenues les grandes victimes du budget ANALYSE - En fonction des derniers arbitrages, la facture budgétaire pourrait tourner autour 10 milliards d’euros pour le tissu économique. Budget 2026 : taxe holding, surtaxe d’IS, nouvel ISF… Ces impôts sur lesquels les débats bloquent toujours Les discussions reprennent ce mardi dans l’Hémicycle mais le compromis semble encore lointain. PEL : que va devenir l’argent de ces millions de comptes arrivés à échéance et clôturés dès ce 1er mars ? DÉCRYPTAGE - Près de 3,2 millions de plans épargne logement, soit plus d’un tiers des comptes existants, arrivent à échéance à partir de mars 2026, avertit la Banque de France.