C'était la « priorité absolue » de son début de mandat. Le nouveau maire socialiste de
Paris Emmanuel Grégoire annonce un vaste plan de lutte contre les violences dans le milieu périscolaire. Ces derniers mois, les cas de violences physiques, psychologiques et sexuelles se sont multipliés dans plusieurs écoles de la capitale française. Soixanre dix-huit animateurs en périscolaires ont été suspendus en 2026 dont 31 pour suspicions de violences sexuelles Publié le : 03/04/2026 - 13:47 4 min Temps de lecture Le nouveau maire de
Paris,
Emmanuel Grégoire, à l'hôtel de ville de
Paris le 29 mars 2026. AFP - JULIEN DE ROSA « Il faut tout revoir depuis le début avec un objectif, la tolérance zéro », a d'emblée affiché le nouveau maire de
Paris. Je vous confirme que je souhaite la mise en place d'une commission indépendante qui puisse réaliser un examen complet de nos procédures de recrutement, de nos procédures de signalement, de nos procédures de contrôle. Nous lui donnerons accès à tout, et sa liberté de parole sera totale, et je le sais, sa disponibilité avec les parents d'élèves... 00:57 Le maire de
Paris,
Emmanuel Grégoire En pleine tempête de révélations de cas de violences sexuelles dans les écoles de la capitale et de dépôts de plaintes,
Emmanuel Grégoire est attendu au tournant par les associations et collectifs de parents d'élèves déboussolés et en colère. Après les avoir reçus le 30 mars, le nouveau maire de
Paris a annoncé dans un entretien au Monde un « plan d'action » estimé à « une vingtaine de millions d'euros ». Il a également décidé de mettre fin au poste de défenseure des enfants créé en décembre par
Anne Hidalgo et occupé par
Dominique Versini, une ancienne ministre de
Jacques Chirac. « Il y a déjà un défenseur des enfants au niveau national », souligne le maire de
Paris. Des signalements simplifiés Lors d'une conférence de presse ce 3 avril,
Emmanuel Grégoire a promis de « garantir la transparence totale envers les familles », notamment en communiquant « chaque trimestre les statistiques et le nombre de suspensions d'animateurs », que les collectifs de parents d'élèves peinent aujourd'hui à obtenir. Un « livret d'accueil » et des réunions de rentrée périscolaire seront mis en place dans « chaque école » parisienne. Cette initiative répond aux attentes des familles, qui se plaignent de la longueur des procédures, de la mauvaise circulation des informations et du manque de formation des agents. Dans les deux mois qui viennent, la formation sur la prévention des violences faites aux mineurs sera « généralisée à tous les agents de la ville », avant l'ouverture en septembre 2026 d'une « école parisienne du périscolaire » dispensant deux jours de formation initiale obligatoires, tous statuts confondus. « Je m'engage à ce que l'intégralité des conclusions des enquêtes administratives, quand il y a eu un signalement, soient restituées aux familles concernées », a-t-il poursuivi. Une « commission indépendante pour établir un état des lieux complet et entendre des préconisations ». Il est prévu également de mettre en place une chaîne de signalement simple, accessible et identifiée par les agents, les parents et les enfants pour chaque école, comme le demande le collectif SOS Périscolaire : « En effet, jusqu’ici, il n’était pas simple de savoir qui alerter». Les parents pourront aussi « saisir directement » une « cellule d'écoute et de signalement », ajoute
Emmanuel Grégoire, en précisant que la mairie continuerait à suspendre un animateur « au moindre soupçon ». 2024-2025 : des chiffres alarmants Selon le successeur d'
Anne Hidalgo, « l'immense majorité des cas » de violences sexuelles « datent de 2024 et surtout de 2025 », principalement dans des écoles maternelles. En 2025, trente animateurs ont été suspendus à
Paris, dont seize pour suspicions de faits à caractère sexuel, selon les chiffres de la mairie. Depuis janvier 2026, 78 animateurs dans les écoles ont été suspendus, dont 31 pour suspicions de violences sexuelles. Dont neuf animateurs d'une même école maternelle du VIIe arrondissement. Vers une refonte des temps de l’enfant Enfin le nouveau maire de
Paris a fait savoir qu'un conseil de
Paris exceptionnel serait consacré à cette question à la mi-avril et qu'une « convention citoyenne sur le périscolaire et les temps de l'enfant » se réunira « dès avril pour réfléchir à l'organisation de la semaine et de la journée d'école ». « Je n'aurai aucun tabou » sur la semaine de 4,5 jours d'école en vigueur à
Paris depuis 2013, a-t-il fait savoir. Il « prend acte » que la convention nationale sur les temps de l'enfant a recommandé de conserver la semaine de 4,5 jours, mais dit entendre les arguments en faveur du retour à la semaine de 4 jours (sans école le mercredi matin) comme dans la plupart des communes. Une mesure prônée par Rachida Dati. « Cette organisation ne peut pas se faire au détriment de la sécurité des enfants, et le morcellement des temps a montré ses limites », estime
Emmanuel Grégoire qui attendra les conclusions de la convention, mi-juin, pour trancher. À lire aussiFrance: des parents rassemblés à
Paris contre les violences sexuelles dans le périscolaire Recevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail