Les autorités ukrainiennes ont encore fait état de plus de 90 drones lancés par
Moscou, dans la nuit de samedi à dimanche. Mais sur le terrain, pas d'avancées majeures côté russe. Les soldats de Poutine reculent même par endroits. Publié le : 05/04/2026 - 10:25Modifié le : 05/04/2026 - 12:14 3 min Temps de lecture Militaires ukrainiens opérateurs de drones du 422e régiment en opération sur le front (image d'illustration). © Stringer /
Reuters Selon un rapport des renseignements britanniques cité par le président Zelensky, écrit notre correspondante à
Kiev, Emmanuelle Chaze, la situation serait même la meilleure pour l'
Ukraine depuis dix mois, et
Kiev a repris davantage de terrain au mois de mars 2026 que durant tout autre mois depuis 2023. Avancées Dans la région de
Kharkiv, les troupes ukrainiennes ont notamment avancé dans le secteur de
Kupyansk et dans celui d'Oleksandrivka, dans la région voisine de
Donetsk.
Oleksandr Syrsky, le commandant en chef de l'armée ukrainienne, dit avoir libéré plus de 480 km2 de terrain. À tel point qu'aujourd'hui, la Russie occupe une portion du territoire ukrainien inférieure à celle qu'elle occupait en mars 2022. À force d'assauts répétés avec un immense coût humain - selon les autorités ukrainiennes, 35 000 soldats russes auraient été tués ou blessés rien qu'au mois de mars -
Moscou semble en difficulté sur la ligne de front. Il lui faut mobiliser plus vite que les pertes enregistrées, et sa logistique s'enraye puisque le fonctionnement des raffineries et autres terminaux pétroliers, noyaux de son économie qui nourrissent l'effort de guerre, est grandement perturbé par les frappes ukrainiennes. Ceci, alors le Kremlin continue de rejeter l'idée d'une trêve pascale proposée par
Kiev. À lire aussiUkraine: au moins six morts dans des frappes russes, dont cinq sur un marché à
Nikopol Certaines villes sont particulièrement visées : en plus de la capitale,
Kiev,
Kharkiv, la deuxième plus grande ville du pays, a essuyé des attaques particulièrement violentes ces derniers jours. Dans cette cité, le bruit de la défense anti-aérienne ukrainienne abattant un drone kamikaze russe en plein centre-ville est devenue quotidien. À tel point que beaucoup d'habitants ne prennent plus la peine de se mettre aux abris - à la place, ils filment et partagent sur les réseaux sociaux ce à quoi ils sont échappé. Pour Daria, une professeur d'arts plastiques d'une cinquantaine d'années, la situation est devenue infernale : « Cela a atterri rue Sumska, au centre, où on a notre appartement. J'étais là avec le grand-père, on essayait de se cacher, et là, une roquette, plusieurs même... ils se sont lâchés [les Russes] et ont commencé à nous bombarder. Dieu merci, on a survécu, mais on a eu des dégâts et je me suis blessée au dos. » Les bombes font partie du quotidien Souvent les familles comme Daria n'envisagent pas de partir - les bombes font désormais partie du quotidien. Dans une chocolaterie du centre, juste à côté d'un immeuble incendié cette semaine, Anna, une vendeuse, s'est faite à cette nouvelle réalité : « Les panneaux sur les fenêtres, c'est depuis les premiers jours de la guerre, on les a mis pour protéger les vitres. » Ici malgré le pragmatisme de certains, la normalité n'est qu'apparente et les alertes aériennes sont quasi permanentes. Vendredi, trois missiles sont tombés sur la ville en plus d'une vingtaine de drones. Une jeune femme de 29 ans est morte brûlée dans sa voiture et tous les jours le bilan humain et matériel de ses frappes s'alourdit. À lire aussiÀ
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