Le 5 avril 2026 à 12h33 Lors du message urbi et orbi, le pape américain a lancé, place
Saint-Pierre, un cri poignant pour que cessent immédiatement les conflits dans le monde. Passer la publicité Passer la publicité Pour Pâques,
Léon XIV a lancé une guerre à la guerre mais avec les armes de la paix. Depuis le grand balcon des bénédictions de la place
Saint-Pierre, celui qui célébrait la première Pâques de son pontificat a d’abord poussé une sorte de cri sur un ton peu commun depuis son élection le 8 mai 2025 : « Que ceux qui ont des armes en main les déposent ! Que ceux qui ont le pouvoir de déclencher des guerres choisissent la paix ! Non pas une paix imposée par la force, mais par le dialogue ! Non pas avec la volonté de dominer l’autre, mais de le rencontrer ! ». Il a ensuite convoqué toute l’Église catholique à implorer la paix, samedi prochain : « j’invite tout le monde à se joindre à moi, à la veillée de prière pour la paix que nous célébrerons ici, sur la place
Saint-Pierre, samedi prochain, 11 avril. » Il a enfin dénoncé la tentation « d’indifférence » face aux guerres et à leurs violences mortelles et « aux conséquences économiques et sociales qu’elles engendrent et que chacun ressent pourtant. » Car, a-t-il plaidé, « La force par laquelle le Christ est ressuscité est totalement non violente. » Pour l’expliquer, le pape a comparé cette force à un « grain de blé » qui est étouffé dans la terre mais qui finit « par se frayer un chemin entre les sillons » du sol pour devenir un « épi doré ». Cette « force » de Dieu, a-t-il ajouté, est également semblable à un « cœur humain offensé » qui « repousse l’instinct de vengeance » pour choisir de « prier pour celui qui l’a offensé ». « Que ceux qui ont des armes en main les déposent ! Que ceux qui ont le pouvoir de déclencher des guerres choisissent la paix ! Non pas une paix imposée par la force, mais par le dialogue ! »
Léon XIV, message urbi et orbi de Pâques Passer la publicité Oui, a martelé le chef de l’Église catholique, « telle est la véritable force qui apporte la paix à l’humanité, puisqu’elle produit des relations respectueuses à tous les niveaux : entre les personnes, les familles, les groupes sociaux, les nations ». Cette « force », a insisté le pape, « ne veut pas imposer son propre projet », mais elle cherche à « contribuer à l’élaborer et à le réaliser avec les autres » parce qu’elle « ne vise pas un intérêt particulier, mais le bien commun. » Ce message s’adresse évidemment à tous les conflits de la planète mais il vise sans ambiguïté ceux qui ont enclenché la guerre qui enflamme le Moyen-Orient. Relativement discret sur ce sujet, jusqu’à la guerre déclarée par les États-Unis et Israël à l’Iran, le 28 février,
Léon XIV, citoyen américain né à Chicago il y a soixante-dix ans, marque ainsi une désapprobation formelle et publique face à son pays d’origine même s’il ne nomme pas son pays et son président. Léon ne va toutefois pas jusqu’à la qualification d’un conflit « injuste » qui ne répond pas aux critères d’une « guerre juste ». C’est pourtant cette critique explicite que la plupart des évêques américains formulent actuellement, à l’adresse du président Trump et à l’encontre du conflit en Iran. Critique publique encouragée, en arrière-plan, par le pape américain qui a affirmé dès le début du pontificat qu’il n’entrerait pas dans les affaires de son pays d’origine, sinon à travers l’épiscopat des États-Unis. Les catholiques américains ont un poids politique certain bien que beaucoup vivent actuellement un dilemme de loyauté et de conscience entre leur appartenance nationale et catholique. Le pape, comme il le fit lors d’un message urbi et orbi du même genre le jour de Noël 2025, n’a d’ailleurs pas passé en revue la géopolitique guerrière de la planète pour demander, encore et encore la paix. Il a concentré ce message urbi et orbi de Pâques sur la guerre et la paix, et ses racines humaines et spirituelles. Sur ce registre, plus théologique, il a rappelé le sens de cette approche chrétienne des conflits. Si « Pâque est une victoire : celle de la vie sur la mort, de la lumière sur les ténèbres, de l’amour sur la haine », elle a un « prix très élevé », celui de « la mort sur une croix » du Christ, « Fils du Dieu vivant », après « une injuste condamnation » et des « tortures ». Passer la publicité «Nous avons besoin aujourd’hui de ce chant d’espérance» Mais « comment Jesus a-t-il vaincu ? » demande
Léon XIV. « Quelle est la force avec laquelle il a vaincu une fois pour toutes l’ancien Adversaire, le Prince de ce monde ? » C’est-à-dire « le diable » dans la tradition chrétienne. Réponse : « Cette force, cette puissance, c’est Dieu lui-même, Amour qui crée et donne la vie, Amour fidèle jusqu’à la fin, Amour qui pardonne et rachète. » Ainsi « ce ‘Roi victorieux’ a mené et remporte son combat dans un abandon confiant en la volonté du Père », c’est-à-dire Dieu selon la théologie chrétienne. « Il a ainsi parcouru jusqu’au bout le chemin du dialogue, non pas en paroles mais en actes.» Le « dialogue », telle est la voie royale que prône l’Église qui accepte le recours à la force armée, seulement en cas de défense légitime. Et seulement en dernier recours après que toutes les négociations diplomatiques possibles ont échoué. Ajoutant une dernière condition importante : la mesure et la proportion entre le feu de l’agresseur et le feu de celui qui défend son pays. Dernière dimension de ce premier message pascal de
Léon XIV qu’il avait déjà exprimé, le week-end dernier à Monaco et à Rome : la lutte contre l’indifférence face à la guerre. « Nous nous habituons à la violence, nous nous y résignons et nous devenons indifférents. Indifférents à la mort de milliers de personnes. Indifférents aux répercussions de haines et de divisions que les conflits sèment. Indifférents aux conséquences économiques et sociales qu’ils engendrent et que chacun ressent pourtant. » Il a alors cité son prédécesseur, François, et sa fameuse formule de la « mondialisation de l’indifférence », reprenant en cette fête chrétienne sa dernière phrase publique, au même lieu et même endroit, lors de la fête de Pâques 2025, il mourrait le lendemain matin : « Que de volonté de mort nous voyons chaque jour dans les nombreux conflits qui touchent différentes parties du monde ! » Mais pour le milliard quatre cents millions de chrétiens qui habitent la planète, c’est avant tout la fête de Pâques et « nous avons besoin aujourd’hui de ce chant d’espérance. Et c’est à nous, ressuscités avec le Christ, qu’il revient de le porter dans les rues du monde », a-t-il lancé à la fin de l’homélie de la messe du matin. Un enseignement spirituel, réaffirmé avec force dans le message urbi et orbi qui suivait cette célébration : « A la lumière de Pâques, laissons-nous émerveiller par le Christ ! Laissons son immense amour changer notre cœur ! (…) la résurrection qui nous rappelle que le mal n’a pas le dernier mot, car il a été vaincu par le Ressuscite. » Sous le soleil, avant de souhaiter en plusieurs langues, dont le français, «Joyeuses Pâques ! Portez à tout le monde la joie de Jésus ressuscité et présent parmi nous» à une foule estimée à 50 000 personnes et devant les télévisions du monde entier,
Léon XIV pouvait donc conclure : « La paix que Jésus nous donne n’est pas celle qui se limite à faire taire les armes, mais celle qui touche et transforme le cœur de chacun ! Convertissons-nous à la paix du Christ ! (…) En ce jour de fête, abandonnons toute volonté de querelle, de domination et de pouvoir, et implorons le Seigneur pour qu’il accorde sa paix à ce monde endeuillé par les guerres et marqué par la haine et l’indifférence qui nous font nous sentir impuissants face au mal. » Pâques :
Léon XIV s’insurge contre la guerre et lui oppose «la force» de la paix S'ABONNER
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