Des accords de coopération entre TVF International Investments Inc. et
4iG ont été signés à
Istanbul, en Turquie, le 8 décembre 2025. - AnadoluSelon
Bloomberg, le titre de
4iG a perdu 50% depuis son pic de 2025. Les investisseurs estiment que l'entreprise pourrait perdre ses relations privilégiées avec l'État hongrois en cas de défaite de
Viktor Orban le 12 avril prochain.
Viktor Orban vers la sortie? À dix jours des élections législatives en Hongrie, c'est l'opposant à l'actuel Premier ministre,
Peter Magyar, qui fait la course en tête dans les sondages.Si les jeux ne sont pas encore faits, la perspective d'une défaite du dirigeant national-conservateur au pouvoir depuis 16 ans n'a jamais semblé aussi crédible. Y compris aux yeux des investisseurs si l'on se fie à l'évolution de l'action de l'entreprise
4iG, rapporte
Bloomberg.Le titre de ce fleuron hongrois des télécommunications a chuté de 50% depuis son pic atteint en novembre 2025. Et la dégringolade n'a fait que s'accélérer à mesure que se sont multipliés les sondages prédisant une défaite de
Viktor Orban. Et pour cause,
4iG est connue pour ses liens avec le pouvoir: c'est principalement grâce aux marchés publics, aux accords passés avec le gouvernement et à la bienveillance de l'État en matière de réglementaire que l'entreprise a vu sa valorisation bondir de 20 millions à 2,3 milliards de dollars en huit ans."
4iG est un exemple typique du modèle économique hongrois, fortement lié à l'État", a expliqué auprès de
Bloomberg Jozsef Peter Martin, directeur de
Transparency International en Hongrie. "Les entreprises y prospèrent non pas principalement grâce à la concurrence, mais grâce à l'accès aux financements, aux contrats et au soutien réglementaire de l'État", a-t-il ajouté. Un avantage ô combien précieux qui pourrait être menacé en cas de défaite de
Viktor Orban.Acquisitions multiplesSi
4iG connait une croissance fulgurante depuis huit ans, c'est précisément parce que cela fait il y a huit ans que
Gellert Jaszai, proche de
Viktor Orban, est arrivé à la tête de
4iG. Cet homme d'affaires est aussi l'envoyé spécial du gouvernement hongrois sur les questions liées aux relations commerciales internationales. C'est aussi lui qui a accompagné le Premier ministre à Mar-a-Lago en 2024 pour négocier des accords avec
Donald Trump et
Elon Musk. À l'époque, la publication d'une photo sur laquelle apparaissait le milliardaire américain,
Viktor Orban et
Gellert Jaszai avait fait bondir l'action de
4iG.Ces dernières années, l'entreprise s'est illustrée par sa frénésie de rachats, comme le rappelait Courrier International. En 2021, elle mettait la main sur Invitech, "l'un des leaders hongrois en matière d'infrastructures et de fourniture de services informatiques". Elle rachetait trois mois plus tard l'opérateur mobile One au Monténégro et prenait au même moment des parts dans d'autres sociétés de télécoms.Mais l'une de ses plus grosses opérations fut sans doute l'acquisition avec l'État de la filiale magyare de Vodafone en 2022. De quoi permettre à
4iG de devenir le deuxième opérateur mobile et fixe du pays, comme le rappelait la Direction générale du Trésor, tout en précisant que "
4iG, dont le PDG (également actionnaire majoritaire), Jászai Gellért a des liens étroits avec le Premier ministre hongrois Viktor Orbán, a entamé une croissance rapide sur le marché des télécommunications, non seulement en Hongrie mais aussi dans les pays voisins".Annalisa Cappellini : Hongrie, Rubio mis au défi de sauver Orbán - 17/023:11Depuis, l'entreprise a diversifié ses activités, notamment dans la défense et l'industrie spatiale. Elle a ainsi conclu des accords avec Lockheed Martin, Axiom Space ou encore Rheinmetall.Mais à dix jours des élections législatives, les investisseurs estiment que
4iG pourrait ne pas bénéficier de la même mansuétude et du même soutien de l'État en cas de victoire de
Peter Magyar."Certains analystes s'attendent à ce qu'un futur gouvernement dirigé par Tisza (le parti de
Peter Magyar) privilégie les mesures visant à accroître la concurrence", a déclaré Orsolya Raczova, analyste chez Eurasia Group, auprès de
Bloomberg. L'agence américaine rappelle d'ailleurs que
Peter Magyar a annoncé en juin dernier sa volonté de vendre ses actions
4iG pour dénoncer le projet d'Orban de faire de l'entreprise "le centre névralgique de l'industrie de défense hongroise". "La sécurité de la patrie ne saurait être l'affaire d'oligarques douteux", avait-il dit.