L'
Iran a mis en garde lundi contre de possibles "crimes de guerre" après des menaces du président américain
Donald Trump de viser prochainement des infrastructures civiles dans le pays. Un pont détruit à
Karaj, près de
Téhéran en
Iran, début avril 2026. (ATTA KENARE / AFP)
Donald Trump a menacé, dimanche 5 avril, de détruire les centrales électriques et les ponts en
Iran si le pays ne rouvre pas le détroit d'Ormuz, et a fixé un ultimatum à mardi soir. Selon les Iraniens, ces attaques seraient des "crimes de guerre" et le droit international pourrait bien leur donner raison. Selon le quatrième texte de l'une des conventions de Genève, qui font office de table de la loi du droit humanitaire international, "la destruction et l'appropriation de biens non justifiées par des nécessités militaires et exécutées sur une grande échelle de façon illicite et arbitraire" constitue un crime de guerre. Les menaces du président américain tombent donc sous ce chef d'inculpation.On pourrait toutefois rétorquer aux Iraniens que leurs bombardements des usines de désalinisation des pays du Golfe ou des infrastructures énergétique. Raffineries ou dépôts pétroliers au Koweit, à Bahrein, au
Qatar et aux Émirats arabes unis tombent également sous le coup de cette caractérisation de "crime de guerre" puisqu'il s'agit de destruction de biens non justifiées par des nécessités militaires.Le problème est plus difficile quand on vise des biens ou des emprises à utilisation, duale aussi bien civile que militaire. Détruire un pont peut avoir une vraie utilité militaire, pour empêcher le transit de troupes ennemies, par exemple. Mais détruire une infrastructure encore en construction, comme cela a été le cas il y a quelques jours pour le pont de
Karaj en
Iran - le plus grand du pays - est beaucoup plus discutable.Le droit humanitaire international vise surtout à épargner les civils, estimant que des pertes ne sont légitimes qu'à partir du moment où l'objectif militaire derrière une opération meurtrière était d'une certaine valeur. C'est ce qu'on appelle le principe de proportionnalité : une armée s'autorise à entraîner des pertes civiles - les dommages collatéraux - à partir du moment où la cible visée est d'une haute valeur, militairement parlant.Dès le début des années 2000 les Américains, et à leur suite la plupart des armées occidentales, ont mis au point un tableau de mesure très complexe de la mise en relation coût-bénéfice en termes de vies civiles sacrifiées, appelé NCV pour "non-combattant casualty cut-off value" - ou "valeur seuil des victimes non-combattantes". En clair, le nombre de civils qu'on s'autorise à tuer pour remplir un objectif militaire. Le NCV le plus haut édicté par l'armée américaine était de 30 civils, passés par pertes et profit pour un objectif très particulier : tuer Oussama ben Laden, le chef du réseau Al-Quaïda.Dans sa guerre contre Gaza, l'armée israélienne avait fait grimper ce NCV jusqu'à 300 pour les commandants les plus aguerris du Hamas. Autrement dit, en zone urbaine dense comme à Gaza, les militaires étaient autorisés à raser tout un quartier - et les gens qui l'habitaient - pour tuer un seul commandant. On te répond : quel impact la guerre a en France ? "Il faut toujours rester maître de soi, dans une négociation, sinon c'est dangereux", rappelle l'ancien ambassadeur Philippe Etienne Comment "la bourle" est devenue la star des réseaux sociaux ? Dans les coulisses du sauvetage du soldat américain en
Iran Liban : les Casques bleus, témoins gênants du conflit Au moins 4 personnes tuées et 39 blessées dans une frappe israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth Lingots, montres... Le butin des criminels vendus aux enchères Robots tondeuses : les nouvelles stars des jardins Pâques : on a visité l'atelier de Patrick Roger, chocolatier et meilleur ouvrier de France Le deuxième pilote américain recherché en
Iran secouru "sain et sauf" Le Muséum national d'Histoire naturelle de Paris a besoin d'un milliard d'euros Plus d'une tonne de cocaïne cachée dans des sacs de terreau Guerre au Moyen-Orient :
Donald Trump promet de “déchaîner les enfers” sur l’
Iran si aucun accord n’est trouvé d’ici 48 heures. Il se “douche“ en public pour dénoncer la crise de l'eau à Mayotte Le Vieux Quaremont, point central du Tour des Flandres Mission Artemis II : premières images de la Terre depuis le vaisseau Fraude à l'assurance : des alpinistes piégés par leurs guides au Népal Les Bleus ont fait un cadeau pendant leur tournée aux États-Unis Des députés interpellent la France sur son abstention lors d'un vote sur l'esclavage Garde à vue de Rima Hassan : une procédure "parfaitement illégale", selon son avocat David Cozette "C'était un burn-out. J'étais au bout de moi-même !"