À une semaine des élections législatives en Hongrie, le parti de
Viktor Orban, le
Fidesz, est toujours à la traîne dans les sondages. Devant lui,
Tisza, le parti de son opposant conservateur
Péter Magyar, continue de grimper. La campagne agressive du Premier ministre sortant ne paie pas dans les sondages. Et c'est dans ce contexte que
Viktor Orban a annoncé, dimanche 5 avril, que des explosifs ont été découverts en Serbie, à proximité d'un gazoduc qui transporte du gaz russe vers la Hongrie. Publié le : 06/04/2026 - 18:20 3 min Temps de lecture Des affiches collées sur le mur d'un immeuble à Budapest, le 14 mars 2026, à l'approche des élections législatives du 12 avril en Hongrie. AP - Denes Erdos Le Premier ministre hongrois a été averti le 5 avril au soir par son allié, le président serbe
Aleksandar Vucic, de la présence d'un « explosif d'une puissance dévastatrice » à proximité du gazoduc
Balkan Stream, qui fournit en gaz russe la Serbie et la Hongrie.
Viktor Orban a ensuite convoqué une réunion du Conseil de défense en urgence. Dans un message publié sur Facebook après la réunion, il indique qu'il s'agit d'une tentative de sabotage, que la Serbie et la Hongrie ont renforcé la protection du gazoduc. Mais surtout, sans l'accuser directement, il évoque un suspect.« L'
Ukraine tente depuis des années de couper l'Europe de l'énergie russe, déclare le Premier ministre dans une vidéo. Les agissements de
Kiev constituent une menace mortelle pour la Hongrie. La sécurité énergétique hongroise n'est pas un jeu. Nous protégerons notre système énergétique, l'approvisionnement des familles hongroises, et nos intérêts nationaux. »Le ministère ukrainien des Affaires étrangères a indiqué que
Kiev n'avait rien à voir avec ces explosifs, assurant qu'il s'agissait « très probablement d'une opération sous faux pavillon russe s'inscrivant dans le cadre de l'ingérence massive de Moscou dans les élections hongroises ». Des accusations accueillies avec scepticisme par le directeur de l'agence de sécurité militaire de Belgrade, chargée du contre-espionnage. Il a déclaré dimanche soir qu'il était « faux de dire que les Ukrainiens avaient tenté d'organiser » cette opération.
Péter Magyar a lui aussi émis des doutes sur cet incident. Pour le chef du parti d'opposition
Tisza, il pourrait s'agir d'une mise en scène. Dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux, il assure que plusieurs personnes avaient publiquement laissé entendre « qu'un incident se produirait ''accidentellement'' en Serbie, au niveau du gazoduc, à Pâques, une semaine avant les élections hongroises ». L'objectif, selon Magyar, est de renforcer les chances électorales d'un
Viktor Orban en mauvaise posture dans les sondages.
Viktor Orban a fait du sentiment anti-ukrainien un fer de lance de la campagne du
Fidesz. Il présente l'
Ukraine comme un risque pour la Hongrie et se définit comme le candidat de la paix, face à son adversaire,
Péter Magyar, qu'il accuse d'être un candidat pro-ukrainien. Selon
Viktor Orban, une victoire de l'opposition entraînerait la Hongrie dans une guerre contre la Russie. Une stratégie perçue comme une tentative de détourner l'attention des préoccupations sociales et économiques, celles qui ont pourtant propulsé le parti de son adversaire
Péter Magyar en tête des sondages.L'opposant a demandé des clarifications sur l'incident en Serbie. Sur ses réseaux sociaux, il appelle
Viktor Orban à ne pas se servir de cet événement pour « empêcher des millions de Hongrois de tourner la page des deux décennies les plus corrompues de l'histoire du pays ».