Israël estime avoir porté « un coup sévère au régime » iranien après des frappes qui, lundi 6 avril, ont atteint le site d'
Assalouyeh, dans le sud du pays. Téhéran martèle que la situation est « sous contrôle » dans ce qui est le plus grand complexe pétrochimique au monde, même si l'étendue des dégâts reste à évaluer. Mais selon les experts, cette frappe « ne touche pas le régime, mais les Iraniens » avant tout. Publié le : 06/04/2026 - 21:42 2 min Temps de lecture Sur cette photo d'archive datée du 4 septembre 2018, publiée par le site officiel de la présidence iranienne, on peut voir une partie des installations du complexe pétrochimique de Pardis à
Assalouyeh, sur la côte nord du golfe Persique. © Bureau de la présidence iranienne / AP Le ministre de la Défense,
Israël Katz, a déclaré que l'armée avait « frappé avec force le plus grand complexe pétrochimique en
Iran, situé à
Assalouyeh, une cible clé qui assure environ la moitié de la production pétrochimique du pays ».L'agence iranienne Fars a par ailleurs affirmé qu'un autre complexe pétrochimique, cette fois près de Chiraz (centre-sud), avait été visé par des frappes, évoquant des « dégâts mineurs ». « L'incendie a été maîtrisé. La situation est actuellement sous contrôle et les aspects techniques ainsi que l'étendue des dégâts font l'objet d'une enquête », a indiqué l'agence
IRNA, citant un communiqué de la compagnie pétrochimique iranienne, ajoutant qu'aucun blessé n'était à déplorer.Deux jours plus tôt, samedi 4 avril, des bombardements israélo-américains ont touché un autre site pétrochimique cette fois ci à
Mahshahr, dans le sud-ouest de l'. « Les deux sites, représentant 85% des exportations pétrochimiques iraniennes, sont désormais hors service, a poursuivi
Israël Katz. Cela représente un coup sévère se montant à des dizaines de milliards de dollars pour le régime iranien. »Le complexe gazier d'
Assalouyeh, dans le sud de l'
Iran, se situe en bordure de l'immense champ gazier de South Pars, partagé par l'
Iran avec le . Ce complexe sert pour l'exploitation commune du plus grand gisement de gaz naturel au monde. Il s'agit de l'un des piliers de l'économie iranienne. C'est à partir de ce site que l'
Iran produit et transforme son gaz utilisé pour fabriquer des engrais ou du plastique. C'est aussi de là que part le gaz qui alimente le chauffage des foyers ou l'industrie locale dans tout le pays.Le 18 mars déjà, les Israéliens avaient ciblé le site d'
Assalouyeh. Mais ces dernières heures, les frappes contre les installations énergétiques se répètent. Ce 6 avril, les autorités locales évoquent un autre complexe, situé lui à Marvdasht, qui avait été visé dans le sud, près de Chiraz.Contrairement à l'affirmation d'
Israël Katz, une telle frappe « ne touche absolument pas le régime ou les ressources du régime, mais au contraire, cela touche le ravitaillement en gaz des Iraniens », explique Bernard Hourcarde, directeur de recherche au CNRS émérite et spécialiste de l'
Iran.
Assalouyeh est un des plus grands centres pétrochimiques du monde, puisqu'ils raffinent le gaz de South Pars, le plus grand gisement de gaz du monde qui est partagé avec Qatar. C'est un exploit technique d'avoir construit, dans un désert, quasiment une véritable ville, et qui est actuellement une rue industrielle qui réunit effectivement le raffinage du gaz et tous les produits en cascade de pétrochimie liés à ce gaz. Ce gaz également n'est pas destiné à l'exportation, c'est du gaz destiné à l'industrie et surtout l'approvisionnement en gaz de l'
Iran. Cela ne touche absolument pas le régime ni les ressources du régime. Cela touche au contraire le ravitaillement en gaz des Iraniens : les Iraniens se chauffent au gaz. Il y a un réseau de gazoduc extraordinaire qui était parti d'
Assalouyeh qui fait qu'aujourd'hui, tous les Iraniens, du nord au sud, sont desservis par le gaz de ville, chauffage et industrie locales, centrales thermiques locales. Autrement dit, ce site touche le cœur de la vie quotidienne des Iraniens. C'est vraiment une cible, non pas politique, une cible qui touche la nation iranienne. 00:59 Cibler
Assalouyeh « ne touche pas le régime », mais « les Iraniens », explique Bernard Hourcarde, du CNRSNicolas Feldmann