Traditionnellement présentes auprès de sports élitistes, les entreprises du luxe élargissent aujourd'hui leur spectre.
Jannik Sinner et son sac
Gucci x Head,
Marie-Julie Bonnin pose pour
Chanel,
Lando Norris et le trophée en forme de bouteille de champagne de la marque Moët & Chandon. (SIPA/
Chanel/AFP) Une sauteuse à la perche française posant pour
Chanel. L'image est inédite.
Marie-Julie Bonnin, championne du monde en salle 2025, a rejoint, début mars, la CC League, un programme de mentorat de deux ans lancé par
Chanel Beauty (le département beauté de la marque) qui soutient sept sportives de haut niveau du monde entier. Depuis quelques mois, les joueurs et joueuses du
Real Madrid sont, eux, habillés par
Louis Vuitton. La marque italienne
Gucci a, quant à elle, annoncé, courant janvier, s'associer à la joueuse de tennis et n°1 mondiale
Aryna Sabalenka, alors qu'elle comptait déjà dans ses rangs le tennisman italien
Jannik Sinner. Autant d'exemples qui illustrent l'attrait grandissant des entreprises de luxe vers le secteur du sport."C'est une tendance de fond. Le lien entre le sport et le luxe n'est pas nouveau, mais il y a une évolution du type de sports vers lesquels les partenariats sont dirigés et la façon dont ils sont menés", pose Gwarlann de Kerviler, professeure en marketing à l'Ieseg School of management. "Les valeurs portées par le luxe et le sport sont alignées. Dans le sport, on parle de persévérance, de précision, d'endurance, d'excellence. C'est la même chose avec un artisan qui va répéter son geste jusqu'à atteindre la perfection", prolonge Isabelle Chaboud, directrice du master Fashion, Design, and Luxury Management à Grenoble Ecole de Management.Au début du 19e siècle, le secteur du luxe se positionnait auprès de sports élitistes, où se trouvaient ses clients. Dans le monde de l'équitation, le désormais maroquinier
Hermès propose par exemple des selles en cuir depuis 1837. Cartier a, lui, conçu la première montre-bracelet pour hommes en 1911 pour répondre à un besoin de l'aviateur Alberto Santos-Dumont. Aujourd'hui, le luxe se tourne vers des sports beaucoup plus populaires, comme le football –
Dior habille ainsi le PSG depuis 2021 – ou la natation, avec Léon Marchand, égérie de
Louis Vuitton depuis juillet 2023. Le Grand Prix d'Italie le 5 septembre 2025. (Jay Hirano/Shutterstock/SIPA) "Ces entreprises ont la volonté de ne pas se faire doubler par la concurrence de la montée en gamme de marques comme Nike ou Adidas. Et surtout, elles suivent les centres d'intérêt de leurs nouveaux clients de la génération Z, des clients riches attirés par le football. Il y a un élargissement du spectre car la clientèle s'élargit", explique Gwarlann de Kerviler. Alors que la Formule 1 connaît un regain de médiatisation depuis le succès de la série de Netflix Drive to survive consacrée à son championnat, le groupe
LVMH a, par exemple, décidé de devenir pour dix ans partenaire mondial de la F1 à partir de 2025. Les malles monogrammées
Louis Vuitton abritent les trophées, et les pilotes trinquent au champagne du groupe. Sephora (marque de
LVMH) a aussi annoncé devenir partenaire officiel de la F1 Academy, championnat 100% féminin.Alors que le secteur du luxe se confronte pour la première fois à un net ralentissement, la gen Z représente pour ces maisons un enjeu considérable. Outre la nomination de jeunes et parfois médiatiques directeurs artistiques (comme l'artiste Pharell Williams chez
Louis Vuitton hommes), ces entreprises misent donc sur la mode du bien-être qui traverse la société. "Avec les stratégies de montée en gamme et les augmentations récurrentes de prix, le luxe a perdu près de 50 millions de clients [entre 2022 et 2024] dans le monde principalement des clients occasionnels et aspirationnels [qui dépensent en moyenne 3 000 et 10 000 euros par an]", rappelle Isabelle Chaboud."Il faut trouver des relais et le sport est un bon moyen de toucher des cibles jeunes qui vont acheter."Isabelle Chaboud, directrice du master Fashion, Design, and Luxury Management à Grenoble Ecole Managementà franceinfo: sportEn s'associant avec des sportifs dotés de leurs propres réseaux sociaux, ces marques prestigieuses s'offrent l'accès à de nouvelles communautés. "Or, les passionnés de sport investissent sans compter dans leur passion et ne vont pas hésiter à acheter un produit qui combine performance technique, style et qui est porté par un athlète qui les fait rêver", fait remarquer Isabelle Chaboud.Avec la CC League par exemple, "
Chanel va peut-être toucher un segment qui n'était pas dans son cœur de clientèle. Mais on sait que la beauté est la porte d'entrée dans les maisons de luxe. Cela peut être un moyen d'attirer des clients nouveaux, plus jeunes, qui deviendront peut-être plus tard plus fortunés et s'offriront d'autres produits de la marque", déroule Isabelle Chaboud. La perchiste française
Marie-Julie Bonnin compte ainsi 41 000 abonnés sur son compte Instagram. Heidi Gaugain, paracycliste tricolore en argent aux Jeux de Paris en 2024, également membre de la CC League, est, elle, suivie par plus de 8 000 fans. "Leurs communautés vont s'élargir car elles vont être mises en lumière par
Chanel."Avec des sportifs de haut niveau comme ambassadeurs, plutôt que des mannequins, chanteurs ou acteurs, les marques s'appuient sur l'authenticité de ces figures pour convaincre les clients. "Les consommateurs ne sont pas dupes. Ils sont en attente de quelque chose de très vrai. Les sportifs vont choisir des marques qui fonctionnent", ajoute Gwarlann de Kerviler, qui souligne que l'athlète devient alors source d'inspiration. "Vous embarquez le client en montrant des 'role models' qui utilisent la marque, notamment dans des expériences fortes."Pour séduire les consommateurs, les entreprises de luxe misent sur la vidéo et "la mise en scène d'expériences de vie", pointe Gwarlann de Kerviler, citant le storytelling que va mettre en place
Chanel autour des athlètes soutenues à travers du mentorat, ou encore des ateliers sur la confiance en soi. "
Chanel va plus loin que du sponsoring : ils ont la volonté de se différencier pour garder leur désirabilité. Ici, on est axé sur l'expérientiel et l'émotionnel avec de l'accompagnement", analyse Gwarlann de Kerviler. Les marques peuvent aussi jouer sur le concept du "what money can't buy" ("ce que l'argent ne peut pas acheter") en proposant à des clients privilégiés d'assister à des événements en présence des sportifs ambassadeurs.Aujourd'hui, aucune marque ne communique de manière transparente sur les montants investis. Et les deux spécialistes assurent ne pas connaître d'exemples d'entreprises ayant fait machine arrière sur cette stratégie. Quant au retour sur investissement, il est à l'heure actuelle impossible à chiffrer. "Redevenir partenaire dans la F1 pour
LVMH, c'est un enjeu de réputation, d'image. L'objectif est de faire rêver, souligne Isabelle Chaboud. Le retour sur investissement se mesure sur des années." La tendance, elle, est partie pour durer, avec un prochain rendez-vous déjà identifié pour les marques de luxe tricolores : les prochains Jeux olympiques à domicile dans les Alpes en 2030. Comment "la bourle" est devenue la star des réseaux sociaux ? Le Vieux Quaremont, point central du Tour des Flandres Les Bleus ont fait un cadeau pendant leur tournée aux États-Unis Louis Bielle-Biarrey, joyau du XV de France et du Tournoi Tiger Woods passe un appel au président avant son arrestation Champions Cup : quelles chances pour les clubs de rugby français ? On a visité une salle adaptée au public autiste lors d'un match au Stade de France "C'est beaucoup plus long, plus dur", Guirec Soudée, le skipper qui a battu le record du monde à l'envers Mondial : les 6 derniers qualifiés... dont un adversaire des Bleus Les Italiens frappés par la malédiction du Mondial Coupe du monde 2026 : sans l’Italie mais (peut-être) avec l’Iran "Désastre", "malédiction"... l'Italie à nouveau privée du Mondial de football "Personne ne fait une transition pour faire du sport à haut niveau", clame Julie Tétart, basketteuse à Monaco 1 pays, 3 équipes : l'effectif français impressionne Vente du Parc des Princes : "Nous souhaitons clôturer les discussions au plus tard à la fin de l'été", assure Emmanuel Grégoire, maire de Paris Une course de chaises de bureau, en relais, au Japon Le champion du monde Ilia Malinin embrase le gala des Mondiaux de patinage artistique Majestueux ! Fournier Beaudry et Cizeron sacrés champions du monde de danse sur glace Les supporters du Sénégal revendiquent et fêtent la victoire à la CAN au Stade de France Le Sénégal, déchu, présente son titre de champion d'Afrique au Stade de France Guillaume Cizeron et Laurence Fournier Beaudry brillent et battent leur record sur la danse rythmique aux Mondiaux Traversée des Alpes : le projet fou d'un champion hors normes Les réactions des Bleus après leur victoire sur le Brésil Il marque 106 points dans un match de basket, dont 33 paniers à 3 points Visite de l'hôtel des Bleus à Boston, avant la Coupe du monde Mondial 2026 : la Nouvelle-Calédonie à deux matchs d'une qualification historique Lou Jeanmonnot et la Fédération de la lose, un divorce heureux