Sarah El Haïry, haute-commissaire à l'enfance, est l'invité des "4 Vérités" mardi 7 avril 2026. Elle revient sur la protection des enfants dans le périscolaire, le renfort des contrôles de plusieurs secteurs ainsi que sur la restriction des réseaux sociaux. Ce texte correspond à la retranscription d'une partie de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité.
Jeff Wittenberg : Bonjour
Sarah El Haïry. On va commencer par un nombre : 78. C'est le nombre d'animateurs du périscolaire à
Paris qui ont été suspendus depuis le début de l'année. 31 d'entre eux ont été suspectés de violences sexuelles sur des enfants. Voilà ce qu'a révélé le nouveau maire de la capitale,
Emmanuel Grégoire, il y a quelques jours. Comment une telle dérive a-t-elle pu avoir lieu ? Est-ce qu'on se confronte à ce problème, enfin, à son juste niveau ?
Sarah El Haïry : Vous savez, là où il y a des enfants, il y a des prédateurs. Aujourd'hui, dans le périscolaire, comme dans d'autres secteurs, la culture, le sport, plus largement le baby-sitting, les prédateurs vont là où il y a les enfants. Dans le périscolaire en particulier, en trois mois, en trois mois à peine, plus de 31 personnes ont été éloignées. Pourquoi ? Parce qu'il faut aller chercher les responsabilités, parce qu'il faut croire les enfants, parce qu'il faut croire et accompagner les parents. Et pour ça, il faut redoubler d'efforts sur les contrôles, les contrôles d'antécédents judiciaires avec un certificat d'honorabilité, bien sûr, mais aller plus loin, croire les enfants, les parents et aller chercher la responsabilité de ceux qui savent et qui ont été alertés.On ne l'a pas assez fait ? Est-ce qu'il y a eu une loi du silence, une omerta ? Est-ce que vous en voulez à la mairie précédente, puisque ces cas existaient, avec toutes ces suspensions ?Là, on parle de
Paris en particulier.Parce qu'il y a beaucoup de périscolaire, du fait des rythmes scolaires et que beaucoup d'enfants étudient en semaine.Parce qu'il y a eu des drames. Ce sont des enfants qui sont victimes, qui vont vivre avec ces cicatrices, qui vont apprendre à vivre avec, et une confiance qui a été brisée dans la sacralité de l'école et des extrascolaires.Pourquoi si tard, pourquoi maintenant ? Est-ce qu'il y a eu une omerta ?Pourquoi tant de silence ? Bien sûr qu'il y a du tabou.Et est-ce qu'il y en a encore, peut-être ?Certainement et c'est ça qu'il faut briser. Et comment on le brise ? On le brise d'abord en contrôlant de manière plus ferme, mais surtout en allant chercher la responsabilité de ceux qui ont été témoins, de ceux qui ont vu, de ceux qui ont su, en formant en amont, mais ne pas faire comme si "et bien passer, il n'y a rien à voir". On l'a déplacé.Est-ce que vous en voulez aux autorités précédentes de la ville de
Paris, à Anne Hidalgo ?Moi, mon quotidien et ma responsabilité, c'est que ça ne se reproduise plus jamais à cette hauteur, à
Paris et ailleurs. On parle beaucoup de
Paris, mais il y a plus de 36 000 maires qui ont été élus récemment, il y a à peine deux semaines. Attention. À eux, je dis : "prenez à bras-le-corps la protection des enfants. Aujourd'hui, vous avez la responsabilité et la charge de les protéger. Croyez-les, accompagnez-les et surtout, quand une personne signale, elle a l'obligation de le faire et d'aller jusqu'au bout". Quand vous êtes un élu et que vous recevez ce signalement, alors la transparence doit être faite, les parents doivent être accompagnés, ça n'a pas toujours été fait.Est-ce que désormais vous avez l'impression que cette prise de conscience existe et que les élus ont compris qu'il y avait un état d'urgence par rapport à cette question, et notamment sur la parole des enfants que vous venez de définir ?Pas encore suffisamment. Je vais être très claire avec vous. Pourquoi ? Parce que là, dans les dernières annonces pour le coup de la ville de
Paris, il y a de la formation, il y a des avancées, mais il faut surtout de la transparence pour reconstruire de la confiance. La transparence, c'est quoi ? C'est quand j'ai un signalement, j'en informe les parents, je vais jusqu'au bout, il y a des conséquences. Il n'y a plus de "je le connaissais, ça fait 15 ans, ça fait 20 ans".Cliquez sur la vidéo pour regarder l'entretien en intégralité. Un ours aperçu sur des pistes de ski dans le Pyrénées Au Japon, une parade de pénis géants pour célébrer la fertilité Réforme des tickets-resto : les restaurateurs en colère On te répond : quel impact la guerre a en France ? "Il faut toujours rester maître de soi, dans une négociation, sinon c'est dangereux", rappelle l'ancien ambassadeur Philippe Etienne Comment "la bourle" est devenue la star des réseaux sociaux ? Dans les coulisses du sauvetage du soldat américain en Iran Liban : les Casques bleus, témoins gênants du conflit Au moins 4 personnes tuées et 39 blessées dans une frappe israélienne dans la banlieue sud de Beyrouth Lingots, montres... Le butin des criminels vendus aux enchères Robots tondeuses : les nouvelles stars des jardins Pâques : on a visité l'atelier de Patrick Roger, chocolatier et meilleur ouvrier de France Le deuxième pilote américain recherché en Iran secouru "sain et sauf" Le Muséum national d'Histoire naturelle de
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