Publié le 07/04/2026 07:15 Mis à jour le 07/04/2026 09:34
Nicolas Sarkozy, le 25 septembre 2025. (JULIEN DE ROSA / AFP) Le procès en appel du financement libyen a repris le 16 mars. Alors que la parole est donnée à
Nicolas Sarkozy à partir de mardi pour son interrogatoire, une des parties civiles partage son vécu du procès.
Nicolas Sarkozy se présente à la barre mardi 7 avril, à partir de 9 heures au procès en appel du financement libyen présumé de sa campagne présidentielle de 2007. L'ancien chef de l'Etat devra d'abord réagir à la prise de parole des parties civiles la semaine dernière, les familles de victimes de l'attentat du DC-10 d'UTA, qui a fait 170 morts dont 54 Français au
Niger en 1989. Cet attentat avait été organisé par
Abdallah Senoussi, l'ancien numéro 2 du régime libyen rencontré par
Brice Hortefeux et
Claude Guéant en 2005. C'est à ce moment que le pacte de corruption pour financer la campagne a été conclu selon l'accusation.
Maryvone Raveneau, 79 ans, fait partie des partis civiles présentes lors du procès. Son mari Georges, père de leurs deux fils, en avait 40 lorsque l'avion qu'il pilotait a explosé au-dessus du désert du Ténéré. Il était le commandant de bord de l'avion. Lors du 1er procès de
Nicolas Sarkozy, c'est le chagrin qui accompagnait toujours la septuagénaire, membre du collectif "Les Filles du DC-10". Mais depuis la condamnation de l'ex-président, sa lourde charge contre la justice, et l'hypermédiatisation de ses 20 jours de prison avec, notamment la publication du livre Le journal d'un prisonnier, c'est la colère qui l'emporte."Jusque-là j'étais un peu anesthésiée, confie-t-elle. Ça va peut-être vous paraître bizarre au bout de 36 ans, mais c'est un deuil non-fait. On s'adapte, on s'arrange. Mais je suis en colère aujourd'hui. Les accusés se posent en victimes, on a complètement inversé les choses.""Les victimes, ce sont ceux qu'on a tué et leurs familles bousillées."
Maryvone Raveneau, partie civile dans le procès en appel de
Nicolas Sarkozyà franceinfoPour elle, les accusés "sont victimes de leur appétit du pouvoir. Mais c'est leur problème, pas le mien".
Maryvone Raveneau fait partie du collectif "Les filles du DC-10". (YANNICK FALT / FRANCEINFO / RADIO
France) Dans cette affaire de financement par la dictature libyenne de la campagne présidentielle de
Nicolas Sarkozy en 2007, elle pointe notamment du doigt les rendez-vous de
Claude Guéant et
Brice Hortefeux avec
Abdallah Senoussi, l'organisateur de l'attentat du DC-10 condamné en son absence à la perpétuité par la justice française. "Je me suis demandé ce qu'auraient pensé les victimes du Bataclan, de tous ces attentats qu'il y a eu en
France si, dix ans après, ils apprenaient que leurs politiques, ministres ou conseillers avaient rencontré les gens de Daesh", cingle le septuagénaire.
Maryvone Raveneau est également en colère contre un passage du livre de
Nicolas Sarkozy, Le Journal d'un prisonnier. L'ancien chef de l'Etat dit avoir été affecté par la violence de certains propos des familles de victimes. "C'est totalement indécent, lâche-t-elle. C'est un drame qu'on a vécu, cela fait 36 ans qu'on cherche une vérité ! Je n'ai même plus les mots."Ce sont les mots de
Nicolas Sarkozy que la cour d'appel va désormais entendre. Un interrogatoire d'au moins trois jours, dont
Maryvone Raveneau n'attend "rien du tout". Elle explique : "La seule chose que ce procès m'aura permis et m'aura offert, c'est qu'on m'écoute, qu'on entende ce que j'ai à dire. C'est tout ce qui m'intéresse. Maintenant,
Nicolas Sarkozy ne m'intéresse plus".La semaine dernière à la barre,
Maryvone Raveneau s'est tournée vers
Nicolas Sarkozy assis juste derrière, confiant avoir voté pour lui en 2007. Avec des phrases chocs dans un silence de cathédrale : "Personne ne peut croire que vous ne saviez pas", a-t-elle déclaré en référence aux rencontres de
Brice Hortefeux et
Claude Guéant avec l'organisateur de l'attentat du DC-10. Car pour elle, "le devoir de mémoire a été sacrifié sur l'autel des ambitions personnelles". Avant le procès en appel de
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