Plus de 20% du carburant dédié aux avions transite par le détroit d'Ormuz qui reste bloqué. Si la situation reste en l'état, les programmes de vols pour cet été pourraient être très perturbés.Jour après jour, l'angoisse des compagnies aériennes grandit. Confrontées à la flambée du coût du kérosène (son prix a doublé), les compagnies aériennes commencent déjà à augmenter leurs prix et à annuler des vols. Mais désormais, c'est bien la disponibilité du précieux carburant qui inquiète, pas pour tout de suite mais pour les prochains mois et notamment cet été, période cruciale pour les opérateurs.Rappelons que plus de 20% du kérosène transite par le détroit d'Ormuz qui reste bloqué. Si l'Asie du Sud-Est a été la première région touchée, l'
Europe pourrait suivre assez rapidement. "Si la guerre continue, nous pensons qu'il existe un risque réel, même s'il est faible pour l'instant, que 10, 20 ou 25% de nos livraisons de kérosène soient menacées en mai-juin", prévient ainsi Michael O'Leary, le PDG de Rynair. Ce qui pourrait déboucher sur une annulation de "5 à 10 % des vols en mai, juin et juillet" si la guerre persiste.Interrogée par
BFMTV, la compagnie ajoute: "Nous n'attendons pas de pénurie de carburant à court terme (...) Pour le moment, nos fournisseurs nous garantissent des livraisons jusqu'à mi/fin mai. Si la guerre d'Iran se termine bientôt alors l'approvisionnement ne sera pas perturbé. Si la fermeture du détroit d'Ormuz se poursuit en mai et en juin alors nous ne pouvons pas écarter les risques concernant les approvisionnements en carburants dans certains aéroports européens".Priorité aux vols longs en ItalieEasyjet de son côté a déclaré que les fournisseurs de carburant ne donneraient aucune indication sur la disponibilité au-delà du mois prochain. Les fournisseurs ont assuré à la compagnie aérienne qu'ils disposaient de carburant pour les trois prochaines semaines, a-t-il précisé. "Mais personne ne nous dit vraiment "nous n'aurons aucun problème immédiat dans six semaines"", s'inquiète-t-il. "Nous mettons en place dès aujourd'hui des plans pour élaborer différents scénarios de gestion de la pénurie de carburant", indique
Ben Smith, directeur général d'
France-klm" class="entity-link entity-organization" data-entity-id="46617" data-entity-type="organization">Air
France-KLM.
Lufthansa fait de même.Déjà, des mesures de restriction sont appliquées en Italie, preuve que le risque est désormais palpable. Des mesures annoncées comme temporaires sont appliqués par
Air BP Italia dans les quatre grands aéroports du pays: Milan-Linate, Venise, Trévise et Bologne qui subiraient selon les médias italiens une "disponibilité réduite ou limitée".Concrètement, les vols médicaux, les vols d’État et les liaisons de plus de trois heures sont considérés comme prioritaires pour les ravitaillements. Pour les autres vols, des limites de 2.000 à 3.000 litres par avion sont appliquées. Ces mesures doivent durer jusqu'au 9 avril avant d'être à nouveau examinées selon la situation.Les aéroports français pourraient être les suivants dans les prochains mois. "Selon nos estimations, la
France présente le deuxième plus grand déficit entre l’offre et la demande après le Royaume-Uni", alerte George Shaw, analyste chez Kpler, interrogé par Politico. Il précise néanmoins que les approvisionnements par voie terrestre en provenance des Pays-Bas ou de la Belgique permettent de réduire l'exposition des aéroports français.Interrogé par BFM Business, ADP (Aéroports de Paris) n'a pas retourné nos demandes de commentaires. Pascal de Izaguirre, le président de la Fnam (Fédération nationale de l'aérien et de ses métiers) et PDG de Corsair a souligné à La Tribune que le risque d'une pénurie de kérosène "pourrait se tendre dans les prochaines semaines"."Si elle tente de le faire, le passager est en droit de le refuser": une compagnie aérienne ne peut pas augmenter le prix d'un billet d'avion déjà acheté à cause de la surcharge carburantDIRECT. Guerre en Iran: des frappes d'ampleur menées sur des infrastructures, Téhéran menace d'étendre sa riposte au-delà de la régionAu moins deux policiers blessés par des tirs devant le consulat d'Israël à Istanbul