Le 7 avril 2026 à 15h45
France nature environnement s’était constituée partie civile. Stringer / REUTERS Le tribunal correctionnel de
Marseille a prononcé des peines plus sévères que celles requises dans cette vaste affaire de trafic de pesticides entre la
France et l’Espagne. Les prévenus ont par ailleurs été condamnés à de lourdes amendes. Passer la publicité Passer la publicité Un intermédiaire et un important maraîcher, fournisseur de grandes marques de distribution, ont tous deux été condamnés mardi par le tribunal correctionnel de
Marseille à deux ans d'emprisonnement, assorti pour moitié d'un sursis simple, pour un trafic de pesticides importés d'Espagne. Ces peines de prison, plus sévères que les réquisitions, sont assorties d'amendes, d'interdiction d'exercer des activités agricoles voire de percevoir des aides publiques européennes. Ils étaient poursuivis pour un trafic de produits phytosanitaires, entre 2018 et 2024, en provenance notamment d’Espagne, ne bénéficiant pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM) et donc interdits en
France. Passer la publicité 100.000 euros d’amende Alain H., 78 ans, «apporteur d'affaires» qui fournissait des agriculteurs des
Bouches-du-Rhône et de la
Drôme et «sans qui tout ça n'aurait pas été réalisé», selon le procureur, a écopé de deux ans de prison assorti pour moitié d'un sursis simple, de 100.000 euros d'amende, dont 50.000 euros assortis du sursis, et de 5 ans d'interdiction d'exercer toute activité en lien avec le milieu agricole. Son principal client, Didier C., 58 ans, très important maraîcher dont la société exploite quelque 2000 hectares dans les
Bouches-du-Rhône, notamment pour produire des salades pour les marques
Bonduelle ou
Florette et les plateformes de distribution de
Lidl,
Leclerc, Intermarché ou Super U, est également condamné à deux ans de prison dont un an avec sursis et 150.000 euros d'amende dont, 50.000 euros assortis du sursis. Trois exploitants condamnés Sa société, la
SCEA Reveny, a écopé de 400.000 euros d'amende dont 200.000 euros assortis du sursis, et d'une interdiction de percevoir des aides publiques liées à la Politique Agricole Commune (PAC) pendant un an. Poursuivis à leurs côtés, trois exploitants des
Bouches-du-Rhône ont été condamnés chacun à un an d'emprisonnement intégralement assorti du sursis et des amendes allant de 30.000 à 80.000 euros assorties de sursis partiels. Leurs deux sociétés ont été condamnées à des amendes allant de 50.000 à 200.000 euros assorties de sursis partiels et à une interdiction de percevoir des aides de la PAC pendant un an. Un autre exploitant de la
Drôme qui fournissait l'enseigne Grand Frais a écopé de 6 mois d'emprisonnement avec sursis et de 50.000 euros d'amende, dont 15.000 euros assortis du sursis. Sa société a, elle, été condamnée à 35.000 euros d'amende dont 15.000 euros avec sursis. Enfin un autre exploitant de la
Drôme a lui écopé de 10.000 euros d'amende dont 5000 euros avec sursis. Sa société est condamnée à 20.000 euros dont 10.000 euros avec sursis. Passer la publicité «En condamnant ces pratiques, le tribunal envoie un signal fort pour la protection des consommateurs et de la biodiversité», s'est félicitée Judith Sébert, juriste chez
France Nature Environnement Provence-Alpes-Côte-d'Azur, partie civile dans ce dossier.
Marseille : prison ferme contre un fournisseur et un important maraîcher accusés de trafic de pesticides S'ABONNER Face à l’Assemblée nationale, les opposants à la loi Duplomb dénoncent « un acharnement » REPORTAGE - Les militants de la Confédération paysanne et de nombreuses ONG ont manifesté près du Palais Bourbon pour dénoncer les dangers de l’acétamipride, réintroduit dans la nouvelle version de ce texte législatif. Les oiseaux sont plus nombreux dans les champs pauvres en pesticides Les espèces non spécialistes des milieux agricoles, comme la bergeronnette printanière ou la mésange bleue, sont aussi affectées par la pollution chimique. Les mesures antienvironnementales de Donald Trump suscitent une levée de boucliers au sein de son propre camp DÉCRYPTAGE - Les partisans du courant antipesticides et antimalbouffe « Make America Healthy Again » ont demandé la démission de Lee Zeldin, nommé à la tête de l’Agence de protection de l’environnement. Agriculture : pourquoi il y a moins de fermes bio en
France DÉCRYPTAGE - Pour la première fois depuis dix ans, le nombre d’installations de paysans en agriculture biologique est inférieur au nombre de départs. Un signal négatif alors que les ventes repartent à la hausse au premier semestre 2025. Les riverains des vignobles sont-ils plus exposés aux pesticides que les autres ? DÉCRYPTAGE - Pour apporter une réponse rationnelle et scientifique, Santé publique
France (SPF) et l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) ont lancé une étude inédite sur le sujet, dont les résultats seront publiés ce lundi. Acétamipride : quelle législation en Europe pour ce pesticide interdit en
France ? Le Conseil constitutionnel a censuré cette semaine la réintroduction de ce puissant insecticide, réclamée notamment par les producteurs de betteraves sucrières et de noisettes, qui crient à la concurrence déloyale avec les autres pays européens. Loi Duplomb : le Conseil constitutionnel censure la réintroduction de l’acétamipride, pesticide controversé Les Sages ont considéré que les dérogations autorisant l’utilisation du produit de la famille des néonicotinoïdes n’étaient pas assez encadrées. Emmanuel Macron «a pris bonne note de la décision du Conseil constitutionnel» et «promulguera la loi», a indiqué l’Élysée. Des contre-pétitions tentent d’émerger pour défendre la loi Duplomb et le monde agricole Agriculteurs, banquier ou Français lambda... de nombreux citoyens ont lancé des pétitions en réaction à celle qui cumule aujourd’hui plus de 1,6 million de signatures. «Je ne suis pas indispensable à ce débat» : qui est Éléonore Pattery, l’étudiante à l’origine de la pétition contre la loi Duplomb ? La jeune Française de 23 ans ne souhaite pas répondre aux sollicitations médiatiques, estimant que «les voix qui s’élèvent partout dans le pays» contre la réintroduction sous condition d’un pesticide la représentent «déjà très bien». Le label Agriculture biologique fête ses 40 ans sur fond de polémiques DÉCRYPTAGE - Le gouvernement a coupé de 15 millions d’euros les crédits dédiés à l’Agence Bio, chargée de promouvoir ce moyen alternatif de production sans pesticides.