Un "prêt flash carburant" pour aider les petites entreprises, c'est ce qu'a annoncé le ministère de l'Economie ce vendredi 3 avril. Mais en quoi consiste-t-il exactement ?Des sommes de 5.000 à 50.000 euros pourront être prêtées au taux de 3,80%, sans garanties, aux TPE (très petites entreprises) et PME (petites et moyennes entreprises) des secteurs éligibles : transports, agriculture, pêche, dont les dépenses de carburant représentent "au minimum 5% du chiffre d'affaires", a précisé
Bercy.Les prêts seront "distribués via un canal 100% numérique par
Bpifrance", la banque publique d'investissement, avec une "mise à disposition des fonds sous sept jours", a indiqué le ministère dans un communiqué.Eviter les effets d'aubaineLes entreprises devront cependant répondre à un certain nombre de critères pour éviter les effets d'aubaine : avoir été créées il y a plus d'un an, et accepter de donner accès à
Bpifrance à leurs derniers mois de relevés de compte bancaire.La durée de ces prêts sera de 36 mois, "incluant un différé d'amortissement du capital de 12 mois", selon le communiqué. Ils seront disponible dans l'Hexagone ainsi que dans les départements et régions d'Outre-mer, c'est-à-dire
La Réunion,
Mayotte, la
Guyane où les transporteurs sont sous pression, la
Martinique, et la
Guadeloupe où les agriculteurs souffrent de la gausse du prix des carburants.Ces mesures pour compenser la hausse des prix des carburants due à la guerre au Moyen-Orient avaient été promises la semaine dernière par le Premier ministre
Sébastien Lecornu."On se réjouit de cette annonce", a déclaré samedi à l'AFP la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), précisant avoir "poussé" ce sujet auprès du gouvernement. "On continue par ailleurs à soutenir la perspective de prêts bonifiés (avec des taux encore plus bas que ceux du "prêt flash", NDLR) si la crise devait perdurer", précise la CPME."Un noeud coulant"Interrogé samedi sur RMC, le secrétaire général du
Syndicat des Indépendants et des TPE,
Marc Sanchez, a de son côté fustigé une mesure qui risque "d'entraîner une dette supplémentaire pour les très petites entreprises".Ces dernières "n'ont ni la marge, ni la visibilité aujourd'hui pour absorber un choc énergétique par une mesure qui visera à les endetter" sans savoir ce "que deviendra le prix du baril, de l'électricité" ou du gaz, a-t-il estimé. Cela "ne répondra pas à court ou moyen terme" à nos "problématiques", a ajouté
Marc Sanchez, suggérant plutôt de "baisser rapidement" les taxes sur les carburants.Même constat pour Rachid Boudjema, le président de l'Union nationale des Taxis : "le prêt n'est pas une solution" mais un "noeud coulant" puisque "par nature il va falloir le rembourser", a-t-il réagi sur Franceinfo."C'est reculer pour mieux sauter, c'est étrangler, demain, les entreprises d'aujourd'hui", a résumé Rachid Boudjema, qui milite plutôt pour une baisse de la TVA couplée à une revalorisation des tarifs des taxis. Contacté par l'AFP, le comité national des pêches n'a pas commenté.Marges des raffineriesPar ailleurs, vendredi dans l'émission C à vous sur France 5, le ministre de l'Economie Roland Lescure a déclaré qu'il avait écrit à la Commission européenne pour lui demander d'enquêter sur les marges des raffineries en Europe et de s'assurer qu'il n'y avait "pas d'abus"."On avait des questions sur les marges de distributeurs, on les a contrôlées et on a effectivement vérifié qu'il n'y avait pas d'abus", a-t-il rappelé.Plus de 630 stations-service ont été contrôlées, dans le cadre du plan mis en place par le gouvernement face à la hausse des prix à la pompe due à la guerre au Moyen-Orient, et 5% ont été sanctionnées, avait annoncé le 12 mars la Répression des fraudes.Ne pas "pointer du doigt tel ou tel"Le ministre réagissait à des propos du patron du Groupement Mousquetaires/Intermarché Thierry Cotillard, qui avait appelé jeudi sur RTL le gouvernement à "convoquer" les raffineurs, notamment TotalEnergies, affirmant que la multinationale avait fait "il y a quelques semaines" un achat "à bon prix" de "70 cargaisons" de pétrole.Thierry Cotillard faisait référence à des informations du Financial Times. Le journal avait affirmé lundi que le géant pétrolier français avait acheté en mars au Moyen-Orient la quasi-totalité des cargaisons de pétrole exportables sans passer par le détroit d'Ormuz. Cette activité de négoce - différente de son activité de raffinage - lui aurait rapporté plus d'un milliard de dollars, selon le quotidien économique britannique.TotalEnergies, contacté par l'AFP, n'a ni démenti ni confirmé ce montant.M. Lescure a dit avoir "échangé" avec les raffineurs, "y compris avec le PDG de Total". Mais "si on souhaite parler des raffineries, il faut le faire au niveau européen", a-t-il insisté, appelant cependant à ne pas "pointer du doigt tel ou tel". Par Rédaction Outre-mer La 1ère , AFP Mots clés de l'article Carburants Entreprises Économie Sur le même sujet Direct
Bercy annonce un "prêt flash carburant" pour soutenir rapidement la trésorerie des petites entreprisesFace à la flambée des prix des produits pétroliers, dans le contexte de guerre au Moyen-Orient, le ministère de l’Economie crée un "prêt flash carburant", au profit des petites entreprises de l’Hexagone et d’Outre-mer. Mais qui dit prêt, dit remboursement ultérieur ; d’où le fait que le président de l’Union nationale des taxis en parle comme d’une mauvaise idée génératrice de difficultés ultérieure. Pour d’autres, cette aide, c’est mieux que rien. Derniers articles Direct Mission Smile : report du tir Vega CCe 7 avril, le Centre spatial guyanais a confirmé le report du tir de Vega C, initialement annoncé dans la nuit du mercredi 8 mars au jeudi 9 mars. Direct Augmentation du nombre de cas de chikungunya en GuyaneLes cas de chikungunya sont en légère hausse en
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