Mardi, l'ex-Président de la République a néanmoins reconnu que ses deux plus proches collaborateurs avaient commis des "erreurs" en laissant
Ziad Takieddine les approcher. Publié le 08/04/2026 06:01 Mis à jour le 08/04/2026 07:01
Nicolas Sarkozy au premier jour de son interrogatoire devant la cour d'appel de
Paris, le 7 avril 2026. (ELISABETH DE POURQUERY / FRANCEINFO) "Ce n'est pas possible de laisser ces témoignages sans réponse." En introduction de son interrogatoire devant la cour d'appel de
Paris, mardi 7 avril,
Nicolas Sarkozy a tenu à s'adresser aux proches des personnes tuées dans l'attentat du DC-10, qui a explosé en vol en septembre 1989. L'ancien président de la République, à nouveau jugé depuis le 16 mars dans l'affaire des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle victorieuse en 2007, se met à leur place : "J'aurais eu la même colère, le même chagrin."Leurs propos, prononcés à l'audience le 1er avril, étaient parfois empreints de colère. Car l'"association de malfaiteurs", pour laquelle
Nicolas Sarkozy a été condamné, repose notamment sur la "contrepartie du suivi du dossier pénal" du terroriste libyen
Abdallah Senoussi, considéré comme le "cerveau" de l'attentat du DC-10 d'UTA. "Les victimes ont tous les droits, elles ont souffert", reconnaît d'abord
Nicolas Sarkozy. Mais "on ne répond à une souffrance aussi indicible que par la vérité.""La vérité, c'est qu'il n'y a pas eu un seul centime d'argent libyen dans ma campagne. La vérité, c'est que je n'ai pas agi en faveur de monsieur Senoussi."Nicolas Sarkozydevant la cour d'appel de ParisLe dictateur libyen
Mouammar Kadhafi "n'avait aucune prise sur moi, ni sur le plan financier, ni sur le plan politique, ni sur le plan personnel", insiste l'ancien chef d'Etat.Pour le président de la cour,
Olivier Géron, un retour sur les vues présidentielles de
Nicolas Sarkozy en 2007 s'impose : "Quand êtes-vous passé d'une simple ambition à une envie concrète ?" Le printemps 2006, marqué par la fin des ambitions élyséennes de
Dominique de Villepin, Premier ministre de l'époque et principal challenger du candidat Sarkozy, est "décisif", expose l'intéressé.Se replonger dans le contexte politique de l'époque n'est pas anodin : les réponses de l'ancien ministre de l'Intérieur doivent permettre à la cour de savoir s'il était assuré du soutien de son parti fin 2005. Car à l'issue du premier procès, le tribunal a considéré qu'à cette période, "
Nicolas Sarkozy n'était pas encore certain d'être investi par son parti et d'obtenir son financement". Il aurait ainsi laissé ses plus proches collaborateurs, Brice Hortefeux et Claude Guéant, absent à ce nouveau procès pour raisons de santé, rencontrer le haut dignitaire libyen
Abdallah Senoussi dans l'objectif "d'obtenir des fonds".Ce que
Nicolas Sarkozy conteste. Il assure qu'il était le "candidat naturel" de l'UMP pour 2007, "aux yeux de la majorité des observateurs". Vêtu, comme souvent depuis l'ouverture du procès, d'un costume cravate sombre sur une chemise blanche, le prévenu se tient droit à la barre, légèrement appuyé sur le pupitre, où sont posées quelques feuilles. Il tient un stylo argenté dans les mains, qu'il triture parfois. Plus calme qu'en première instance, il conserve la posture solennelle et sobre adoptée depuis le début de son procès en appel.Son ton se fait plus lyrique lorsqu'il est invité à parler de la fonction suprême. "Un président de la République n'est pas qu'un homme politique : qu'on l'aime ou qu'on le déteste, il fait partie de la famille des Français. Il faut vraiment habiter ce rêve." Le président de la cour le reprend et le questionne alors sur son rapport de candidat avec l'électeur.Le tribunal avait estimé, dans les motivations de sa décision, que les faits reprochés à
Nicolas Sarkozy étaient "d'une gravité exceptionnelle, de nature à altérer la confiance des citoyens dans ceux qui les représentent". "J'ai toujours cherché à partager des émotions et des sentiments" lors d'une campagne électorale, répond l'ancien président de la République, qui file ensuite une métaphore autour de la musique : "Les couplets, c'est le programme. Le refrain, la mélodie, c'est l'émotion."Dans la salle, son épouse Carla Bruni-Sarkozy l'écoute avec attention. Elle est assise au premier rang, entre les deux conseillers de l'ex-chef de l'Etat, présents à chaque journée d'audience : Guillaume Didier, ancien magistrat reconverti dans la communication judiciaire, et Véronique Waché, sa directrice de communication historique, qui lui apporte une boîte de gâteaux à chaque suspension. Lorsque la voix du prévenu faiblit et qu'une première suspension s'impose, ils le réconfortent.Tout au long de cette première journée d'interrogatoire,
Nicolas Sarkozy se contient. Mais le calme qu'il s'évertue à conserver est mis à rude épreuve face à la détermination dont le président de la cour d'appel fait preuve lorsqu'il s'attaque au cœur du dossier. D'un ton posé, le magistrat l'interroge sur les voyages en Libye de Claude Guéant et de Brice Hortefeux. Le premier s'y est rendu le 1er octobre 2005, cinq jours avant le déplacement à Tripoli (Libye) de
Nicolas Sarkozy, dont il était alors le directeur de cabinet à l'Intérieur. Le second a effectué une visite fin décembre 2005, lorsqu'il était ministre délégué aux Collectivités territoriales, rattaché à l'Intérieur.Tous les deux ont toujours affirmé que l'intermédiaire franco-libanais
Ziad Takieddine, l'un des rouages de ce dossier, mort en septembre 2025, les avait "piégés" en leur faisant rencontrer
Abdallah Senoussi. "Claude Guéant a dit qu'il s'était greffé à cette soirée, ça n'a jamais été préparé avant. Je n'ai pas de raison de mettre en doute sa parole", assure à la barre
Nicolas Sarkozy. Néanmoins, selon lui, Claude Guéant a commis "une erreur". "Laisser intervenir
Ziad Takieddine dans son voyage alors qu'il me connaît : l'erreur est là, la ligne est franchie."Pour Brice Hortefeux aussi, "c'est une erreur de sa part de se laisser mener par
Ziad Takieddine", selon
Nicolas Sarkozy. "Et donc Claude Guéant et Brice Hortefeux ont été victimes d'un guet-apens ou d'une entourloupe organisée par
Ziad Takieddine ?", interroge le président de la cour."Avant d'être victimes, ils ont été coupables d'imprudence. Enfin, victimes d'abord, imprudents ensuite."Nicolas Sarkozydevant la cour d'appel de ParisNicolas Sarkozy répète ses arguments de défense. "
Ziad Takieddine n'avait aucune relation avec moi directement, donc [il] a mis en relation Claude Guéant et Brice Hortefeux avec monsieur Senoussi, pour [lui] montrer qu'il avait du pouvoir", analyse l'ancien Président de la République, qui se dit "honnête".Pourtant, selon le tribunal qui l'a condamné, ces rencontres ont été organisées dans "l'objectif de préparer une corruption". Des accusations que
Nicolas Sarkozy rejette en bloc. "Je n'ai pas demandé à voir monsieur Kadhafi, c'est lui qui m'a demandé à me voir", s'agace
Nicolas Sarkozy au sujet de sa rencontre, alors qu'il était ministre de l'Intérieur, avec le dictateur libyen, le 6 octobre 2005 sous une tente à Tripoli. Une visite dont le but est de discuter de la maîtrise des flux migratoires entre la Libye et la
France, mais qui était pointée lors du premier procès comme le moment où un pacte de corruption a été scellé."Il n'y a pas eu le moindre pacte entre eux et moi. Je le dirai jusqu'à mon dernier souffle, car c'est la vérité", siffle
Nicolas Sarkozy. Cette première journée n'a toutefois pas convaincu certaines parties civiles. "Voir et entendre
Nicolas Sarkozy [m'inspire] deux mots : déni et mensonge", s'est indignée Maryvonne Raveneau, veuve du pilote du DC-10, face aux caméras de
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