Au premier trimestre 2026, l’Union européenne a importé 5,21 millions de tonnes de gaz naturel liquéfié de Yamal, selon les données de Kpler collectées par BFM Business. En février, les Européens ont même acheté l’intégralité de la production de ce grand parc situé dans le nord de la Sibérie.Des sites de production endommagés au
Qatar, 19 navires transportant du GNL toujours bloqués dans le Golfe Persique… Le conflit débuté fin février entre les Etats-Unis, Israël et l’Iran perturbe l’approvisionnement en gaz de l’Union européenne. Alors les Européens cherchent des alternatives, notamment du côté de la Russie. Et selon les informations que BFM Business a pu se procurer auprès de Kpler, les importations européennes de GNL de Yamal ont augmenté de 18,4% sur un an au premier trimestre 2026. 5,21 millions de tonnes ont été livrées à l’Union européenne entre janvier et mars, contre 4,4 millions de tonnes l’année dernière sur la même période.Exportations de GNL de Yamal vers l'Union européenne. © BFM BusinessPour rappel, l’usine de
Yamal LNG, située dans le nord de la Sibérie, fournit la quasi-totalité du GNL que les Européens achètent en Russie. Son principal actionnaire est la société russe privée
Novatek mais le français
TotalEnergies détient aussi près de 20% des parts du projet, et 19,4 % de
Novatek.Le GNL venant de Russie totalement interdit à partir du 1er janvier 2027Si les importations européennes de GNL de Russie ont augmenté, le calendrier établi par Bruxelles y est évidemment pour quelque chose: les Etats membres achètent du GNL russe tant que cela est possible. En effet, contrairement au gaz acheté à Gazprom, le reste du GNL provenant de Russie est encore autorisé en Europe: ces importations devront s'arrêter au plus tard le 1er janvier 2027. Les acteurs commerciaux européens doivent aussi honorer les contrats existants avant leur expiration.Par ailleurs, la panique créée par les tensions énergétiques récentes a accéléré ces commandes. “Le conflit au Moyen-Orient questionne l’approvisionnement en gaz, donc les Européens font appel à la Russie”, abonde ainsi
Jacques Percebois, professeur émérite à l’université de Montpellier.L’Europe a acheté l’intégralité du GNL de Yamal en févrierRésultat: d’après les informations transmises par le GIIGNL (Groupe des Importateurs de GNL) à BFM Business, tout indique qu’à part quelques cargos partis vers la Chine, l’ensemble des volumes chargés à Yamal au premier trimestre 2026 sont allés vers l’Europe. C'était moins des deux tiers en 2023.Début mars déjà, CNBC relevait que 100% du GNL de Yamal a été acheté par les Européens en février, “montrant qu'une interdiction totale du GNL russe pourrait s'avérer difficile à mettre en œuvre pour l'Union”.Pour la Norvège, la situation au Moyen-Orient pourrait relancer les débatsJustement, cette situation pourrait-elle conduire la Commission européenne à repousser l’interdiction d’importation de GNL russe ? Pour Nicolas Goldberg, expert de l’énergie chez Colombus Consulting, ces chiffres montrent avant tout une “réaction au choc (du conflit, ndlr) et une nécessité de remplir les stockages le plus vite possible”. Reste que cette situation pourrait bel et bien donner du grain à moudre aux pays qui poussent de longue date pour repousser l'interdiction des hydrocarbures russes, comme la Slovaquie et la Hongrie.Mais un autre pays s’est aussi interrogé récemment: la Norvège. Le 3 mars, le ministre de l'Énergie du pays scandinave, Terje Ausland, déclarait que la situation au Moyen-Orient pourrait “relancer le débat” dans l’Union européenne sur l’interdiction du gaz russe. Contacté par BFM Business,
TotalEnergies n’a pas répondu à nos sollicitations.