L'élue de
La France Insoumise a déposé plainte pour "violation du secret de l'enquête". Le ministre de la Justice
Gérald Darmanin a saisi l'
Inspection générale de la justice et le
Parquet de Paris a ouvert une enquête. Publié le 08/04/2026 19:11 Mis à jour le 09/04/2026 15:12 L'eurodéputée
Rima Hassan et son avocat
Vincent Brengarth, lors d'une conférence de presse, le 3 avril 2026. (BLANCA CRUZ / AFP) Des fuites qui interrogent. De nombreuses informations issues de la garde à vue pour apologie du terrorisme de
Rima Hassan, survenue jeudi 2 avril, ont massivement circulé dans la presse ces derniers jours. Celles-ci concernent des éléments qui en principe relèvent du secret de l'enquête. De quoi pousser l'eurodéputée de
La France Insoumise a déposé plainte pour violation du secret de l'enquête, a annoncé son avocat
Vincent Brengarth mercredi 8 avril.La plainte s'appuie notamment sur un article du Canard enchaîné publié mercredi, qui affirme qu'un porte-parole du ministère de la Justice,
Sacha Straub-Kahn, aurait échangé avec plusieurs journalistes pendant l'audition de
Rima Hassan et discuté du contenu de sa garde à vue. Des accusations contestées par l'intéressé, qui évoque des "allégations mensongères" et annonce avoir déposé plainte pour diffamation, ainsi que pour des "injures antisémites inacceptables". "Mon rôle est de porter la voix du ministère de la Justice et faire preuve de pédagogie (...) pour faire comprendre notre action (...) aux journalistes qui le souhaitent. Ces échanges sont réguliers, concernent des sujets très variés et n'abordent jamais le fond des dossiers", a-t-il affirmé.Face à la polémique, le ministre de la Justice
Gérald Darmanin a annoncé mercredi à l'
Assemblée Nationale avoir saisi l'
Inspection générale de la justice. "J'ai fait mon travail depuis ce matin. L'Inspection de la justice est saisie", a-t-il déclaré le garde des Sceaux, mercredi, à l'
Assemblée Nationale, en réponse à une question du député insoumis
Thomas Portes. "C'est une nouvelle victoire", a réagi
Manuel Bompard, le coordinateur national du mouvement, sur X.Le
Parquet de Paris avait quant à lui déjà ouvert une enquête, dès vendredi, pour violation du secret de l'enquête. Il expliquait avoir agi "au regard de la temporalité et du degré de précisions des informations qui ont été publiées dans les médias au cours même de la garde à vue, et avant toute communication légale". Le parquet rappelait également que "ce délit fait encourir la peine de trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros d'amende".Une décision saluée par l'avocat de
Rima Hassan lors d'une conférence de presse vendredi, où il dénonçait des "violations répétées" et disait avoir découvert certains éléments de l'audition "par la presse". Il accusait également les autorités d'avoir "planifié" ces fuites pour nuire à "l'image et la réputation" de l'élue franco-palestinienne. "Je regrette qu'il y ait eu des fuites (...) avant que le parquet ne s'exprime. Il n'y a que le parquet qui peut s'exprimer sur ces sujets", avait réagi le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, au micro de BFMTV.Comme le rappelle l'avocate pénaliste Marie Dosé, contactée par franceinfo, le secret de l'enquête "sert à préserver la sérénité des investigations en cours, à respecter la présomption d'innocence, à éviter toute interférence qui risquerait de nuire à la manifestation de la vérité notamment". Pour qu'une fuite soit considérée comme illégale, elle doit provenir d'une personne tenue à ce secret, comme un policier, un magistrat ou un avocat. Le journaliste, lui, "n'est pas tenu au secret mais peut être poursuivi pour recel de violation du secret". Dans les faits, ces fuites restent fréquentes. Selon l'avocate, elles peuvent fragiliser les procédures, notamment en influençant des témoignages ou en compromettant certaines preuves.Dans le cas de
Rima Hassan, la presse avait évoqué, de source proche du dossier, la découverte de "quelques grammes" d'une drogue de synthèse dans le sac de l'eurodéputée insoumise lors de son placement en garde à vue jeudi 2 avril. Cette information n'a pas été corroborée par le parquet à l'issue de la garde à vue, précisant qu'il fallait attendre les résultats "d'analyses complémentaires" du produit pour se prononcer.
Rima Hassan avait de son côté "indiqué spontanément avoir acheté légalement du CBD dans un magasin qu'elle a désigné et ignorer qu'un produit d'une autre nature pouvait lui avoir été fourni à cette occasion", selon le ministère public.Jeudi 9 avril, le
Parquet de Paris a finalement annoncé le classement sans suite de la procédure concernant les stupéfiants, "au motif que les investigations n'ont fait apparaître aucune infraction suffisamment caractérisée". Les analyses toxicologiques effectuées sur les produits "s'apparentant à de la 3MMC [une drogue de synthèse]" retrouvés dans le sac de l'eurodéputée montrent "une teneur de 82,1% de CBD". "Ce produit n'est donc pas qualifié de stupéfiant", a déclaré le parquet. Quant au scellé contenant "de la matière décrite de façon constante comme du CBD", il présente "une teneur de 24,9% en CBD et de 1,04% en Delta 9 THC". Il ne ressort pas de cette procédure "la caractérisation suffisante d'un élément intentionnel qui aurait été nécessaire à qualifier une infraction".
Vincent Brengarth, l'avocat de
Rima Hassan, a commenté sur X ce classement sans suite : "Cette décision vient mettre un terme définitif à la diffusion, depuis plusieurs jours, de fausses informations portant gravement atteinte à la réputation de Madame
Rima Hassan", écrit-il.
La France Insoumise a aussi réagi par communiqué, déplorant "le caractère totalement infondé des lourdes accusations qui ont été largement diffusées, à partir de fuites illégales et mensongères, sur la quasi-totalité des médias français".
Rima Hassan doit être jugée le 7 juillet pour apologie du terrorisme dans la procédure concernée par la garde à vue de jeudi et le 16 septembre dans deux autres affaires pour lesquelles elle a été entendue vendredi. Combien de temps faut-il rester sur les toilettes ? Guerre au Moyen-Orient : échec des négociations entre l'Iran et les Etats-Unis Concerts de Céline Dion : pourquoi ces tarifs exorbitants ? Guerre au Moyen-Orient : échec des négociations entre l'Iran et les Etats-Unis Guerre au Moyen-Orient : l'impact sur le tourisme au Vietnam Prudence, les chenilles processionnaires sont de retour ! UBB-Toulouse, les impressionnants chiffres d'un choc de titans en quarts de Champions Cup Pourquoi Tadej Pogacar peut remporter Paris-Roubaix Zaho : "Enfant, je ne voulais pas devenir une adulte aigrie" Grêle à Marrakech : la ville rouge recouverte de blanc Etats-Unis-Iran : bras de fer dans le détroit d'Ormuz "Rends-toi" : le beau-frère de Xavier Dupont de Ligonnès sort du silence,15 ans après le drame Fabriquer du hasard, une quête depuis 12 000 ans ! Mission Artemis II : retour sur Terre réussi pour les 4 astronautes Le plan d'électrification de la France proposé par le gouvernement Nike reconnaît un défaut sur ses maillots de la Coupe du monde 2026 Secte démantelée : le gourou agissait depuis 30 ans Les secrets de la garde-robe de la Reine Elizabeth II Pétroliers : faut-il davantage taxer leurs profits ? Pouvoir d'achat : nos yaourts vont-ils coûter plus cher ? L'ingérence américaine dans les élections en Hongrie