Principal syndicat patronal de l'hôtellerie-restauration, l'
Umih appelle les parlementaires à s'opposer à la future proposition de loi sur la réforme des titres-restaurant.Alors que le gouvernement avance sur la réforme des titres-restaurant, l'
Umih appelle les parlementaires à s'opposer à la future proposition de loi. "Ce texte n’est pas une simple mesure technique", mais "un choix politique lourd de conséquences", a affirmé le principal syndicat patronal de l'hôtellerie-restauration dans une lettre ouverte aux parlementaires, cosignée par le président confédéral de l'
Umih,
Thierry Marx, et par le président national de l'
Umih Restauration,
Franck Chaumès, qui y voient "une faute".Le ministre des PME et du Commerce,
Serge Papin, avait annoncé samedi que la réforme des titres-restaurants ferait l'objet d'une proposition de loi "d'ici l'été" qui pourrait être adoptée "avant la fin de l'année". Cette réforme, en gestation depuis plusieurs années, a été retardée par les multiples changements de gouvernement.Le parti-pris : Utiliser ses tickets-restaurants le dimanche, bientôt possible ? - 06/046:52Invoquant une "mesure de pouvoir d'achat" et de "liberté",
Serge Papin avait confirmé que la possibilité d'utiliser les titres-restaurant pour payer ses courses alimentaires en supermarché, qui court jusqu'à fin 2026, sera pérennisée. "Quelques aménagements" au dispositif actuel seront proposés, comme la possibilité pour "tous les salariés" de "l'utiliser le dimanche", avait-il ajouté, évoquant également la "dématérialisation complète" des titres ainsi que "la possibilité d'en faire don à une association agréée"."Un titre-caddie"
Serge Papin "prépare l’opinion" en "multipliant les interventions médiatiques pour présenter cette réforme comme une avancée en matière de pouvoir d’achat", or "derrière ces mots soigneusement choisis, la réalité est toute autre", déplore l'
Umih. Cette réforme va "transformer en profondeur, et en silence, la nature même du titre-restaurant" et "le faire basculer vers un titre-caddie qui profite à la grande distribution"."En rompant ce lien direct avec le repas [...], vous en changeriez radicalement la nature" et "rien ne garantira que ce dispositif conserve demain sa spécificité, ni même son existence", avance le syndicat patronal dans sa lettre ouverte.Cette réforme "organise un transfert massif de richesse" en faveur de la grande distribution, regrette l'
Umih. "Pour de nombreux établissements, les titres-restaurant représentent entre 10% et 20% du chiffre d’affaires", voire "jusqu'à 40% dans certaines zones d'activité", selon le syndicat, qui évoque "des milliers d'entreprises" mises "directement en danger". La proposition faite par l'
Umih d'introduire un double plafond d'utilisation des titres-restaurant, qui garantirait "une part dédiée à la restauration", a été "ignorée" par
Serge Papin qui a "fait le choix de passer en force", déplore-t-il."En votant ce texte [...] vous choisirez un camp", affirme l'organisation patronale à l'adresse des parlementaires. Ces mesures sont "irresponsables" dans un "contexte budgétaire critique", car elles reviennent "à subventionner les courses alimentaires d’une partie des Français", d'autant plus qu'une telle subvention est "profondément inéquitable", poursuit-elle, car les salariés en bénéficiant représentent "seulement 15% de la population active". "L'argent public est mobilisé pour financer les courses de certains, pendant que d’autres n’y ont pas accès", appuie l'
Umih.Utilisation le dimancheSelon l'
Umih, cette réforme va également "affaiblir" le secteur de la restauration. La généralisation de la possibilité d'utiliser les titres-restaurant le dimanche, intégrée dans le projet de loi, est "une mesure trompe-l’œil" car "les salariés qui travaillent le dimanche et dont l’employeur a activé la dérogation" peuvent déjà le faire et "un nombre croissant de surfaces commerciales" ouvrent ce jour-là, poursuit le syndicat.Par ailleurs, "cette réforme soulève une question de crédibilité politique" car
Serge Papin, ex-patron de Système U (aujourd'hui Coopérative U) est "issu de la grande distribution" et "défend une mesure qui bénéficie directement à ce secteur". "Le doute s’installe. Peut-être est-il infondé. Mais il est inévitable", assure l'
Umih.Nés à la fin des années 1960 en
France, les titres-restaurant sont utilisés aujourd'hui par plus de cinq millions de salariés pour régler des repas et des courses alimentaires chez quelque 244.000 commerçants.