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WED · 2026-04-08 · 16:29 GMTBRIEF NSR-2026-0408-59373
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"Mon personnage est un homme très simple, tout ce qu'il réclame, c'est la dignité" : Isaach de Bankolé retrouve la réalisatrice Claire Denis dans "Le Cri des gardes"

Dans "Le Cri des gardes", Claire Denis adapte la pièce "Combat de nègre et de chiens" de Bernard-Marie Koltès, un projet que Koltès espérait voir réalisé avant sa mort en 1989. Le film marque une nouvelle collaboration entre Denis et Isaach de Bankolé, qui avait joué dans son premier film, "Chocolat".

Falila GbadamassiFrance InfoFiled 2026-04-08 · 16:29 GMTLean · CenterRead · 9 min
"Mon personnage est un homme très simple, tout ce qu'il réclame, c'est la dignité" : Isaach de Bankolé retrouve la réalisatrice Claire Denis dans "Le Cri des gardes"
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Dans "Le Cri des gardes", Claire Denis adapte la pièce "Combat de nègre et de chiens" de Bernard-Marie Koltès, un projet que Koltès espérait voir réalisé avant sa mort en 1989. Le film marque une nouvelle collaboration entre Denis et Isaach de Bankolé, qui avait joué dans son premier film, "Chocolat". Bankolé incarne Alboury, un homme qui réclame le corps de son frère assassiné afin que sa famille puisse faire son deuil selon la tradition. L'acteur décrit son personnage comme un homme simple qui ne demande que la dignité et le respect des coutumes. Bankolé avait présenté Denis et Koltès, faisant de ce film un projet personnel et un hommage à leur amitié commune.

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Isaach de Bankolé met Bernard-Marie Koltès in January 1986.

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Isaach de Bankolé introduced Claire Denis and Bernard-Marie Koltès.

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Bernard-Marie Koltès died in 1989.

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Isaach de Bankolé describes his character Alboury as someone who only demands dignity.

quoteIsaach de Bankolé
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Claire Denis adapted 'Combat de nègre et de chiens' into 'Le Cri des gardes'.

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Bernard-Marie Koltès, l'auteur de "Combat de nègre et de chiens" adapté par Claire Denis avec "Le Cri des gardes", et Isaach de Bankolé étaient des "frères". Rencontre parisienne avec l'acteur qui replonge dans ses souvenirs avec le dramaturge, mais aussi avec Claire Denis et l'Américain Jim Jarmusch. Publié le 08/04/2026 18:01 Mis à jour le 08/04/2026 18:29 Le comédien Isaach de Bankolé à Paris, le 30 mars 2026, durant la promotion de son dernier film, "Le Cri des gardes" de Claire Denis. (FG/Franceinfo) Le Cri des gardes est une aventure amicale et une entreprise du souvenir pour Claire Denis et Isaach de Bankolé, l'un des acteurs fétiches de la cinéaste. Elle lui avait confié le rôle de Protée, réminiscence cinématographique du "boy" de son enfance camerounaise, dans son premier film Chocolat. En adaptant, en anglais, la pièce Combat de nègre et de chiens du dramaturge français Bernard-Marie Koltès, disparu en 1989, la réalisatrice vient tenir comme une promesse faite à un ami qu'elle partageait avec Isaach de Bankolé. Ce dernier les avait réunis sur le tournage de Chocolat. Dans Le Cri des gardes, le comédien franco-ivoirien interprète Alboury, un homme qui vient réclamer le corps de son frère abattu sur un chantier afin de permettre aux siens de faire leur deuil.Franceinfo Culture : Comment décririez-vous le personnage d'Alboury dans Le Cri des gardes ? Pour moi, il est très simple. C'est un mec qui ne demande pas justice. La seule chose qu'il vient réclamer, c'est le corps de son frère qui a été assassiné. Il ne demande ni argent ni vengeance. La tradition veut que pour que l'on fasse le deuil de quelqu'un, il faut le corps. C'est tout ce qu'il réclame. C'est la dignité. C'est un personnage qui est proche de Protée [son personnage dans Chocolat, le premier film de Claire Denis].Ce sont des personnages universels. Alboury vient réclamer le corps de son frère pour que sa famille puisse faire son deuil. Sans le corps, il ne bougera pas de là. Point. Ce sont des personnages humbles mais dignes qui ne dérogeront pas à leurs principes quoi qu'il advienne, y compris la mort. Alboury demande quelque chose de très simple et tant qu'il ne l'aura pas, il ne bougera pas.Bernard-Marie Koltès pensait en 1989, peu avant de mourir, que Claire Denis tournait l'adaptation de sa pièce Combat de nègre et de chiens. Elle tient comme une promesse aujourd'hui avec ce film. Vous connaissez bien l'histoire puisque que c'est vous qui avez présenté vos deux amis l'un à l'autre... Isaach de Bankolé : Bernard, c'était mon frère depuis que nous nous étions rencontrés par hasard au Mikado, une boîte dans XVIIIe arrondissement de Paris, à la fête de fin de tournage de Black mic mac en janvier 1986. Quelques jours auparavant, j'avais reçu à mon grand étonnement un coup de fil de Patrice Chéreau. Je lui avais envoyé un dossier trois ans auparavant. À l’époque, jeune comédien qui sortait des cours Simon et qui avait fait un peu de figuration, j'avais envoyé des dossiers un peu partout dont au Théâtre des Amandiers qu'il dirigeait. Patrice Chéreau m'avait alors expliqué qu'il avait besoin d'un acteur noir et qu'il avait donc ressorti mon dossier. Il préparait Quai Ouest de Bernard-Marie Koltès. Il m'a demandé de venir pour une audition à Nanterre. Au Mikado, je croise Simon Njami qui avait co-créé Revue Noire. Simon me présente Bernard-Marie Koltès. Je lui explique alors : "Il y a deux, trois jours, un metteur en scène m'a appelé, Patrice Chéreau, et il prépare une pièce que vous avez écrite". Bernard m'a dit qu'il viendrait à mon audition et que l'on prendrait un café après. On ne s'est plus quittés après ce café et ce jusqu'à sa mort. Nous nous retrouvions presque tous les jours rue Lepic, au Lux Bar. Quand on discutait, Bernard disait qu'il aimerait que je joue Alboury au théâtre.Claire Denis souhaitait également que vous jouiez Alboury qui avait été interprété au théâtre par le comédien Sidiki Bakaba sous la direction de Patrice Chéreau... La pièce avait été jouée en 1983. Claire l'avait vue mais pas moi. Bernard voulait que je reprenne le rôle d'Alboury dans une autre mise en scène. C'est ainsi que l'idée d'adapter Combat de nègre et de chiens au cinéma est venue. Je l'avais invité au Cameroun sur le tournage de Chocolat. Je savais que Claire aimait l'écriture de Bernard. Il avait même lu le scénario de Chocolat que je lui avais transmis. Bernard est venu une semaine sur le tournage et c'est comme ça qu'il a rencontré Claire dont il a aimé le film. Est-ce que Bernard-Marie Koltès vous avait donné des informations sur le personnage ou des clés pour jouer Alboury ? Non, il voulait juste que je le fasse. Par contre, il m'a raconté comment est née l'idée de la pièce : il était au Nigeria, à l'époque de la guerre du Biafra. Mais il ne m'avait pas donné d'indication spécifique. Voilà le seul truc qu'il m'avait dit quand nous sommes devenus amis : "Tu seras dans toutes mes pièces". Avant de mourir, celle qu'il voulait écrire à l'époque, c'était sur Judas et il voulait que je l'interprète. "Je vais l'écrire cette pièce, avec Michel Piccoli", avait-il dit. Mais il n'a jamais eu le temps. Je vais d'ailleurs vous confier un secret ou presque : Bernard m'a offert le manuscrit de Roberto Zucco que je recherche aujourd'hui.Que s'est-il passé avec ce manuscrit ? Il est perdu ? Je le recherche parce que Bernard m'avait donné ce manuscrit dans une enveloppe avec une note qui disait : "Tu seras le gardien de ma mémoire". Je l'ai mis dans un coffre-fort à la Banque de la Cité qui, à l'époque, était destinée aux artistes. Elle était située 3, avenue Matignon. Elle était dirigée par Colette Gervais et la personne qui s'occupait des acteurs était Daniel Guéguen. Dans mon coffre, il n'y avait pas d'or, rien d'autre que le manuscrit de Roberto Zucco donné par Bernard-Marie Koltès. Entre-temps, je suis allé aux Etats-Unis et j'y ai constitué un dossier pour être résident permanent, une période pendant laquelle je ne pouvais pas sortir du pays. À Paris, la banque a fermé. Elle a été rachetée par BNP Paribas. Et surtout, elle a déménagé. Quelqu'un a donc ce manuscrit. J'espère remettre la main sur ce manuscrit. C'est l'occasion de lancer un appel.À quel moment avez-vous recommencé à reparler du "Cri des gardes" avec Claire Denis ? Il y a six, sept ans, voire un peu plus. Elle m'a dit : "Il faut que l'on fasse ce film que Bernard pensait que l'on tournait". J'ai fait Quai Ouest, Dans la solitude des champs de coton et Le retour au désert avec Patrice Chéreau. Pour Le retour au désert au Théâtre du Rond-Point, il y avait une reprise. Patrice m'avait demandé de rejouer la pièce et je lui ai dit non parce que je partais en vacances au Mexique avec Bernard. C'était en janvier 1989, l'année où il est décédé. Quand nous sommes revenus du Mexique, au bout de dix, quinze jours, Claire allait au Portugal pour écrire un scénario intitulé White Material parce que c'était un projet sur le trafic des défenses d'éléphant. Piccoli a suggéré à Claire d'emmener Bernard avec elle. Ils sont donc allés au Portugal. Claire travaillait et Bernard pensait qu'elle était en train de tourner l'adaptation de Combat de nègre et de chiens. Quand elle m'en a reparlé, elle m'avait dit qu'elle aimerait faire ce projet avec Michel Piccoli, un mélange film – théâtre. Mais Michel est parti. Elle a fait d'autres choses et moi aussi.Il y a eu la question des droits également…Sidiki [Bakaba] avait les droits de la pièce en français. C'était compliqué. Finalement, ça tombait bien de tourner ce film en anglais parce qu'avec Bernard, à l'époque, nous avions envie d'adapter en anglais Dans la solitude des champs de coton. Nous avions une traduction de la pièce. Je l'avais envoyée à Jim Jarmusch avec qui j'avais tourné Night on Earth (1991) parce que c'est sa langue. Il l'avait lue. En français, j'avais joué le dealer et en anglais, j'allais jouer le client. Le dealer devait être incarné par Forest Whitaker que j'allais retrouver plus tard dans Ghost Dog (1999). Mais la traduction ne nous a pas plu."Le Cri des gardes" est votre cinquième collaboration avec Claire Denis depuis Chocolat. Quel est votre rapport avec elle ? Qu'est-ce que vous aimez dans son cinéma ? Qu'est-ce qui vous touche chez elle ?Elle a un regard unique. Comme Bernard, ils écrivent des personnages qui se trouvent être noirs. Quand j'ai lu Chocolat, son premier film, je me suis dit qu'un tel scénario ne pouvait être que l'œuvre de quelqu'un qui connaît vraiment l'intérieur du monde noir, l'intérieur de l'homme noir, l'intérieur de la femme noire. J'ai été surpris que Claire soit une Blanche quand je l'ai rencontrée. J'avais lu d'autres choses qui parlaient du monde noir, du monde africain, mais c'était de façon très superficielle. Ce qui m'a frappé dans Chocolat, c'est le non-dit, tout ce qui figure entre les lignes, les silences.Et qu'est-ce qui vous interpelle chez Jim Jarmusch avec qui vous avez également beaucoup tourné mais plutôt en anglais ?C'est pareil avec Jim. Je l'avais rencontré bien avant de tourner Chocolat. Je l'ai rencontré par hasard à Cannes en 1984, quand il a présenté Stranger Than Paradise (1984). J'étais allé voir le film un après-midi. J'étais bouleversé après la projection et je me baladais sur la Croisette. Je tombe alors sur Frédéric Mitterrand qui me trouve sympa et m'invite à une fête sur les collines de Cannes. J'y vais et il y a Jim Jarmusch que j'essaie d'approcher parce que j'ai vu son film quelques heures plus tôt. J'y arrive et je lui donne mon petit CV, avec ma photo, puisque je n'avais rien fait. Il part aux Etats-Unis mais il ne me rappelle pas. Je lui envoie plus tard un dossier plus fourni mais je n'ai pas de nouvelles. Quatre ans après, en 1988, Claire monte Chocolat à Paris. Jim vient en vacances et va la voir. C'est le premier film de Claire qui a été premier assistant sur certains de ses films. Jim lui rend donc visite rue de l'Université pour voir son montage et c'est là qu'il me reconnaît à l'écran. Nous nous sommes ainsi retrouvés. Quelques années après, je vais à New York en vacances et j'appelle Jim. On se balade et il me dit qu'il est en train d'écrire un film et moi, je lui réponds que je suis en vacances et que je ne suis pas là pour un job. Au bout d'une semaine, il me dit : "Maintenant, je sais. Dans le film que je suis en train d'écrire sur les chauffeurs de taxi – je pensais l'écrire pour Béatrice Dalle et Gérard Depardieu qui jouerait le chauffeur –, ce sera toi le chauffeur de taxi à Paris". C'est ce que je vous disais : Jim pensait à un Blanc quand il écrivait le personnage mais il finit par le faire incarner par un Noir. C'est ça qui m'intéresse chez eux.Comme les gardes du chantier où son frère a trouvé la mort, Alboury parle yoruba... C'est ma langue maternelle et paternelle. Mes parents sont du Bénin. Mes arrière-grands-parents viennent du Nigeria, de l'Etat d'Oyo [sud-ouest du pays] et d'Abeokuta [ville du sud-ouest, capitale de l'Etat d'Ogun]. Ils ont émigré vers le Bénin. Mes parents, eux, du Bénin vers la Côte d'Ivoire. J'ai toujours parlé yoruba avec mes parents, mes frères et sœurs de temps en temps parce que nous parlions aussi français. Quand il a fallu faire Combat de nègre et de chiens en anglais, il était évident que si je devais parler une autre langue, ce serait une langue de l'endroit qui a inspiré Bernard, à savoir le Nigeria. Il se trouve que je parle yoruba. Et Claire m'a dit, va pour le yoruba. De la même manière que Jim pour la traduction française du film Ghost Dog quand je devais parler une autre langue. Ces enfants incarnent Simba et Nala dans la comédie musicale du "Roi Lion" Concerts de Céline Dion : pourquoi ces tarifs exorbitants ? Zaho : "Enfant, je ne voulais pas devenir une adulte aigrie" Les secrets de la garde-robe de la Reine Elizabeth II Concert de Céline Dion : une enquête pour pratique commerciale trompeuse ouverte Quelles seront les têtes d'affiche du Festival de Cannes 2026 ? 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