Après trois jours de blocage des ports corses par les pêcheurs, un accord a été trouvé ce jeudi en préfecture d’
Ajaccio. Les traversées doivent reprendre progressivement, au grand soulagement de nombreux passagers restés bloqués, parfois depuis plusieurs jours. Chaque jour, un tour d’horizon des principales infos de toutes les régions.
France Télévisions utilise votre adresse e-mail afin de vous envoyer la newsletter "L’actu des régions". Vous pouvez vous désinscrire à tout moment via le lien en bas de cette newsletter. Notre politique de confidentialité "On va enfin pouvoir rentrer chez nous". Des soupirs de soulagement parmi les passagers. Après plusieurs heures - voir jours - d'attente, la perspective d'un départ se profile enfin. Après trois jours de blocage des ports corses par les pêcheurs, mobilisés contre les écarts de prix du carburant entre l'île et le continent, la situation a trouvé une issue.Depuis mardi 7 avril, de nombreux voyageurs étaient ainsi immobilisés, soit à quai dans l’un des ports de l’île, soit en mer, dans l’impossibilité d’accoster. Dès ce jeudi soir, les traversées doivent progressivement reprendre un cours normal.Une décision qui fait suite à la table ronde convoquée en début d'après-midi en préfecture d'
Ajaccio, en présence des services de l'Etat, de nombreux élus, des représentants des pêcheurs et des acteurs économiques concernés par la crise du carburant. "Les échanges ont été un peu compliqués au départ, comme on s'y attendait, explique au sortir de plusieurs heures discussion
Joseph Sanna, secrétaire général du
Sindicatu pà à difesa di i pescadori corsi. Mais avec l'intervention de la CDC, de la chambre de commerce, de tous les pétroliers, le préfet s'est montré à notre écoute. Nous avons réussi à trouver un protocole d'accord qui satisfait tout le monde malgré la conjoncture." Au centre de celui-ci, une aide temporaire sur le carburant pour les marins-pêcheurs. Le géant des hydrocarbures
Total a consenti à un effort sur ses marges, tandis que la
Collectivité de Corse s’est engagée à compenser la différence restante à la pompe, indique
Joseph Sanna. Concrètement, "quand les pêcheurs iront faire leur plein, c'est la CDC qui mettra le supplément". Cette mesure est prévue pour une durée de deux mois, "un temps à l'issue duquel les solutions structurelles devront être mises en œuvre par l'Etat" explique
Gilles Simeoni. Le président du conseil exécutif de Corse a dans ce cadre demandé que la CDC soit associée pleinement à la mission confiée au député de Corse-du-Sud Paul-André Colombani, visant à étudier la régulation des prix des carburants en Corse.Pour les pêcheurs, cet accord marque une première avancée. "Nous sommes confiants : [l'Etat] a conscience qu'il y avait un gros problème en Corse". Dans les ports, la nouvelle a été accueillie avec un mélange de fatigue et de soulagement. À Bastia, certains passagers, racontent leur calvaire, bloqués sans visibilité sur une possible date de retour. "Ça fait trois jours que j’attends. J’ai des enfants, je dois travailler", confie un vacancier italien. "Je comprends la grève des pêcheurs. Mais tu peux manifester sans bloquer les autres personnes, tu vas auprès de la police, ou chez le préfet, mais tu ne bloques pas les gens qui sont venus amener de l'argent en Corse."Même constat pour cet autre voyageur : "C’était compliqué, parce qu'on a un travail qui nous attend, et il a fallu trouver des hôtels. On comprend la mobilisation, mais il y avait peut-être d'autres moyens à utiliser."