Le 10 avril 2026 à 07h40 Un glacier capturé par
Copernicus.
Copernicus Sentinel-3/Cover Imag Le retour de plus en plus probable d’
El Niño dans la seconde partie de l’année fait craindre aux climatologues que l’humanité ne se dirige vers de nouvelles chaleurs extrêmes. Passer la publicité Passer la publicité Les océans ont atteint le mois dernier un niveau de chaleur quasi-record, selon l'observatoire européen
Copernicus, signe du retour probable du phénomène naturel de réchauffement
El Niño, qui viendrait s'ajouter au changement climatique d'origine humaine. Le bulletin mensuel de
Copernicus, publié vendredi, est un signal d'alarme : après les trois années les plus chaudes jamais mesurées sur Terre, le retour de plus en plus probable d'
El Niño dans la seconde partie de l'année fait craindre aux climatologues que l'humanité ne se dirige vers de nouvelles chaleurs extrêmes. À lire aussi Vers un « super-
El Niño » ? Les climatologues surveillent un phénomène potentiellement extrême La température de surface des océans a été de 20,97°C en mars (hors zones polaires), un dixième de degré sous le record de mars 2024. Et la moyenne continue d'augmenter en avril, selon le tableau de bord en temps réel de
Copernicus. Le dernier épisode
El Niño, en 2023 et 2024, avait fait de ces années les deux plus chaudes jamais enregistrées. Le phénomène cyclique correspond au réchauffement périodique à grande échelle des eaux d'une partie du Pacifique, qui affecte par effet domino le climat mondial pendant plusieurs mois. Passer la publicité La température des océans «témoigne d'une transition probable vers des conditions
El Niño», juge
Copernicus. L'Organisation météorologique mondiale (OMM) de l'ONU a déjà estimé que le retour était possible cette année, tandis que s'estompe le phénomène inverse
La Niña, associé à des températures plus fraîches. L'OMM estimait début mars à 40% la probabilité qu'il apparaisse d'ici juillet. À lire aussi Le phénomène climatique
La Niña pourrait se prolonger après l’été Le réchauffement des océans dilate l'eau, ce qui élève le niveau de la mer. Il renforce les vagues de chaleur marines qui affaiblissent les coraux et aggrave des phénomènes météorologiques extrêmes comme les pluies intenses ou les cyclones. Terres et mers confondues, le mois de mars se situe au quatrième rang pour les températures à la surface du globe, à 1,48°C au-dessus des valeurs estimées pour la période préindustrielle (1850-1900), avant que la combustion massive du charbon, du pétrole et du gaz ne réchauffe durablement le climat. Pressions «de plus en plus fortes» Presque toute l'Europe - le continent qui se réchauffe plus vite - a connu des températures supérieures aux normales de saison, en particulier dans les pays nordiques, les États baltes et le nord-ouest de la Russie. Le mois a également été marqué par une vague de chaleur précoce «sans précédent» dans l'ouest des États-Unis, où le thermomètre a dépassé 40°C et atteint par endroits 44°C. «Les données de
Copernicus pour mars 2026 nous donnent à réfléchir», a commenté Carlo Buontempo, directeur du service
Copernicus sur le changement climatique, cité dans le bulletin. «Chaque chiffre est frappant en soi, mais ensemble, ils offrent un tableau d'un système climatique soumis à des pressions soutenues et de plus en plus fortes», a-t-il jugé.
Copernicus a aussi confirmé que l'étendue de la banquise de l'Arctique avait atteint cet hiver sa plus faible superficie jamais enregistrée, à un niveau similaire au record de l'an dernier, comme l'avait déjà annoncé un institut américain de référence dans ce domaine, le NSIDC. La banquise, glace formée par le gel de l'eau de mer, fond naturellement en été et se reforme en hiver. Mais en raison du réchauffement, la proportion dans laquelle elle se reforme chaque hiver est en déclin. Vers un « super-
El Niño » ? Les climatologues surveillent un phénomène potentiellement extrême DÉCRYPTAGE - Une version forte du phénomène climatique naturel
El Niño pourrait se reformer durant la seconde partie de l’année 2026 et pousser les températures mondiales à de nouveaux niveaux records, alertent certains experts. D’ici 2050, la climatisation mondiale pourrait émettre autant de CO2 qu’un pays comme les États-Unis Si l’air conditionné protège les populations contre les chaleurs extrêmes, il contribue aussi de manière de plus en plus significative au réchauffement. Climat : une nouvelle stratégie française « ambitieuse » mais difficile à mettre en œuvre Le Haut Conseil pour le climat publie jeudi son avis sur la cohérence du projet de stratégie nationale bas carbone, qui doit être définitivement adopté au printemps. Il réclame au gouvernement une « feuille de route précise de sortie des énergies fossiles » en France. La Dordogne au secours des Charentes : un projet «pharaonique» de dérivation de rivières qui divise DÉCRYPTAGE - Trois départements étudient la possibilité de détourner jusqu’à 40 millions de m3 depuis les terres corréziennes jusqu’au fleuve Charente, qui subit le réchauffement climatique de plein fouet. Un projet à 600 millions d’euros qui divise élus et scientifiques. « Nous avons besoin d’un système qui protège les athlètes » : la hausse des températures, une menace pour le Tour de France DÉCRYPTAGE - La hausse des températures enregistrée au mois de juillet en France pourrait à terme menacer la santé des coureurs. Les lacs tourbeux du bassin du Congo libèrent du carbone vieux de plusieurs millénaires Deux lacs de la République démocratique du Congo libèrent du carbone qui était emprisonné depuis des milliers d’années dans les tourbières environnantes, ce qui pourrait constituer une menace pour la stabilité climatique. Climat : le président de la COP30 veut faire avancer la feuille de route sur la fin des énergies fossiles DÉCRYPTAGE - Le diplomate brésilien André Correa do Lago, de passage en France, entend présenter à l’automne un plan pour réduire la dépendance des pays aux combustibles fossiles qui « unisse les pays ». Le nombre d’avalanches augmente-t-il avec le réchauffement climatique ? DÉCRYPTAGE - Une trentaine de personnes ont déjà perdu la vie dans des avalanches en France depuis le début de la saison. Sur ces phénomènes aux causes et à la nature très diverses, la hausse des températures joue un rôle contrasté. Pluies intenses, crues dévastatrices... L’impact du réchauffement climatique sur les inondations en Europe se confirme Le changement climatique induit par l’homme a intensifié les mécanismes à l’origine des crues soudaines de 2024 à Valence, en Espagne, selon une étude. Pourquoi les taux de méthane dans l’atmosphère ont explosé au début des années 2020 DÉCRYPTAGE - Une telle hausse, jamais observée jusque-là, n’est pas seulement due à une augmentation des émissions de ce puissant gaz à effet de serre, mais aussi à un effet indirect des confinements liés au Covid-19.