Le 10 avril 2026 à 11h23 Ouvertement opposées à la proposition de loi visant à autoriser certains salariés à travailler le 1er mai, examinée ce vendredi à l’
Assemblée, la
CGT comme la
CFDT appellent les parlementaires à ne pas voter ce texte. Passer la publicité Passer la publicité Une proposition de loi qui cristallise les tensions. Ce vendredi est examiné à l’
Assemblée un texte de loi, déjà adopté au
Sénat, visant à autoriser certains salariés à travailler le 1er mai, jour historiquement férié et chômé. Vent debout contre cette proposition de loi, les numéros un de la
CGT et de la
CFDT n’ont pas hésité à rappeler leur attachement à ce qui est pour elles un «symbole». La secrétaire générale de la
CFDT Marylise Léon a appelé sur TF1 à «préserver ce jour», invitant les parlementaires «à ne pas voter cette proposition de loi». «Nous avons le soutien de tous les syndicats du monde», a renchéri la secrétaire générale de
CGT Sophie Binet sur RMC, selon laquelle le risque est d’envoyer «un signal négatif à tous les travailleurs du monde». Pour les deux syndicalistes, il est essentiel de préserver cet acquis social, alors que les députés vont devoir se prononcer sur la possibilité d’élargir le travail le 1er mai aux boulangeries, fleuristes, jardineries et entreprises culturelles. Autant de secteurs pour lesquels ce jour férié a un vrai intérêt économique, et dont les acteurs réclament de pouvoir travailler ce jour-là. Mais pour
Marylise Léon, «il y a suffisamment de jours dans le calendrier pour faire en sorte que les gens qui ont besoin de travailler puissent le faire». La syndicaliste, qui balaie «la petite musique qui consiste à dire que les Français travaillent moins que les autres», rappelle qu’il y a, en
France, seulement 11 jours fériés «contre 14 ou 15 dans les autres pays d’Europe». Passer la publicité Vers un rejet préalable du texte ? Adoptée au
Sénat l’été dernier, inscrite en janvier mais pas débattue faute de temps, la proposition de loi issue de sénateurs centristes et soutenue par l’exécutif fait son retour ce vendredi dans le débat parlementaire. Pour convaincre du bien-fondé de cette mesure, l’ancien premier ministre
Gabriel Attal est allé jusqu’à lancer une pétition en ligne et publié une vidéo sur ses réseaux sociaux, où il déroule un argumentaire quelque peu erroné. Il y affirmait notamment «que les boulangers et fleuristes n’avaient pas droit d’ouvrir leur boutique le 1er mai». Ce qui est faux puisque si le Code du travail établit bien qu’il s’agit d’un «jour férié et chômé», il prévoit tout de même qu’un artisan boulanger ou un fleuriste puisse ouvrir ce jour-là, mais sans faire travailler ses salariés. Selon le texte de loi, les salariés - payés le double - devront être «volontaires» et s’ils refusent de l’être, cela «ne constituera ni une faute ni un motif de licenciement». Mais les syndicats «ne croient pas au volontariat», alors que selon eux, dans les faits, un salarié pourra difficilement refuser à son patron de travailler et l’obliger ainsi à rester fermé. Les débats s’annoncent houleux à l’
Assemblée nationale, où les députés macronistes vont réclamer ce vendredi matin le rejet préalable de leur propre texte pour éviter une «obstruction» de la gauche. En face, celle-ci dénonce une manœuvre «scandaleuse», tandis que
Sophie Binet dénonce un «passage en force» qui «se paiera très cher». «C’est une stratégie pour qu’il n’y ait pas de débat, et que la loi arrive en commission mixte paritaire. Toujours la même méthode, même passage en force contre le monde du travail», s’est insurgée
Sophie Binet devant plusieurs dizaines de manifestants rassemblés devant l’
Assemblée. «Un passage en force qui se paiera très cher» : les syndicats vent debout contre le projet d’extension du travail le 1er mai S'ABONNER «Il y a de vrais risques de défaillances d’entreprises immédiats» : les ambulanciers privés appelés à la grève ce mercredi Les deux principaux syndicats d’ambulanciers privés appellent à débrayer avec des mots d’ordre différents, l’un visant les interventions d’urgence, l’autre une suspension d’autres missions, comme les retours d’hospitalisation. Travail le 1er mai : huit syndicats demandent à Sébastien Lecornu de renoncer à la commission mixte paritaire Dans une lettre commune,
CFDT,
CGT, FO, CFE‑CGC, CFTC, Unsa, FSU et Solidaires exhortent le chef du gouvernement à ne pas accélérer l’adoption du texte élargissant le travail ce jour férié, au nom du respect de «l’histoire sociale». «Même en prison, on fait sa déclaration» : le fisc tente d’éteindre la polémique après le témoignage de l’ex‑otage Benjamin Brière sur ses impôts Critiquée pour avoir sermonné l’ancien otage pour ses déclarations manquantes durant ses 1079 jours de captivité en Iran, l’administration fiscale assure avoir tout mis en œuvre «pour s’assurer que ce type de situation ne puisse pas se reproduire.» 1er Mai : les syndicats s’énervent, Matignon temporise Dans un courrier adressé à Sébastien Lecornu, les huit principales organisations syndicales dénoncent le « passage en force » du texte à l’
Assemblée nationale. 1er mai : quelles professions seraient concernées par l’élargissement de l’autorisation de travailler ? Alors que les syndicats appellent l’exécutif à «respecter la démocratie sociale», Matignon compte sur une commission mixte paritaire pour faire passer le texte avant la fin du mois. Comment la Fête du travail est devenue le symbole des luttes sociales RÉCIT - Il y a 140 ans, la condamnation à mort de leaders syndicaux américains a inscrit cette date comme un symbole de la lutte des travailleurs. Laurence de Charette: «L’homme, cet animal religieux» LE BLOC-NOTES - Loin de chasser Dieu, la modernité pourrait lui ouvrir, y compris à son insu, ou même contre son gré, d’autres horizons. 1er-Mai : la gauche se réunit à Dunkerque, sans Mélenchon et Roussel qui défileront à Paris et Valenciennes La gauche syndicale et partisane rêve d’un «1er-Mai de masse», dans un contexte économique et social marqué par un chômage en forte hausse et une industrie fragilisée. Entre 100.000 et 150.000 manifestants en
France, dissolution de groupes d’ultragauche... Ce qui est prévu pour le 1er mai Selon une source policière, entre 100 000 et 150 000 manifestants sont attendus en
France pour la Fête du travail. L’événement, habituellement suivi, requiert un encadrement policier important et la mise en place de mesures préventives. Fête du travail : un boulanger sanctionné pour avoir fait travailler ses salariés un 1er mai Son cas n’est pas isolé et révèle le flou juridique qui entoure les 35.000 boulangeries du pays si elles emploient de la main-d’œuvre le premier jour de mai. Quelles sont les professions qui pourraient travailler le 1er mai, si une proposition sénatoriale est adoptée ? Deux sénateurs centristes ont déposé une proposition de loi pour permettre à plusieurs professions d’ouvrir le 1er mai, sans restrictions et sur la base du volontariat. Météo : qu’est-ce que le seuil de chaleur, qui sera dépassé cette semaine en
France ? Le 1er mai sera marqué par des températures supérieures à 25°C sur une grande partie du pays, selon Météo-
France. Ouverture des boulangeries le 1er mai : «Un jour par an, on peut peut-être se débrouiller autrement», estime
Sophie Binet «Nous avons conquis le 1er mai comme jour férié sur le sang des ouvriers», a rappelé la numéro un de la
CGT, s’opposant ainsi à la demande des boulangers de pouvoir ouvrir le 1er mai avec du personnel.