Un consortium de médias indépendants a publié des échanges entre le ministre hongrois des Affaires étrangères
Peter Szijjarto et son homologue russe
Sergueï Lavrov. Dans l'un d'eux, le Hongrois promet de fournir un document européen confidentiel. Le Premier ministre hongrois Viktor Orban lors d'un meeting de campagne à
Budapest (Hongrie), le 7 avril 2026. (JAKUB PORZYCKI / NURPHOTO / AFP) Les révélations sont venues secouer la campagne électorale en Hongrie. Le gouvernement sortant du Premier ministre Viktor Orban est sous le feu des critiques, depuis que plusieurs médias ont fait état de conversations téléphoniques avec le pouvoir russe au sujet de l'Union européenne (UE). Les informations ont même poussé jeudi 9 avril la Commission européenne à réclamer dans les "plus brefs délais" des explications à
Budapest. On vous résume l'affaire.Tout commence le 21 mars. Le journal américain
Washington Post révèle dans une enquête fouillée, sur l'influence de Moscou dans le pays, que la Hongrie a fait fuiter des données européennes sensibles à la Russie depuis des années. Selon cet article, le ministre hongrois des Affaires étrangères,
Peter Szijjarto, profite régulièrement de pauses lors de réunions entre responsables de l'UE à Bruxelles (Belgique) pour appeler son homologue russe
Sergueï Lavrov et le tenir informé en temps réel des discussions. Les journalistes américains affirment également que les services secrets russes ont proposé de mettre en scène une tentative d'assassinat de Viktor Orban.Le scandale éclate alors que la campagne des législatives prévues le 12 avril bat son plein en Hongrie. Peter Magyar, principal opposant à Viktor Orban, se saisit immédiatement de l'affaire pour attaquer son concurrent. Le sortant, au pouvoir depuis seize ans, dénonce de son côté une "attaque grave" contre la démocratie hongroise. Dans le reste des capitales européennes, personne n'est surpris. "Nous le soupçonnons depuis longtemps", réagit le Premier ministre polonais Donald Tusk. Depuis plusieurs années, le Premier ministre hongrois joue avec les nerfs des Européens en bloquant l'aide à l'
Ukraine et en se rendant à Moscou pour échanger avec le président russe,
Vladimir Poutine.Les liens de Viktor Orban avec
Vladimir Poutine, auquel le dirigeant a rendu visite en 2025, en pleine guerre en
Ukraine, sont bien connus. L'agence Bloomberg les a encore un peu plus mis en lumière en publiant le 7 avril la retranscription d'une conversation téléphonique entre les deux hommes, remontant au 17 octobre 2025. Les amabilités échangées, détaillées par Les Echos, viennent confirmer la complicité entre les deux dirigeants.En pleine campagne électorale, ces enquêtes journalistiques nourrissent les accusations d'ingérences lancées par le camp de Peter Magyar à l'encontre de
Vladimir Poutine et Viktor Orban. Début mars, VSquare a en effet révélé que le Kremlin avait dépêché une équipe à
Budapest pour interférer dans le scrutin en faveur du Premier ministre sortant. Selon la plateforme européenne de journalisme d'investigation, l'opération était supervisée par Sergueï Kirienko, "chef de cabinet adjoint de
Vladimir Poutine et architecte clé des opérations d'influence politique russes". Le Russe "avait auparavant joué un rôle déterminant dans l'organisation d'ingérences électorales en Moldavie" en septembre 2025, rapportait le média.Dix jours après les révélations du
Washington Post, le 31 mars, un consortium de médias d'Europe centrale et de l'est, composé de The Insider, VSquare et Delfi, révèle le contenu de plusieurs échanges téléphoniques entre
Peter Szijjarto et
Sergueï Lavrov. Des vidéos, sous-titrées en anglais, sont publiées sur les réseaux sociaux. Les journalistes décrivent une "ligne directe" fournie à Moscou et citent un ancien ministre européen qui qualifie le ministre de "taupe enthousiaste" dans l'UE. Dans l'un des échanges, en date du 20 août 2024, le Hongrois promet de soutenir des démarches visant à retirer de la liste noire européenne la sœur du milliardaire russe Alicher Ousmanov, proche de
Vladimir Poutine. "Je suis à votre service", déclare-t-il à son homologue russe.D'autres exemples sont donnés dans cette enquête, comme une conversation en juin 2025 entre
Peter Szijjarto et le vice-ministre russe de l'Energie Pavel Sorokin. Le premier affirme au second qu'il s'emploie à faire rejeter un paquet de sanctions visant la flotte fantôme de pétroliers russes. Les sanctions finiront par être adoptées.Le jour même,
Peter Szijjarto assume œuvrer en faveur des intérêts russes au sein de l'UE. "On savait déjà que les services de renseignement étrangers interceptaient mes conversations téléphoniques", déclare-t-il sur Facebook. Mais aujourd'hui, "les grandes oreilles ont pu constater que je disais la même chose en privé et en public", ajoute-t-il. Il en profite pour dénoncer "un très grand scandale" et fustige "une ingérence" étrangère.Au sein de l'UE, les réactions restent pour l'instant mesurées. Les dirigeants se tiennent éloignés de la politique intérieure hongroise, par peur que leurs commentaires soient instrumentalisés par le camp Orban. Tout juste Anitta Hipper, une porte-parole de la Commission européenne, considère-t-elle que la cheffe de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, "s'est entretenue" avec le ministre hongrois, "réitérant l'importance de la confidentialité des discussions à huis clos".Le ton se durcit une semaine plus tard. Dans un second volet de son enquête, le consortium publie une conversation téléphonique de juillet 2024 au cours de laquelle
Peter Szijjarto assure à
Sergueï Lavrov qu'il va "immédiatement" lui transmettre un document concernant les négociations d'adhésion de l'
Ukraine à l'UE, sans que l'on ne sache vraiment à quel document le ministre fait alors référence. Un haut responsable des services de renseignement occidentaux, cité par les journalistes, estime qu'il "est possible que Lavrov ait simplement cherché à tester les limites de la loyauté de Szijjarto envers la Russie".Ces informations de presse sont "extrêmement préoccupantes", dénonce mercredi la porte-parole de la Commission européenne Paula Pinho, qui demande à
Budapest "de s'expliquer dans les plus brefs délais". Le lendemain, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, fustige sur France Inter une "trahison" de la Hongrie envers "l'exigence de solidarité qui s'impose entre les pays de l'Union européenne". A Bruxelles, plusieurs députés européens demandent à la Commission d'enquêter sur d'éventuelles manipulations russes, lors des élections hongroises, rapporte le Guardian. Le groupe d'élus souhaite une évolution "avant et immédiatement après" le scrutin. Pour l'instant, l'exécutif européen n'a pas donné suite.Avant d'agir, les Vingt-Six préfèrent attendre le résultat des élections législatives. Une victoire de Viktor Orban, qui rempilerait pour un cinquième mandat, pourrait relancer des débats, après des années de blocages dus à la Hongrie. Certains diplomates évoquent le recours à l'article 7 du traité de l'UE, qui prévoit une suspension des droits de vote au sein de l'Union en cas d'atteinte à l'Etat de droit. Cette procédure a certes déjà été ouverte contre
Budapest mais jamais finalisée, tant elle est inédite. L'exclusion de la Hongrie, non prévue par les traités, n'est pas encore sur la table. Le "souvenir" de détention de Jacques Paris, ex-otage en Iran Suicide d'Evaëlle : l'enseignante condamnée pour harcèlement Pape en Algérie : une visite historique sous le signe du pardon Sabrina Carpenter se moque d'un youyou à Coachella PFAS : comment Matignon a fait économiser des millions à l'industrie chimique Gabin, 9 ans, sauve sa famille d’un incendie dans le Pas-de-Calais Le cimentier français Lafarge a été reconnu coupable de financement de terrorisme en Syrie Violente altercation entre un professeur et des élèves Paris-Roubaix : dans les pas d'Axel Huens, le local de l'épreuve Moins et mieux, comment les Français ont changé leur rapport à la viande C’est quoi cette silhouette qui flotte dans l’atmosphère ? Un adolescent de 13 ans tué par balle à Villefranche-sur-Saône, deux mineurs placés en garde à vue Le soulagement de la mère d'Evaëlle après la condamnation de son enseignante La "non-réponse" du pape Léon XIV aux propos de D. Trump Enfant séquestré dans une camionnette, le père mis en examen Défaite de
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