Le 11 avril 2026 à 00h22 Le président sortant
Ismaïl Omar Guelleh dépose son bulletin de vote au bureau de vote de l’Hôtel de Ville à
Djibouti, le 10 avril 2026, lors des élections présidentielles djiboutiennes. LUIS TATO /
AFP Le chef de l’État djiboutien a proclamé samedi sa victoire à la présidentielle pour un sixième mandat, quelques heures après la clôture du scrutin. Passer la publicité Passer la publicité Le chef de l’État djiboutien
Ismaïl Omar Guelleh a annoncé tôt samedi, quelques heures après la clôture du scrutin présidentiel, sa réélection à un sixième mandat à la tête de ce petit territoire africain stratégiquement situé qu’il dirige depuis bientôt 30 ans. Alors que n’ont été publiés jusqu’ici que de premiers résultats officiels très partiels, portant sur à peine 6% des inscrits au niveau national, selon un décompte de l’
AFP, le président a posté sur son compte X un portrait de lui, orné de son nom, avec la mention : «RÉÉLU». Passer la publicité Selon les chiffres compilés par l’
AFP à partir de ces résultats égrenés bureau par bureau par la télévision nationale portant jusqu’ici sur 38 bureaux de
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Djibouti-Ville, le président sortant, que les Djiboutiens surnomment de ses initiales IOG, a recueilli 96,47% des suffrages. Son adversaire
Mohamed Farah Samatar, président du Centre démocrate unifié (CDU, un parti sans élu au Parlement) et personnalité peu connue de ses concitoyens, rassemble seulement 3,52% des voix sur ces bureaux. Taux de participation entre 36 et 58% Après s’être présentés au compte-goutte une bonne partie de la journée, les électeurs ont été un peu plus nombreux en fin d’après-midi dans les bureaux de vote de la capitale - où vivent 71% des Djiboutiens -, sans qu’ils n’aient néanmoins eu besoin de faire la queue. Un peu plus de 256.000 citoyens étaient appelés aux urnes. À la clôture du scrutin, le taux de participation variait entre 36 et 58% dans quelques bureaux visités par l’
AFP, allant toutefois jusqu’à plus de 90% dans un bureau où votaient des militaires. Les Djiboutiens rencontrés ces derniers jours par l’
AFP dans les rues de la capitale affirmaient tous leur intention d’aller voter pour IOG. Seule voix discordante vendredi, un chauffeur de taxi souhaitant rester anonyme : «Je ne vais pas aller voter, ça ne sert à rien», a-t-il affirmé à l’
AFP. En 2021, lors d’une présidentielle largement boycottée par l’opposition, le chef de l’État avait été réélu avec plus de 97% des voix.
Ismaïl Omar Guelleh a voté peu avant midi au bureau de vote numéro 1 de la mairie de
Djibouti, avec son épouse Kadra Mahamoud Haïd, au milieu d’un important dispositif de sécurité.
Mohamed Farah Samatar, son adversaire, avait voté en milieu de matinée. 168e sur 180 du classement 2025 sur la liberté de la presse À la tête depuis 1999 de l’un des pays les moins peuplés du continent - un peu plus d’un million d’habitants -, IOG a su faire fructifier sa position géographique, dans une Corne de l’Afrique par ailleurs troublée et théâtre de luttes d’influences étrangères. Sur ses seulement 23.000 km2,
Djibouti accueille des bases militaires de cinq puissances (France, États-Unis, Chine, Japon, Italie), engendrant d’importants bénéfices financiers, mais aussi sécuritaires et politiques. Cette ancienne colonie française, où l’islam est religion d’État, borde le détroit de Bab-el-Mandeb, qui donne accès à la mer Rouge depuis le golfe d’Aden et par lequel transite une grande part du commerce entre Asie et Occident. Passer la publicité Dans les rues de
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Djibouti-Ville, les affiches électorales vantent toutes les mérites d’IOG. Le visage de son adversaire est invisible. «Je vais voter pour
Ismaïl Omar Guelleh. (...) Je ne connais même pas le visage» de
Mohamed Farah Samatar, indiquait la veille du scrutin Deka Aden Mohamed, chômeuse de 38 ans. Les autorités djiboutiennes sont régulièrement pointées du doigt pour la répression des voix dissidentes. L’opposition, fragmentée et «muselée» selon la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), est inaudible.
Djibouti pointe au 168e rang sur 180 du classement 2025 sur la liberté de la presse de l’ONG Reporters sans frontières (RSF), qui décrit un «paysage médiatique (...) complètement verrouillé» et se limitant «presque exclusivement aux médias d’État». Un état de santé fragile
Ismaïl Omar Guelleh avait annoncé qu’il passerait la main en 2026, mais une révision constitutionnelle en novembre a levé la limite d’âge des candidats à la présidentielle. Son entourage justifie cette nouvelle candidature par une nécessaire «stabilité» dans une région troublée. Des analystes l’estiment surtout motivée par les risques de fracturation du régime que fait peser l’absence de successeur faisant l’unanimité. Diplomates et analystes s’interrogent néanmoins sur l’état de santé du président âgé de 78 ans, qui se déplace avec difficulté. Pénalisé par un climat aride peu propice à l’agriculture (environ 1% du PIB),
Djibouti a misé, au prix d’une importante dette, surtout vis-à-vis de la Chine, sur le développement des activités portuaires, qui représentent désormais 70% de son PIB mais le rendent dépendant des soubresauts régionaux, notamment en Ethiopie dont les marchandises représentent l’écrasante majorité du trafic. Quelque 70% des jeunes sont au chômage.
Djibouti :
Ismaïl Omar Guelleh, président depuis 1999, annonce sa réélection pour un sixième mandat S'ABONNER Éloignée par le virus, la diaspora française choyée par Emmanuel Macron REPORTAGE - Depuis le début de l’épidémie, le gouvernement est attentif au sort des 3,5 millions de Français établis à l’étranger. Ils sont appelés à voter, dès vendredi, pour les élections consulaires. Un scrutin suivi de près par la majorité présidentielle. Opération «Minotaure»: quand la dissuasion montre ses forces REPORTAGE - Dans l’antre de la base de Taverny est pilotée la dissuasion nucléaire aérienne, celle «qui se voit» par opposition aux sous-marins nucléaires lanceurs d’engins. DÉCRYPTAGE - L’endettement total du continent est estimé à 365 milliards de dollars, dont un tiers est détenu par la Chine. Le pays dénombre officiellement 365 cas de Covid-19. ENQUÊTE - Au bord du détroit stratégique de Bab el-Mandeb, l’influence des armées américaine (4000 hommes) et française (1450 hommes) est défiée par la montée en puissance récente de la Chine, qui a installé 2000 soldats. Aboubaker Omar Hadi: «Nous créons la plus grande zone franche d’Afrique» INTERVIEW - Le président de la
Djibouti Ports & Free Zones Authority, organisme gouvernemental qui contrôle près de 80 % du PIB, explique le grand projet de modernisation du pays. INFOGRAPHIE - Carrefour des «routes de la soie» de la Chine, le pays déploie des ports ultramodernes. Commandos de légende: le 4 février 1976, Loyada, raid fondateur pour le GIGN ENQUÊTE - À
Djibouti, la prise en otage d’un car d’écoliers français âgés de 5 à 8 ans par des indépendantistes à la solde de la Somalie a constitué le baptême du feu des supergendarmes dont l’unité avait été fondée deux ans plus tôt. GUIDE DE VOYAGE - Nos conseils, tips, adresses… pour voyager du Lac Abbe à la mer Rouge, dans ce pays méconnu de la Corne de l’Afrique. GUIDE DE VOYAGE - Il a la taille d’un Poucet, mais le charisme d’un géant. Insolite et atypique, ce territoire perdu dans la Corne de l’Afrique, au bord de la mer Rouge, joue l’effet de surprise. Et réveille d’intenses envies d’explorations terrestres et sous-marines.