Le 11 avril 2026 à 21h42 L’auteur franco-algérien, gracié après un an de prison dans les geôles algériennes, s’est exprimé lors de la journée du livre politique à l’
Assemblée Nationale. Passer la publicité Passer la publicité L'écrivain
Boualem Sansal n’en a peut-être pas fini avec la justice algérienne. Gracié en novembre par le président
Abdelmadjid Tebboune après un an de prison, il a affirmé samedi qu'il entendait l'«attaquer en justice», quand ce serait «le bon moment». L'auteur franco-algérien, invité de la Journée du livre politique qui se tenait à l'
Assemblée Nationale, s'exprimait lors d'une table ronde avec l'avocat
Richard Malka sur le thème «le livre politique, source d'engagement». «J'ai écrit (...) à (M.) Tebboune quand j'étais en prison (..), je lui ai dit (...) si vous me libérez, je vous attaque en justice. Et je vais attaquer monsieur Tebboune, parce que c'est lui qui m'a condamné», a-t-il déclaré, s'interrompant sous les applaudissements de la salle. «Ils m'ont condamné à mort, en me mettant dessus tous les trucs - “terrorisme”, “espionnage”, “attaque à la sûreté de l'État”», a ajouté l'homme de 81 ans. Il avait été condamné à cinq ans de prison et incarcéré pendant près d'un an pour certaines prises de position critiques sur son pays natal. Passer la publicité «Un vrai procès» Interrogé,
Boualem Sansal a précisé que «la procédure est lancée». «Mon avocat a préparé un dossier pour saisir la justice internationale contre M. Tebboune», a-t-il ajouté, en disant «attendre le bon moment», évoquant le sort du journaliste sportif
Christophe Gleizes, écroué en Algérie depuis mai 2024 où il a été condamné à sept ans de prison pour «apologie du terrorisme». «Je vais aller jusqu'au bout», a assuré l'écrivain dissident, estimant n'avoir pas eu «un vrai procès, avec des avocats et des observateurs internationaux».
Boualem Sansal a récemment claqué la porte de son éditeur historique
Gallimard - qui l'avait soutenu et accompagné lors de son incarcération - pour rejoindre Grasset, une des maisons du géant Hachette Livre, propriété du groupe Louis Hachette contrôlé par Vincent Bolloré. Dans une tribune au Monde, il avait justifié ce choix par une «divergence» sur la stratégie choisie pendant sa détention. Pour lui, le fait d'avoir été gracié à la suite de démarches diplomatiques, initiées par son éditeur, était «profondément insatisfaisant». Cette démarche «ne correspond pas à la ligne de résistance que j'ai fermement assumée face au régime violent et cruel d'
Abdelmadjid Tebboune», avait-il ajouté. «Je vais aller jusqu’au bout» :
Boualem Sansal affirme vouloir attaquer le président algérien en justice S'ABONNER Duel à fleurets mouchetés entre
Boualem Sansal et
Gallimard RÉCIT - L’écrivain franco-algérien et son éditeur depuis plus de 25 ans, Jean-Marie Laclavetine, se livrent à des échanges aigres-doux, et parfois virulents, suite au départ de l’écrivain pour Grasset, annoncé la semaine dernière. Catherine Van Offelen: «La France est-elle toujours la patrie des intellectuels ?» FIGAROVOX/TRIBUNE -
Boualem Sansal a montré qu’il y avait encore des États pour qui les intellectuels sont dangereux. Mais à l’heure où leur influence semble s’estomper face au pouvoir des réseaux sociaux, il faut à tout prix éviter qu’ils tombent dans l’indifférence, estime l’essayiste. Quand
Boualem Sansal parle de liberté d’expression avec des élèves REPORTAGE - À l’occasion de la deuxième édition du programme Caricature et démocratie, lancé l’an dernier pour les dix ans des attentats contre « Charlie Hebdo », Valérie Pécresse a convié l’écrivain à participer à un échange avec des lycéens parisiens. L’éditorial d’Étienne de Montety : «
Boualem Sansal, un symbole» L’écrivain, devenu immortel, a souvent secoué les esprits assoupis et bousculé les pusillanimités ou les complaisances. Nous avons sélectionné cinq titres de l’écrivain franco-algérien, parus entre 1999 et 2024. «Écrire est devenu pour vous, comme le disait Flaubert, une manière de vivre» :
Boualem Sansal honoré sous la Coupole de l’Académie française L’Académie française a rendu hommage à l’écrivain franco-algérien, en lui remettant le prix mondial Cino Del Duca, au cours de sa séance publique annuelle. Ferghane Azihari : «La libération de Sansal, victoire ou défaite de la diplomatie française ?» CHRONIQUE - La libération de Sansal est incontestablement un soulagement. Il serait toutefois imprudent de s’en tenir à cette joie sommaire et de ne pas examiner, froidement, ce que cette séquence révèle de l’état réel de la diplomatie française. «Nous ne sommes plus des moutons. Il faut qu’on se batte» : ému et combatif,
Boualem Sansal retrouve son Comité de soutien REPORTAGE - Gracié le 12 novembre par l’Algérie après un an d’emprisonnement, l’écrivain franco-algérien, rentré en France la semaine dernière, a retrouvé, mercredi soir à Paris, ceux qui se battaient dès la première heure pour sa libération. De la colonisation à la rente mémorielle : les lourds secrets d’un régime algérien aux abois GRAND RÉCIT - Portée par une lecture biaisée de la période coloniale et longtemps facilitée par l’indulgence de Paris, la haine antifrançaise sert, depuis l’origine, de colonne vertébrale à l’État algérien. Alexandre Devecchio : « La France doit sortir de sa relation toxique avec l’Algérie » LA BATAILLE DES IDÉES - Malgré la libération de
Boualem Sansal, le régime algérien ne cessera pas d’alimenter la haine antifrançaise, y compris sur notre propre sol.