Impuissant face au Slovène lors des deux rendez-vous majeurs de ce début de saison, le Néerlandais arrive, dimanche, sur la course où il est censé avoir l'avantage. Jusqu'à quand ? Publié le 12/04/2026 06:00 Mis à jour le 12/04/2026 09:06
Tadej Pogacar et
Mathieu van der Poel lors du
Tour des Flandres, le 5 avril 2026. (MAXPPP) Même lui, le dernier rempart à l'omnipotence de
Tadej Pogacar sur les Monuments, est en train de s'y résoudre. En deux semaines,
Mathieu van der Poel a laissé filer, dans l'escarcelle du Slovène, deux courses où il parvenait à lui mener la vie dure :
Milan-San Remo et le
Tour des Flandres. Souvent le dernier à craquer, certes, mais finalement impuissant comme les autres face au champion du monde, qui l'a laissé dans le rétroviseur dans le Poggio italien et dans le Vieux Quaremont flandrien. Qu'en sera-t-il lors de
Paris-Roubaix, dimanche 12 avril ?A chaque fois,
Mathieu van der Poel s'est accroché, mais a fini par céder. "Je roulais à 650 watts et je n'arrivais pas à suivre. Le cyclisme, c'est simple. J'ai dû m'incliner face à la loi du plus fort", a reconnu "MVDP" après le
Tour des Flandres, dimanche. Au bout de cette "Semaine Sainte",
Paris-Roubaix, ses 258 kilomètres, dont 54,8 de pavés répartis en 30 secteurs, pour un 4e sacre de suite pour
Mathieu van der Poel ou un premier pour le Slovène.L'Enfer du Nord reste encore la propriété du Néerlandais. Vainqueur des trois dernières éditions, il avait profité, l'an passé, de l'erreur de trajectoire de son rival pour lui fausser compagnie et s'imposer en solitaire. Car la Reine des Classiques, au contraire du
Tour des Flandres, sied beaucoup mieux à son profil de coureur puissant. "Il a un physique complètement taillé pour gagner
Paris-Roubaix. Si on prend les vainqueurs des années 1980 jusqu'à 2020, on a un peu ce même morphotype du coureur : environ 1,90 m, 75-80 kilos", décrit
Lilian Calmejane, consultant pour
France Télévisions.Sauf que cet avantage physique n'a pas paru si flagrant en 2025, alors que
Tadej Pogacar découvrait la course. C'est sur une erreur de lucidité, et non un fléchissement physique du Slovène, que le Néerlandais s'est envolé vers le Vélodrome de Roubaix. "Si on regarde le gabarit de Pogacar, il lui manque un petit peu de poids, pas forcément de taille. On a tendance à dire qu'il faut bien être assis sur la selle, bien gainé mais en fait, toutes ces qualités-là, on voit qu'il les a. Et avec la puissance qu'il développe, il arrive par ses capacités athlétiques à gommer un peu cet écart morphologique", poursuit notre consultant. Comment Van der Poel peut-il donc résister et conserver le dernier bastion du calendrier encore non colonisé par le conquérant slovène ? "Plusieurs éléments peuvent jouer contre Pogacar, notamment les conditions météo. S'il fait sec, cela peut lui être favorable. En revanche, avec du vent de face, il pourrait avoir plus de mal à faire la différence. Si c'est humide, les qualités de cyclo-crossman deviennent essentielles, et des coureurs comme Wout van Aert ou
Mathieu van der Poel sont généralement plus à l'aise que lui sur les pavés dans ces conditions. Aujourd'hui, on peut penser que
Mathieu van der Poel a encore une petite marge sur Pogacar sur ce terrain", estime Thierry Gouvenou, directeur de l'épreuve. "Son histoire à lui, c'est de remporter un quatrième
Paris-Roubaix", souligne Yoann Offredo, consultant
France Télévisions, dans le podcast Paroles d'experts consacré à cette course sur
France.tv.Si les éléments s'en mêlent, cela devrait favoriser le Néerlandais. Mais cette 123e édition devrait aussi et surtout se jouer dans la tête. Car l'ascendant psychologique semble avoir changé de camp. Ce n'est plus
Tadej Pogacar qui tombe à chaque fois sur un os nommé Van der Poel. C'est ce dernier qui n'arrive plus à encaisser le harcèlement permanent de son rival. "Il a pris un ascendant psychologique sur ses principaux adversaires parce qu'en durcissant la course très loin et en les essorant, il arrive à générer une intensité de course et une fatigue telle que ses adversaires, à un moment donné, ont la patte qui explose, les jambes avec de l'acide lactique. Et lui, il arrive à tenir ce rythme frénétique encore plus longtemps", observe
Lilian Calmejane.Pour autant,
Mathieu van der Poel, qui semblait pourtant détendu après sa deuxième place au
Tour des Flandres, a-t-il le cerveau qui commence à être picoré ? "Non, pas du tout, défend au micro de la RTBF son coéquipier Florian Sénéchal sur la question d'un possible complexe après le
Tour des Flandres. On était vraiment sur un terrain propice à Tadej. Même si Tadej reste, pour moi, le plus fort physiquement, pour
Paris-Roubaix, on est plus sur le terrain de Mathieu, un terrain plus technique et plat. Donc le rapport poids/puissance joue plus en sa faveur.""Pogacar est le favori numéro un, même devant Van der Poel.
Paris-Roubaix, ça reste une des courses les plus dures à gagner par rapport à ses compétences, mais il en est capable."
Lilian Calmejane, ancien coureur professionnel et consultantà franceinfo: sportCette semaine,
Mathieu van der Poel a reconnu que la partie sera serrée. "Pour le battre, je devrai être à mon meilleur niveau. Et même si c'est le cas, ce n'est pas une garantie car Tadej est vraiment très fort", a admis le champion du monde 2023.De son côté,
Tadej Pogacar, a, comme souvent, dégonflé l'enjeu, invoquant le plaisir de courir. "Je vais aller à Roubaix avec une grande motivation et on verra ce qui se passe. Il n'y a pas trop de pression sur mes épaules. La pression sera basse, comme dans les pneus", a plaisanté le Slovène. Mais personne ne s'y trompe : sur les pavés du Nord, les sourires vont disparaître et la guerre des nerfs va encore avoir lieu.Si
Mathieu van der Poel joue une stratégie défensive, décide de "simplement" suivre son adversaire au lieu d'attaquer comme il en a l'habitude, et parvient à le suivre secteur après secteur, comment va réagir le Slovène ? "Pogacar n'a pas l'habitude d'avoir des gens collés à sa roue, qui lui résistent. Si ses concurrents arrivent à rester dans la roue, ils vont petit à petit rentrer dans sa tête. Ça peut paraître fou, mais j'imagine presque Pogacar passer à l'offensive dans la Trouée d'Arenberg. Car sur un vélodrome au sprint, je lui donne très peu de chances de gagner contre un Van Aert, un Van der Poel ou un Pedersen", annonce
Lilian Calmejane.L'équation Pogacar semble de plus en plus insoluble, même pour
Mathieu van der Poel, désormais relégué quatre Monuments derrière. Mais s'il y a bien une course où le scénario attendu peut basculer en un instant, c'est bien
Paris-Roubaix, avec ses pavés raboteux, sa météo capricieuse, ses crevaisons surprises et ses erreurs de trajectoire.
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