Près de 8 millions d'électeurs sont appelés aux urnes ce dimanche 12 avril pour choisir un successeur à Patrice Talon. Deux candidats sont en lice, le dauphin du président et ministre de l'Économie et des Finances, Romuald Wadagni et, face à lui, Paul Hounkpè, de l'opposition dite modérée et ex-ministre de la Culture. Un scrutin marqué aussi par l'absence du parti Les Démocrates qui a vu le dossier de son candidat rejeté par la Commission électorale. La participation est l’un des enjeux de ce scrutin. Publié le : 12/04/2026 - 15:51Modifié le : 13/04/2026 - 06:02 4 min Temps de lecture Ecole de Fifadji, à Cotonou, transformée en bureau de vote, ce dimanche 12 avril 2026. © Magali Lagrange/RFI Dans l’école de Fifadji, en début d’après-midi, pas de files d’attente devant les classes qui servent de postes de vote, mais quelques personnes qui vont et viennent. Il y a eu un peu plus d’affluence dans le courant de la matinée, selon le témoignage de personnes présentes dans la cour, rapporte notre envoyée spéciale à Cotonou, Magali Lagrange. Des électeurs venus pour élire le prochain président et choisir entre le duo du pouvoir, Romuald Wadagni ainsi que Mariam Talata, et celui des FCBE, opposition dite modérée, Paul Hounkpè et Rock Hounwanou. La participation est l’un des enjeux de ce scrutin présidentiel qui marque la fin de la présidence de Patrice Talon, dans un pays où le taux de participation a baissé au cours des dernières années. Il faut bien sûr, pour le connaître, attendre la fin du vote et les chiffres de la Commission électorale nationale autonome (CENA). Les bureaux de vote que j’ai pu voir dans différents quartiers de Cotonou, ce dimanche matin, à Gbagamé, Akpakpa, Cadjehoun, ou encore ici à Fifadji, ont ouvert à l’heure, contrairement au double scrutin législatif et local du mois de janvier, quand certains bureaux avaient accusé parfois plusieurs heures de retard. Les opérations de vote se déroulent en tout cas dans le calme. Le matériel est disponible et des observateurs circulent, notamment ceux de la qui en a déployé une centaine. Les deux candidats ont accompli leur devoir civique, dimanche matin, tout comme le président sortant, Patrice Talon. 00:51 Patrice Talon: «Je quitte la charge avec le sentiment d'avoir donné le meilleur de moi-même»Jean-Luc Aplogan Certains électeurs rencontrés à Cotonou exprimaient leur enthousiasme après avoir glissé leur bulletin dans l'urne, disant souhaiter la continuité, parfois aussi corriger les imperfections. Ils expriment aussi des attentes dans le social, quand d'autres regrettaient en revanche la configuration de cette élection à deux candidats seulement. « Il y a 20 ans, le Bénin n'était pas ça », confiait par exemple un votant cet après-midi dans un bureau de Cotonou, ajoutant que l'animation était au rendez-vous les jours de vote. Il est vrai que l’élection, ça porte à sens unique, mais il faut toujours sortir pour voter. Il faut que l’on réussisse la démocratie au Bénin. On sait ce qui se passe aujourd’hui mais on est obligés de le prendre. 01:02 Microtrottoir. Etat d’esprit d’électeurs à la sortie de l’isoloir à Cotonou.Magali Lagrange À lire aussiLes Béninois appelés aux urnes pour choisir le successeur de Patrice Talon à la présidence Ambiance à Ouidah, cité historique du pays Ouidah, à moins d’une heure de route, à l’ouest de Cotonou, où se trouve notre correspondant, Jean-Luc Aplogan, a respecté les interdictions du ministère de l’Intérieur. Marchés, gargotes et débits de boisson sont fermés et même le célèbre Temple des Pythons, face à la basilique, n’a connu l’affluence habituelle des touristes. « Ouidah a commencé à voter à l’heure ou presque », souligne fièrement l’un des coordonnateurs de la Commission électorale, rencontré ici, dans l’un des bureaux de vote, à deux pas de la mairie de Ouidah. À Zoungbodji, plusieurs pêcheurs se sont présentés dès l’ouverture des bureaux pour voter. C’est jour de pêche et du coup, ils sont partis rapidement rejoindre leur pirogue et sont désormais sur l’eau. La nuit est tombée sur Ouidah et ses environs. Le dépouillement est achevé dans la dizaine de bureaux de vote que nous avons parcourus. Selon notre constat, la participation varie d'un bureau à l'autre. Dans certains postes de vote, deux électeurs sur cinq ont accompli leur devoir civique ; dans d'autres, le ratio monte à trois sur cinq. Quelques partisans du candidat de la majorité, sans contester ces chiffres, préfèrent regarder au-delà. Selon eux, la mobilisation a été bien plus forte ailleurs dans le pays, et la tendance nationale, disent-ils, s’annonce prometteuse. La Commission électorale n'a pour l'heure publié aucun résultat, aucune tendance. Les représentants des différents candidats ont validé les procès-verbaux, et trois enveloppes de transmission des résultats ont été préparées à destination de l'arrondissement, de la CENA et de la Cour constitutionnelle. À lire aussiBénin: double scrutin législatif et local, premier acte d’une année électorale cruciale Recevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail