Le 13 avril 2026 à 21h33 Le pape Léon XIV le 13 avril 2026 en Algérie. ALBERTO PIZZOLI / AFP Léon XIV a appelé lundi au «pardon» dès son arrivée pour une visite historique, la première d’un pape dans le pays musulman, perturbée avant même son début par de vives critiques du président américain. Le direct Faits Essentiels lundi 13 avril 17:13 Double tentative d’attentat à 50 km d’Alger, en marge de la visite du pape en Algérie 12:21 Le pape appelle au «pardon» devant le «monument aux martyrs» de la guerre d’indépendance 11:58 L’ambassadeur français n’était pas présent pour accueillir le pape 21:15 C’est la fin de ce direct Ce direct consacré à la première journée de la visite en Algérie du pape Léon XIV est désormais terminé. Merci de nous avoir suivis et à très vite sur lefigaro.fr ! À lire aussi En Algérie, le plaidoyer du pape pour une «société civile libre» et contre le «ressentiment» 21:13 En Algérie, le plaidoyer du pape pour une «société civile libre» et contre le «ressentiment» Le pape Léon XIV au cours de son déplacement en Algérie. LUCA ZENNARO / REUTERS Que retenir de la première journée historique d’un pape en Algérie ? Ses déclarations dans l’avion filant de Rome vers Alger, où Léon XIV a répondu à l’agression verbale du président Trump ? Son sourire radieux malgré les visages fermés du « peuple algérien » - à savoir deux cents représentants, presque indifférents, froids à son discours ? La fierté et la joie du président algérien, Abdelmadjid Tebboune, qui a présenté, en son palais, un à un en une longue procession - inédite dans les voyages pontificaux - tous les ambassadeurs présents en Algérie, à l’exception du représentant de la France ? L’image d’un pape catholique visitant la monumentale « Grande Mosquée d’Alger » ? Ou, peut-être, la plénitude spirituelle, en fin d’après-midi, dans la majestueuse basilique Notre-Dame-d’Afrique, à Alger, lors de la rencontre du successeur de Pierre avec le « petit troupeau » catholique ? Et, dans le même registre, la visite discrète, hors caméra, de Léon XIV, religieux augustin, chez les sœurs augustines du quartier Bab el-Oued, où deux d’entre elles furent assassinées par balle le 8 mai 1994. Sans saint Augustin, évêque d’Hippone entre 354 et 430 et maître spirituel de ce pape, ce voyage n’aurait jamais eu lieu. LIRE NOTRE RECIT 19:50 Mgr Vesco : «Ensemble nous vivons un œcuménisme très concret et très naturel» Par Adam Arroudj, à AlgerMonseigneur Vesco, qui a prononcé une allocution devant le pape Léon XIV, a ensuite décrit une communauté œcuménique de fait. Nombreux des baptisés de ses paroisses sont membres d’Églises autres que catholiques dans leur pays d’origine. «Ensemble nous vivons un œcuménisme très concret et très naturel», a-t-il dit, saluant la présence dans la basilique de représentants des Églises orthodoxes, anglicanes, évangéliques et adventistes, «avec lesquels nous vivons une vraie fraternité». Il a ajouté ne pas oublier «nos frères du judaïsme, également présents dans cette assemblée». Puis le cardinal a adressé au pape un salut particulier, au nom de ceux qui n’étaient pas là. «Je vous salue de la part de ceux qui suivent cette célébration depuis les cellules de la soixantaine de prisons que visitent régulièrement nos aumôniers et aumônières sur l’ensemble du territoire national, en très bonne entente avec l’administration pénitentiaire.» Parmi eux, «ces migrants en quête d’un avenir meilleur dont la vie prématurément usée échoue souvent au fond de la mer ou du désert». En quittant la basilique, Léon XIV devait se recueillir devant le cénotaphe consacré aux morts en mer et prier pour eux. Le cardinal a conclu sur une note d’émotion, remerciant les autorités algériennes, la wilaya (préfecture), les élus locaux, les membres de la communauté qui «se sont dépensés sans compter» et tous ceux qui avaient voulu être là. «Nos cœurs sont brûlants, a-t-il dit au pape. La pluie ne parviendra pas à éteindre ce grand feu que vous allumez aujourd’hui.» 19:46 Ému, le cardinal Vesco accueille le pape à la basilique Notre-Dame d’Afrique Par Adam Arroudj, à AlgerDans la basilique Notre-Dame d’Afrique, dominant la Méditerranée depuis les hauteurs d’Alger, le cardinal Jean-Paul Vesco, archevêque d’Alger, encore mouillé par la pluie, a prononcé une allocution devant le pape Léon XIV. Il a commencé par l’inscription qui accueille les visiteurs de la basilique depuis le XIXe siècle : «Priez pour nous et pour les musulmans.» Une formule qui dit, selon lui, «la vocation maternelle de Marie pour l’humanité tout entière» – et donc aussi la vocation du lieu, qui «accueille tant de manifestations culturelles ou spirituelles, recueille tant de confidences, tant de vœux et de prières intimes qui sont le plus souvent ni spécialement musulmanes ou chrétiennes, mais profondément humaines». C’est profondément ému que le cardinal a présenté au souverain pontife son Église. Une Église qu’il a décrite comme «mosaïque, composée de plusieurs dizaines de nationalités» : «Elle est bien de ce pays, l’Algérie, mais elle est aussi du monde entier.» Une Église d’un peuple «fier, accueillant et profondément croyant, façonné par un islam maghrébin ouvert à l’altérité». Un peuple «marqué récemment encore par une histoire douloureuse», en référence aux années 1990 marquée par dix années de terrorisme, dans laquelle dix-neuf membres de cette Église ont perdu la vie, que «tous les membres de l’Église avaient risquée en solidarité avec tout un peuple en résistance». Ces dix-neuf martyrs d’Algérie, béatifiés en 2018, étaient présents en creux dans la basilique. Une icône du Christ ressuscité, destinée à la chapelle du monastère de Tibhirine, avait été placée dans l’église pour «manifester leur présence parmi nous aujourd’hui». Le pape devait la bénir en fin de célébration. 19:07 Donald Trump affirme qu’il ne s’excusera pas auprès du pape Léon XIV, qu’il qualifie de «très faible» Donald Trump a déclaré qu’il ne comptait pas présenter ses excuses au pape Léon XIV, qu’il a qualifié de «très faible», au lendemain de vives critiques envers le souverain pontife. «Le pape Léon a tenu de faux propos. Il était farouchement opposé à ce que je fais concernant l’Iran, et on ne peut pas accepter un Iran doté de l’arme nucléaire», a dit le président américain depuis la Maison-Blanche, en référence aux propos du pape américain appelant à la fin de la violence dans la guerre en Iran. Donald Trump a aussi estimé que le pape «faisait preuve d’une grande faiblesse face à la criminalité et à d’autres choses». 18:14 Giorgia Meloni juge «inacceptables» les critiques de Trump contre le pape La première ministre italienne Giorgia Meloni a jugé lundi «inacceptables» les paroles adressées par le président américain Donald Trump au pape, qu’il avait notamment jugé «catastrophique en matière de politique étrangère» après que Léon XIV eut critiqué la guerre au Moyen-Orient. «Le pape est le chef de l’Église catholique, et il est juste et normal qu’il invoque la paix et qu’il condamne toute forme de guerre», a ajouté la cheffe du gouvernement italien dans un communiqué. 17:13 Double tentative d’attentat à 50 km d’Alger, en marge de la visite du pape en Algérie Une double tentative d’attentat a eu lieu ce lundi 13 avril en début d’après-midi à Blida, selon des images et les informations encore contradictoires circulant sur les réseaux sociaux, confirmées au Figaro par des sources locales. Cette ville de quelque 300.000 habitants se trouve à une cinquantaine de kilomètres au sud d’Alger, très quadrillée par le dispositif sécuritaire à l’occasion de la visite du pape Léon XIV. Ces attaques n’ont pas été officiellement confirmées par les autorités algériennes. Alors que certains témoignages rapportent que les deux kamikazes auraient été tués par les forces de l’ordre, d’autres racontent qu’ils auraient eu le temps d’actionner leur ceinture explosive. L’Algérie n’avait pas connu d’attaque terroriste depuis 2017. Le 31 août, un kamikaze porteur d’une ceinture explosive avait tenté de pénétrer dans le quartier général de la police de Tiaret, à 350 km au sud-ouest d’Alger. Daesh avait revendiqué l’attaque, dans laquelle le kamikaze et deux policiers avaient été tués. «Je pense que c’est une attaque à but médiatique (alors que l’Algérie accueille le pape pour une visite de deux jours, NDLR), probablement le fait d’un micro groupe ou de loups solitaires», analyse Akram Kharief, créateur du blog Menadefense.net et expert des questions militaires. Dans les années 1990, les maquis de l’Atlas Blidéen étaient parmi les plus actifs du pays et les plus proches d’Alger. La région figurait au cœur du «triangle de la mort», entre Blida, Médéa et Aïn Defla, fief du GIA pendant la décennie noire. Mais aujourd’hui, al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) compterait aujourd’hui moins de 1 000 membres, acculés par l’armée dans les maquis de Kabylie et le sud, selon le Centre national américain de lutte contre le terrorisme. 16:38 À Alger, le pape appelle les autorités à promouvoir une société civile «libre» Par Adam Arroudj, à Alger Au premier jour de sa visite en Algérie, le pape a exhorté lundi les autorités à «ne pas craindre» la participation populaire à la vie politique et économique et à promouvoir «une société civile vivante, dynamique et libre». «La véritable force d’un pays réside dans la coopération de tout le monde à la réalisation du bien commun. Les autorités sont appelées non pas à dominer, mais à servir le peuple et son développement», a-t-il dit dans un discours prononcé en anglais devant un parterre de responsables, dont le président Abdelmadjid Tebboune. «J’exhorte donc ceux d’entre vous qui détiennent l’autorité dans ce pays à ne pas craindre cette perspective (de participation populaire, NDLR) et à promouvoir une société civile vivante, dynamique et libre, dans laquelle on reconnaît en particulier aux jeunes la capacité de contribuer à élargir l’horizon de l’espérance pour tous», a dit Léon XIV. Depuis l’élan du mouvement prodémocratie Hirak en 2019, qui réclamait des réformes profondes et plus de transparence, les autorités algériennes ont repris le contrôle de l’espace public, dénoncent des ONG de défense des droits humains. Le pays, où l’islam sunnite est religion d’État, reste traversé par des attentes fortes, notamment chez les jeunes, confrontés à un sentiment de manque de perspectives. 15:14 L’éditorial d’Étienne de Montety : « Pape en Algérie, le message de saint Augustin » Pour son voyage en Algérie, le premier d’un pape, quel pays Léon XIV va-t-il trouver ? La trace chrétienne y est encore très visible. Depuis saint Augustin, évêque d’Hippone (Annaba), qu’il vient honorer, jusqu’à feu Mgr Claverie, évêque d’Oran, l’un des martyrs de la décennie noire. D’ailleurs, à Bab el-Oued, le souverain pontife visitera des religieuses augustines dont deux sœurs figurent parmi les victimes du fanatisme des années 1990, béatifiées en 2018. Officiellement, l’Algérie a inscrit la liberté religieuse dans sa Constitution, mais, dans les faits, les entraves sont innombrables, parfois graves : les chrétiens évangéliques voient leurs églises fermées, des responsables emprisonnés pour « prosélytisme ». La situation de l’Église catholique y est plus facile. Mais, comme sur toute terre musulmane, il ne fait pas bon pour un croyant choisir une autre rive, celle du Christ. Surtout alors que le pays est traversé par un phénomène inédit : des milliers de migrants arrivent du Sud, poussés par le chaos au Sahel. Leur présence agace les autorités et bouscule la société. Parmi eux, beaucoup de catholiques, qui offrent à la communauté locale un regain inattendu. À lire aussi L’éditorial d’Étienne de Montety : « Pape en Algérie, le message de saint Augustin » 14:41 «Au lieu de multiplier les malentendus»: le pape appelle l’Algérie à «contribuer à imaginer une plus grande justice entre les peuples» «Les expériences difficiles que vous avez traversées au cours de l’histoire confèrent à votre pays une perspective importante sur l’équilibre mondial des pouvoirs», a estimé le pape Léon XIV lors de son discours à Alger. «Vous pouvez contribuer à imaginer et à instaurer une plus grande justice entre les peuples en respectant la dignité de chacun et en vous laissant toucher par la douleur des autres», a-t-il déclaré. «Au lieu de multiplier les malentendus et les conflits, vous pouvez devenir les acteurs d’un nouveau chapitre de l’histoire, a jugé le souverain pontife. Aujourd’hui, cela est plus urgent que jamais face aux violations continues du droit internationales et aux tendances néocoloniales.» 14:30 Léon XIV salue le «profond sens religieux du peuple algérien» «Je suis parmi vous comme un pèlerin de paix, désireux de rencontrer le noble peuple algérien», a affirmé le pape Léon XIV au début de son allocution. «Le profond sens religieux du peuple algérien favorise une culture de la rencontre dont ma visite se veut également un signe important», a-t-il salué. À lire aussi Le pape Léon XIV appelle les Algériens au «pardon» pour les guerres passées 14:17 Le président algérien souhaite la bienvenue au pape Léon XIV en Algérie, «terre généreuse qui a donné naissance à Saint Augustin» «Votre présence parmi nous constitue un jalon historique majeur», a déclaré le président algérien devant le pape ce lundi. «Il s’agit de la première visite de ce genre en Algérie depuis son indépendance», a-t-il souligné. «Soyez le bienvenu, votre Sainteté, sur cette terre généreuse qui a donné naissance à Saint Augustin», a ajouté Abdelmadjid Tebboune. 13:10 Visite papale en Algérie : de fortes attentes autour de Christophe Gleizes Par Adam Arroudj, à Alger «Oui, je suis au courant de ce dossier.» Interpellé au sujet du cas de Christophe Gleizes dans l’avion vers Alger, par un journaliste de Paris Match, Arthur Herlin, qui lui a remis une lettre «de la part de sa rédaction», le pape Léon XIV ne s’est pas engagé davantage sur le sujet. Le journaliste sportif français de 36 ans spécialisé dans le football africain, a été condamné par la justice algérienne à sept ans de prison ferme pour «apologie du terrorisme», une peine confirmée en appel en décembre. Il avait été arrêté au printemps 2024 en Kabylie, où il couvrait l’histoire de la JSK et enquêtait sur la mort du footballeur camerounais Albert Ebossé. Dans une discussion avec le père Michel, publiée au Figaro hier, Boualem Sansal a dit espérer que la visite soit «positive pour Christophe Gleizes, qui est en train de croupir en prison sans aucune raison». Le sujet irrite les autorités algériennes. La semaine dernière, les médias algériens s’étaient agacés de la visite d’Emmanuel Macron au Vatican. El Moudjahid et El Watan se sont interrogés sur les intentions du président français, soupçonné de vouloir «influer indirectement» sur le dossier Gleizes via le souverain pontife. À Paris, on assurait que cette rencontre était inscrite à l’agenda «de longue date», sans lien avec le calendrier algérien. Philippine de Saint-Pierre, directrice générale de KTO, a commenté ce matin sur KTO : «Il ne s’agit pas pour l’Église catholique de porter un regard sous le prisme des relations franco-algériennes. Il s’agit d’une visite du successeur de Pierre à cette petite communauté catholique, moins de 10 000 personnes, et à l’ensemble du peuple algérien.» Le cardinal Vesco, qui a rendu visite hier à Christophe Gleizes en prison s’est expliqué dans un entretien paru ce lundi matin dans Le Point. Ses propos – il avait qualifié Gleizes d’«anti-Sansal» sur une chaîne algérienne – avaient suscité une polémique en France. Il voulait souligner que Gleizes, contrairement à l’écrivain franco-algérien, n’était pas «en guerre» contre le régime. «J’ai senti chez certains la tentation de régler des comptes à travers Christophe, ce que je déplore», a ajouté celui qui est aussi archevêque d’Alger. Sylvie Godard, la mère de Christophe Gleizes, a transmis en décembre une demande de grâce au président algérien. Elle a déclaré hier sur France 2 : «Le pape ne va pas défendre le dossier individuel, mais il va délivrer un message de paix. C’est dans ce cadre-là qu’on peut espérer que peut-être le président Tebboune pourra entendre le message universel d’humanité du pape.» Le journaliste a formé un pourvoi en cassation contre sa condamnation pour obtenir un nouveau procès. À lire aussi « Que les footballeurs prennent la parole ! » : Christophe Gleizes, héros malgré lui d’un Bataclan festif et déterminé 13:06 La France, l’Algérie, le pape, l’islam et saint Augustin : le grand débat entre Boualem Sansal et le père Michel LE FIGARO. - Quelle signification peut prendre la visite de Léon XIV, pape augustinien, en Algérie, dans le pays de saint Augustin, aujourd’hui terre d’islam ? Boualem SANSAL. - Cette visite aura une dimension politique. Cela sera une visite difficile pour le pape : des chrétiens, des évangéliques, des protestants sont persécutés en Algérie et il va falloir commencer par là. Il va entamer des discussions qui seront déjà balisées et fermées. On me dit que ses discours seront en langue anglaise. C’est dommage. En Algérie, on parle arabe ou français. Sinon, le pape doit faire ses discours en latin ! Le problème est que l’Église algérienne n’a aucun degré de liberté ni de marge de manœuvre. Cette visite a toutefois une forte dimension symbolique, et j’espère qu’elle sera positive pour Christophe Gleizes, qui est en train de croupir en prison sans aucune raison. Père MICHEL. - En visitant Hippone, le pape ne visitera pas l’Algérie telle que le régime en place voudrait la décrire, mais une terre profondément romaine. L’Hippone de saint Augustin, c’est Rome sous le soleil, c’est le forum, le cirque, le théâtre, la grande civilisation de la Rome antique. L’Algérie du temps de saint Augustin, c’est la Côte d’Azur de l’Empire. Je crois que l’objectif du pape n’est absolument pas diplomatique. Il ne va pas négocier avec le pouvoir, il se rend en pèlerinage sur les traces de saint Augustin. Cela est manifeste dans son programme. Je pense qu’il veut délivrer un message à l’Église et au monde, car il est persuadé que nous vivons un temps similaire à celui de saint Augustin, c’est-à-dire la fin d’un monde, la fin d’une civilisation. Or Augustin nous donne les clés pour accoucher de la suite. À lire aussi La France, l’Algérie, le pape, l’islam et saint Augustin : le grand débat entre Boualem Sansal et le père Michel 12:21 Le pape appelle au «pardon» devant le «monument aux martyrs» de la guerre d’indépendance Dès son arrivée en Algérie lundi pour une visite historique, le pape a appelé au «pardon» devant le «monument aux martyrs» d’Alger, où sont honorés les morts de la guerre d’indépendance contre la France (1954-1962). Par un temps pluvieux, Léon XIV, visiblement ému, a déposé une gerbe de roses blanches devant le monument avant de s’y recueillir en silence quelques instants. «En ce lieu, rappelons-nous que Dieu souhaite la paix pour toutes les nations», a-t-il déclaré en anglais, estimant que la «paix qui permet d’envisager l’avenir avec un esprit réconcilié n’est possible que par le pardon». Tout en se disant conscient qu’il est «difficile de pardonner», le souverain pontife a estimé que «la véritable lutte pour la libération ne sera définitivement gagnée que lorsque la paix des cœurs aura été conquise». Il a appelé à ne «pas ajouter du ressentiment au ressentiment, de génération en génération», «alors que les conflits continuent de se multiplier partout dans le monde». Léon XIV. Guglielmo Mangiapane / REUTERS 12:16 Pourquoi Léon XIV a accepté de visiter l’Algérie C’est presque un secret de conclave. Sitôt élu, le 8 mai 2025, Léon XIV est félicité par les cardinaux avant de se présenter au monde sur la loggia de la basilique Saint-Pierre. L’un d’eux n’est autre que le cardinal Jean-Paul Vesco, archevêque d’Alger, religieux dominicain de 64 ans d’origine française. Très ému par l’événement, il est aussi touché par un détail : la date de l’élection. De sinistre mémoire, ce « 8 mai » marquait le début de la série noire des attentats de religieux catholiques en Algérie. Ce jour de l’année 1994, le frère mariste Henri Vergès et la sœur Paul‑Hélène Saint‑Raymond étaient les premiers à être assassinés dans le centre culturel de la paroisse de Notre-Dame-d’Afrique, à Alger. S’en sont suivis dix-sept autres assassinats, dont celui des moines de Tibhirine et de deux religieuses espagnoles augustines. Des drames en partie responsables de la décision de Léon XIV d’accepter un voyage en Algérie. L’une s’appelait Sœur Esther Paniagua Alonso, l’autre Sœur Caridad Alvarez Martin. Elles furent abattues par des tirs en pleine tête et au cou, alors qu’elles se rendaient à la messe, le dimanche 23 octobre 1994, à Bab el-Oued, un quartier populaire d’Alger. Ces dix-neuf religieux et religieuses furent ensuite béatifiés à Oran, le 8 décembre 2018. Ce sont les « 19 martyrs d’Algérie ». Cela signifie que l’Église considère qu’ils ont été assassinés « en haine de la foi catholique ». À lire aussi Pourquoi Léon XIV a accepté de visiter l’Algérie 11:58 L’ambassadeur français n’était pas présent pour accueillir le pape Par Adam Arroudj, à Alger Lors de la cérémonie d’accueil, les ambassadeurs accrédités en Algérie sont venus saluer le pape et le président Tebboune. Parmi eux, pas d’ambassadeur de France. Stéphane Romatet a été rappelé par Paris en avril 2025, après qu’Alger a expulsé douze agents français du ministère de l’Intérieur. Le chargé d’affaires a en revanche été convié à la Grande Mosquée d’Alger, où est attendu le pape dans l’après-midi. 11:52 Les séparatistes camerounais déclarent un cessez-le-feu de trois jours pour la visite du pape Une alliance séparatiste des régions anglophones du Cameroun a déclaré qu’elle respecterait un «corridor de sécurité» de trois jours plus tard cette semaine afin de permettre aux civils et aux visiteurs de se déplacer librement pendant la visite du pape Léon. Le pape est parti lundi pour une tournée dans quatre pays africains – l’Algérie, le Cameroun, l’Angola et la Guinée équatoriale – dans le but d’exhorter les dirigeants mondiaux à relever les défis du continent. L’Afrique abrite plus d’un cinquième des catholiques du monde. Un conflit latent entre les milices sécessionnistes et les troupes gouvernementales a fait des milliers de morts dans l’ouest anglophone du Cameroun depuis 2017. L’alliance, qui affirme regrouper le Conseil de gouvernement de l’Ambazonie (AGovC), les prisonniers d’opinion ambazoniens et plusieurs mouvements séparatistes, a déclaré que cet accord serait en vigueur du 15 au 17 avril sur ce qu’elle décrit comme le territoire ambazonien. Le pape est attendu dans la ville anglophone de Bamenda le 16 avril dans le cadre de sa tournée éclair de 10 jours. Dans un communiqué transmis à Reuters, le groupe a déclaré que ses forces avaient reçu pour instruction d’assurer un environnement sûr pour les civils, les pèlerins, les dignitaires en visite, le Saint-Père et son entourage. L’alliance a qualifié cette initiative de mesure humanitaire et de sécurité visant à protéger la vie des civils et à permettre à la population de participer à la visite sans crainte, soulignant que le voyage papal était de nature spirituelle. «Cette décision reflète un engagement délibéré en faveur de la responsabilité, de la retenue et du respect de la dignité humaine, même dans le contexte d’un conflit en cours», a déclaré Lucas Asu, porte-parole de l’AGovC, qui dirige l’une des plus grandes milices de l’ouest du Cameroun — les Forces de défense de l’Ambazonie. À lire aussi Cameroun : l'«Ambazonie» anglophone s'enfonce dans la guerre 11:41 Les images historiques de la poignée de main entre Léon XIV et le président Abdelmadjid Tebboune Léon XIV est arrivé ce lundi 13 avril en Algérie pour une visite de deux jours hautement symbolique, la première d’un pape dans ce pays à majorité musulmane, terre natale de Saint Augustin. Un grand penseur chrétien du IVe siècle dont l’héritage spirituel irrigue son pontificat. Le pape américain est arrivé peu avant 10h locales (9h GMT) à l’aéroport d’Alger. Il a été accueilli par le président algérien Abdelmadjid Tebboune et a reçu plusieurs cadeaux et un bouquet de fleurs. Le souverain pontife doit rendre hommage aux victimes algériennes de la guerre d’indépendance contre la France (1954-1962). 11:17 En Algérie, la discrétion comme condition de la foi chrétienne « Comme moi, mes amis musulmans sont fiers de la visite du pape ! » Simon, 21 ans, est ivoirien. Cet étudiant est installé dans une cité U depuis deux ans. Comme ses comparses Ilyan et Adnane, il aime traîner aux abords de la basilique Notre-Dame-d’Afrique, sur les hauteurs de Bologhine. « Nous vivons à côté de nos voisins chrétiens dans la communion, assure Ilyan. Ils aident les plus démunis, organisent des cours de soutien pour les écoliers d’ici et de Bab el-Oued, des ateliers de couture… » Ce n’est pas Jean-Paul Vesco qui dirait le contraire. L’archevêque d’Alger, également cardinal, vit en Algérie depuis près de vingt ans et a été naturalisé algérien en 2023. « C’est une Église qui est vraiment au service de la société algérienne », assure celui dont le diocèse accueille un peu plus de trente communautés chrétiennes. À lire aussi En Algérie, la discrétion comme condition de la foi chrétienne Le pape assure de son «vif désir» de «rencontrer les frères dans la foi» Par Adam Arroudj, à Alger Dans le télégramme envoyé en vol au président de la République italienne, Sergio Mattarella, le Pape adresse ses salutations et assure de ses prières «pour le bien et la prospérité de tout le peuple italien». Il évoque également son voyage dans les quatre pays qu’il visitera, accompli dans le «vif désir de rencontrer les frères dans la foi et les habitants de ces chères nations». 11:02 En Algérie, la presse salue le pape et règle ses comptes avec Paris Par Adam Arroudj, à Alger La une des journaux algériens est ce lundi dominée par l’arrivée du souverain pontife. Entre fierté nationale et attaques contre la France, la presse se mobilise à l’unisson. Le quotidien gouvernemental El Moudjahid donne le ton avec un titre en forme de proclamation : «La planète braquée sur l’Algérie». Dans ses colonnes, le média se félicite : «La présence du chef de l’Église catholique sur le sol algérien vient consacrer cette stature d’une extrêmement importance, surtout dans le contexte actuel où le monde, secoué par des tensions, des conflits et des guerres, cherche plus que jamais des repères, des médiateurs et des voix capables de rassembler. Elle vient aussi souligner que la diplomatie algérienne ne se réduit pas aux déclarations d’intention, mais s’inscrit dans une vision cohérente des relations internationales fondée sur la stabilité, le respect mutuel et la recherche de solutions politiques durables.» Une d’El Moujahid. Le Figaro /DR. «Cette visite comporte aussi une dimension défensive, car elle intervient alors que l’Algérie fait face à des critiques occidentales inhabituelles concernant ses libertés religieuses, notamment la fermeture des églises non autorisées et l’interdiction du prosélytisme, peut-on lire dans le quotidien arabophone El Khabar. La visite du pape constitue donc une justification implicite de la part de la plus haute autorité religieuse chrétienne. Tandis que Washington persiste à placer l’Algérie sur sa ‘’liste de surveillance spéciale’’, le pape foule le sol algérien pour affirmer qu’un dialogue est possible et que les relations avec l’État algérien reposent sur le respect. Cette contradiction entre la position inflexible de l’Occident et le pragmatisme du Vatican révèle un double discours et l’instrumentalisation de la question des ‘’minorités’’ à des fins de pression politique.» La dimension symbolique est également relevée par le président du Haut Conseil islamique (HCI), Mabrouk Zaid el Kheir, cité par l’agence officielle APS : «L’Algérie, en accueillant le souverain pontife, se remémore sa longue histoire marquée par la succession des différentes civilisations, ainsi que son héritage humain prônant la coexistence, la tolérance et la défense des valeurs de paix, ce qui a fait d’elle un pont de communication à travers l’histoire et une voix engagée en faveur des opprimés.» Une du soir d’Algérie. Le Figaro /DR. Pour plusieurs médias, l’événement offre surtout une occasion d’attaquer la France. El Watan, ex-quotidien indépendant, vise directement la presse française : «L’Express de jeudi a déversé son fiel sur l’Algérie. Que dire alors de Robert Ménard qui devrait plutôt se taire, lui dont le père a massacré les Algériens durant la Guerre de Libération. Peut-on oublier ses méfaits alors qu’il présidait Reporters sans frontières, voulant à tout prix légitimer, à son tour, les massacres commis par les terroristes islamistes durant la décennie noire ?» Le Soir d’Algérie consacre un article à ce qu’ils appellent «Les délires de la presse française, estimant que la venue du pape ravive les rancœurs de l’autre côté de la Méditerranée». Le site TSA ajoute, de concert : «En France, l’algérophobie n’épargne même plus le Pape, écrit-il, avant d’ajouter que le déplacement du Saint-Père retire de facto la couverture religieuse au courant extrémiste français qui prétend mener son combat contre l’immigration, particulièrement musulmane et algérienne, au nom des ‘’racines chrétiennes’’ de la France». 10:58 Léon XIV dit ne pas avoir «l’intention d’entrer dans un débat» avec Trump Le pape Léon XIV a affirmé lundi ne pas avoir «l’intention d’entrer dans un débat» avec Donald Trump, en réponse aux critiques du président américain. Le pape en Algérie. Guglielmo Mangiapane / REUTERS «Je ne suis pas un politicien, je n’ai pas l’intention d’entrer dans un débat avec lui, le message est toujours le même : promouvoir la paix», a déclaré le pape américain aux journalistes à bord de l’avion l’amenant en Algérie. 10:57 Trump s’en prend au pape après son message antiguerre «Je ne suis pas un grand fan du pape Léon. C’est quelqu’un de très libéral, et c’est un homme qui ne croit pas à la lutte contre la criminalité», a déclaré Donald Trump aux journalistes à la base militaire d’Andrews, dans le Maryland. Il a accusé le souverain pontife de «faire joujou avec un pays qui souhaite se doter de l’arme nucléaire», en référence à l’Iran. Peu après, Donald Trump a publié un long message sur son réseau Truth Social, accusant pêle-mêle Léon XIV de soutenir le programme d’armement nucléaire iranien, de s’être opposé à l’opération militaire américaine au Venezuela en janvier et de rencontrer des sympathisants de l’ex-président démocrate Barack Obama, entre autres. «Je ne veux pas d’un pape qui critique le président des Etats-Unis, car je fais exactement ce pour quoi j’ai été élu, DE FACON ECRASANTE, à savoir faire baisser la criminalité à des niveaux historiquement bas et créer le plus grand marché boursier de l’histoire», a écrit le président républicain. Donald Trump a accompagné son message d’une image générée par intelligence artificielle dans lequel on le voit, en toge blanche et rouge, apposer sa main sur le front d’un malade sur un lit d’hôpital, entouré de personnes en prière, et sur fond de drapeau américain, de Statue de la Liberté, d’avions de chasse, d’aigles et d’autres figures dans le ciel. Dans l’une de ses plus virulentes critiques des conflits qui embrasent la planète, notamment au Moyen-Orient, Léon XIV avait déclaré samedi que la foi était nécessaire «pour affronter ensemble ce moment dramatique de l’Histoire». «Assez de l’idolâtrie du moi et de l’argent! Assez des démonstrations de force! Assez de guerre! La véritable force se manifeste en servant la vie», avait lancé le pape américain lors d’une veillée de prière pour la paix à la basilique Saint-Pierre de Rome. «Chers frères et sœurs, il existe certainement des responsabilités impératives qui incombent aux dirigeants des nations. Vers eux nous nous écrions: arrêtez! Il est temps de faire la paix! Asseyez-vous à la table du dialogue et de la médiation, et non à la table où se planifie le réarmement et où se décident des actions meurtrières!», avait-il également lancé. À lire aussi Pourquoi Léon XIV a accepté de visiter l’Algérie 10:55 Le programme de la visite pontificale Attendu à 10H00 (09H00 GMT) à Alger, Léon XIV sera accueilli avec les honneurs. Aussitôt arrivé, il rendra hommage, devant le «monument des martyrs», aux victimes de la guerre d’indépendance contre la France (1954-62), un geste de reconnaissance de la douloureuse histoire nationale. Dans la foulée, il sera reçu par le président Abdelmadjid Tebboune et prononcera un premier discours devant les autorités et le corps diplomatique. L’après-midi, il visitera la Grande Mosquée, complexe monumental au plus haut minaret du monde (267m), avant de se rendre à la basilique Notre-Dame d’Afrique, site chrétien emblématique du pays qui surplombe la baie d’Alger. Au cours d’une célébration à dimension interreligieuse mêlant chrétiens et musulmans, le chef des 1,4 milliard de catholiques y lancera un appel à la fraternité dans le pays où les catholiques représentent moins de 0,01 % de la population. 10:53 Léon XIV est arrivé en Algérie pour une visite historique, la première d’un pape dans le pays Léon XIV est arrivé lundi matin en Algérie pour une visite de deux jours hautement symbolique, la première d’un pape dans ce pays à majorité musulmane, terre natale de Saint Augustin, a constaté l’AFP à bord de l’avion papal. Le pape américain est arrivé peu avant 10H00 locales (09H00 GMT) à l’aéroport d’Alger et doit rendre hommage aux victimes algériennes de la guerre d’indépendance contre la France (1954-1962). 10:52 Une visite historique sur la terre de saint Augustin Le pape Léon XIV salue en montant à bord de l’avion pontifical avant son premier voyage apostolique en Algérie. Remo Casilli / REUTERS Le pape Léon XIV est parti lundi matin pour un voyage historique en Algérie, marquant le début d’une tournée de onze jours en Afrique, premier voyage international de son pontificat mais qui risque d’être éclipsé par les critiques du président américain Donald Trump. Première étape d’une grande tournée dans quatre pays d’Afrique, le pape américain se rend en Algérie pendant deux jours «pour continuer à construire des ponts entre le monde chrétien et le monde musulman », a déclaré à l’AFP l’archevêque d’Alger, le cardinal Jean-Paul Vesco. Ce déplacement revêt aussi une forte dimension personnelle pour le pape américain: il marchera dans les pas de saint Augustin, grand penseur chrétien du IVe siècle dont l’héritage spirituel irrigue son pontificat. À lire aussi La visite historique du pape Léon en Algérie, au chevet d’une communauté catholique discriminée 10:52 Bonjour et bienvenue dans ce direct Bonjour et bienvenue dans ce direct consacré à la visite du pape en Algérie, première étape de sa tournée africaine de onze jours. À retenir - Le pape Léon XIV est parti lundi matin pour un voyage historique en Algérie, marquant le début d’une tournée de onze jours en Afrique, premier voyage international de son pontificat mais qui risque d’être éclipsé par les critiques du président américain Donald Trump.- Première étape d’une grande tournée dans quatre pays d’Afrique, le pape américain se rend en Algérie pendant deux jours «pour continuer à construire des ponts entre le monde chrétien et le monde musulman», a déclaré à l’AFP l’archevêque d’Alger, le cardinal Jean-Paul Vesco.- Ce déplacement revêt aussi une forte dimension personnelle pour le pape américain : il marchera dans les pas de Saint Augustin, grand penseur chrétien du IVe siècle dont l’héritage spirituel irrigue son pontificat.- Au premier jour de sa visite, le pape a exhorté les autorités à «ne pas craindre» la participation populaire à la vie politique et économique et à promouvoir «une société civile vivante, dynamique et libre».- Une double tentative d’attentat a eu lieu en début d’après-midi à Blida, à une cinquantaine de kilomètres d’Alger, en marge de la visite papale. Deux kamikazes auraient été tués par les forces de l’ordre.