La première grande tournée internationale du souverain pontife a débuté lundi avec une première étape en Algérie. Suivront le Cameroun, l'
Angola et la Guinée équatoriale, où le pape entend notamment prôner un message de paix et de réconciliation. Le pape Léon XIV devant le mémorial du Martyr, à Alger (Algérie), le 13 avril 2026. (ANDREW MEDICHINI / AP /SIPA) Une tournée historique de onze jours. Le pape Léon XIV s'est envolé, lundi 13 avril, vers le continent africain. Des coups de canon ont été tirés à sa sortie de l'avion, en Algérie. La première grande tournée internationale du pape de 70 ans le conduira ensuite au Cameroun, en
Angola et en Guinée équatoriale.Au programme : 18 000 km parcourus, 11 discours et sept messes. Autant d'occasions de prôner un message de paix et de mettre en œuvre le "soft power" cher à
Robert Francis Prevost, dans un continent dont l'importance ne cesse de croître pour l'Eglise catholique. Franceinfo résume les enjeux de ce voyage.Prôner la fraternité et le dialogue interreligieux en AlgérieArrivé lundi matin en Algérie, le pape effectue la première visite d’un chef de l'Eglise catholique dans ce pays de 47 millions d’habitants, où l'islam sunnite est religion d'Etat. Il s'agit "d'une visite de fraternité. (…) Il vient d'abord rencontrer un peuple", a déclaré au Point l'archevêque d'Alger, le cardinal français
Jean-Paul Vesco."Les chrétiens [étant] très minoritaires, iI n'y aura pas de grande messe, pas de papamobile", a précisé le cardinal. Juste après avoir atterri, Léon XIV s'est rendu devant le monument des martyrs, aux victimes de la guerre d'indépendance contre la
France (1954-62), un geste de reconnaissance de la douloureuse histoire nationale. Il a été ensuite reçu par le président de l'Algérie,
Abdelmadjid Tebboune."Le pape vient en frère au milieu d'un peuple qui est majoritairement musulman."
Jean-Paul Vesco, cardinal et archevêque d'Algerau "Point"Le cas du journaliste français Christophe Gleizes, incarcéré depuis 2025, a-t-il été abordé lors de cet entretien ? "Je ne sais pas", avait répondu au Point, avant cette rencontre,
Jean-Paul Vesco, qui rend régulièrement visite au prisonnier. "On peut espérer que peut-être le président [Abdelmadjid] Tebboune pourra entendre le message universel d'humanité du pape", estimait il y a quelques jours Sylvie Godard, la mère du reporter.En décembre, le pape américain avait confié vouloir se rendre en Algérie pour "poursuivre le dialogue et tisser des liens entre les mondes chrétien et musulman". Il doit ainsi se rendre à la grande mosquée d'Alger, puis se recueillir, en privé, dans la chapelle des 19 "martyrs d'Algérie", des prêtres et religieuses assassinés pendant la décennie de guerre civile (1992-2002), symbole du prix payé par les religieux engagés dans de telles discussions avec l'islam. En revanche, Léon XIV ne se rendra pas au monastère de Tibhirine, dont les moines ont été enlevés et assassinés en 1996.Ce déplacement revêt par ailleurs une dimension personnelle pour le chef de l'Eglise catholique : il marche ainsi dans les pas de saint Augustin, grand penseur chrétien du IVe siècle originaire de l'actuelle région algérienne de Souk Ahras, dont l'héritage spirituel irrigue le pontificat de Léon XIV. Ce dernier doit se rendre mardi à Annaba, près de la frontière tunisienne, l'antique Hippone dont saint Augustin a été l'évêque.Placer la guerre au Moyen-Orient au cœur du message papalCette visite en Algérie s'inscrit dans un contexte international tendu par la guerre au Moyen-Orient. "Il s'agira de s'adresser au monde islamique, mais aussi d'affronter un défi commun de coexistence", avait déclaré jeudi le directeur du service de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni."Le pape est le seul leader actuel qui appelle à la paix et à l'arrêt des combats sans condition partout dans le monde", souligne pour sa part le cardinal
Jean-Paul Vesco dans Le Point. Lors d'une veillée de prière pour la paix à la basilique Saint-Pierre de Rome, le souverain pontife s'est livré samedi à l'une de ses plus virulentes critiques des conflits qui embrasent le monde, déclenchant la colère de Donald Trump. "Le pape Léon est faible face à la criminalité et catastrophique en matière de politique étrangère", a écrit le président américain dimanche sur Truth Social. "Je ne veux pas d'un pape qui critique le président des Etats-Unis", a-t-il ajouté, bien que le pape ne l'ait pas cité."Je ne suis pas un politicien, je n'ai pas l'intention d'entrer dans un débat avec lui", a déclaré le pape américain aux journalistes à bord de l'avion l'amenant en Algérie. A ses yeux, "le message est toujours le même : promouvoir la paix".La réconciliation au cœur d'une visite critiquée au CamerounAprès l'Algérie, Léon XIV est attendu au Cameroun, de mercredi à samedi. Dès les premières rumeurs de cette visite dans le pays laïc et multiconfessionnel à majorité chrétienne, des catholiques ont exprimé leur crainte que cette visite permette au président Paul Biya de redorer son blason. Ces derniers mois ont en effet été marqués par la répression meurtrière des manifestations ayant suivi la réélection contestée du chef d'Etat de 93 ans.Le dirigeant, qui doit rencontrer le pape mercredi, entend lui-même saisir cette opportunité. Il apparaît déjà côte à côte avec lui sur des affiches qui ont fleuri ces derniers jours dans les grandes villes du pays. "Léon XIV refuse les invitations de [Donald] Trump à cause de sa politique mais accepte celle de [Paul] Biya… qui tue pour rester au pouvoir", avait ainsi écrit l'influent prêtre Ludovic Lado sur Facebook en février. Sollicité par l'AFP, il a expliqué avoir reçu l'ordre de ne plus s'exprimer sur le sujet.D'autres prélats préfèrent soutenir cette visite, souhaitant s'en servir pour mettre en lumière les actions du pouvoir en place. "C'est l'occasion pour nous de montrer, en recevant le pape, que nous sommes capables de transformer notre pays", a déclaré jeudi devant la presse Samuel Kleda, l'archevêque de Douala, l'une des voix les plus critiques de Paul Biya au sein du clergé.Le pape entend également prôner un appel à la réconciliation, alors que le nord-ouest anglophone du Cameroun est déchiré depuis près d'une décennie par un conflit armé opposant forces gouvernementales et groupes séparatistes. L'étape la plus symbolique de la visite du pape au Cameroun doit avoir lieu jeudi lors d'un déplacement sous haute sécurité à Bamenda, où les violences ont fait des milliers de morts.La gestion des ressources et les inégalités sociales au menu en AngolaLa visite en
Angola, de samedi à mardi, doit mettre en lumière les thématiques sociales chères à Léon XIV dans un pays riche en pétrole et en minerais, mais marqué par de profondes inégalités. Dans cette ex-colonie portugaise, où 44% de la population se dit catholique, un tiers de la population vit sous le seuil international de pauvreté.Le pape se rendra dans la capitale Luanda, sur les rives de l'océan Atlantique, symbole des contrastes où se côtoient quartiers huppés et vastes bidonvilles, et au sanctuaire marial de Muxima, principal lieu de pèlerinage national, ainsi qu'à Saurimo, dans l'est du pays.Interrogé par Vatican News, portail officiel du Saint-Siège, l'évêque angolais Vicente Sanombo considère par ailleurs que la venue de Léon XIV va constituer une étape importante dans le renforcement de l'unité nationale et la réconciliation. Le pays reste marqué par les ravages de la guerre civile, qui a pris fin en 2002.S'adresser au Sud global, nouveau pilier du catholicismePour la dernière étape, Léon XIV doit se rendre en Guinée équatoriale, du 21 au 23 avril. Il marche ainsi sur les traces de Jean-Paul II, seul pape à avoir foulé le sol de ce petit pays d'Afrique centrale dirigé depuis 1979 par l'autoritaire Teodoro Obiang Nguema. Le pape devra, comme au Cameroun, tenir un équilibre délicat : soutenir les fidèles sans pour autant être perçu comme un soutien du régime.Surtout, Léon XIV choisit de se rendre "dans l'un des pays les plus catholiques d'Afrique, avec environ 80% de la population" se reconnaissant dans cette religion, souligne auprès de Vatican News le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d'Etat du Saint-Siège. Louant plus largement "un continent jeune, riche de foi et de vitalité", il assure que "l'Eglise entend continuer à accompagner avec dévouement et espérance" les populations.L'ensemble de cette tournée "consacre le déplacement du centre de gravité du catholicisme vers le Sud global, et en particulier vers l'Afrique", résume pour RFI François Mabille, directeur de l'Observatoire géopolitique du religieux au sein de l'Iris (Institut de relations internationales et stratégiques). "L'Afrique constitue un espace privilégié d'expression pour la diplomatie du Saint-Siège", ajoute-t-il.Selon les statistiques publiées dans un rapport de l'agence d'information vaticane Fides, cité par Vatican News, l'Afrique est le continent sur lequel la hausse du nombre de catholiques était la plus importante, en 2023, avec plus de 8,3 millions supplémentaires. Il devance largement l'Amérique (+5,6 millions) et l'Asie (+954 000). Bagarre entre un prof et des lycéens, ce que l’on sait Rebecca, travailleuse du sexe à Toulouse, témoigne de la difficulté à exercer son activité Le géopolitologue Bruno Tertrais commente les allégations de "troubles mentaux significatifs" chez Donald Trump Il court le marathon de Paris avec sa fille en poussette et termine en 3h02 Il court le marathon de Paris en hommage à son frère décédé d'un cancer "Je ne suis pas un grand fan du pape", Donald Trump s'en prend au pape Léon XIV L'intense émotion de Pauline Ferrand-Prévôt, qui a couru Paris-Roubaix pour sa coéquipière Marianne Vos, dont le père est décédé Peter Magyar remporte les législatives en Hongrie et fait chuter Viktor Orban Gauvain Sers : "Monsieur le président, seriez-vous dur d'oreille ?" Recyclage : le coût exorbitant du protoxyde d’azote Ces enfants incarnent Simba et Nala dans la comédie musicale du "Roi Lion" Échec des négociations : nouvelles menaces sur le détroit d'Ormuz Fatigue, ravito, pancartes... On a assisté au Marathon de Paris 2026 Combien de temps faut-il rester sur les toilettes ? Guerre au Moyen-Orient : échec des négociations entre l'Iran et les Etats-Unis Concerts de Céline Dion : pourquoi ces tarifs exorbitants ? Guerre au Moyen-Orient : échec des négociations entre l'Iran et les Etats-Unis Guerre au Moyen-Orient : l'impact sur le tourisme au Vietnam Prudence, les chenilles processionnaires sont de retour ! UBB-Toulouse, les impressionnants chiffres d'un choc de titans en quarts de Champions Cup Pourquoi Tadej Pogacar peut remporter Paris-Roubaix Zaho : "Enfant, je ne voulais pas devenir une adulte aigrie" Grêle à Marrakech : la ville rouge recouverte de blanc Etats-Unis-Iran : bras de fer dans le détroit d'Ormuz "Rends-toi" : le beau-frère de Xavier Dupont de Ligonnès sort du silence,15 ans après le drame