Le Premier ministre canadien
Mark Carney consolide son pouvoir. Près d'un an après leur victoire électorale, les libéraux ont remporté, lundi 13 avril 2026, trois élections partielles qui font basculer leur gouvernement - de minoritaire à majoritaire - à la
Chambre des communes. Une dynamique portée par une popularité en hausse ces derniers mois :
Mark Carney a réussi à s'imposer comme une figure de stabilité face aux pressions venues des États-Unis. Publié le : 14/04/2026 - 08:33 3 min Temps de lecture Le Premier ministre canadien
Mark Carney prononce un discours lors des célébrations du Vaisakhi et du Mois du patrimoine sikh au Musée canadien de la guerre à Ottawa, en Ontario, le 13 avril 2026. © AP/Spencer Colby Il ne manquait qu’un siège à pour contrôler la
Chambre des communes. Il en remporte finalement trois, s’offrant une majorité absolue au Parlement. À
Toronto, il conserve les bastions de deux anciens piliers libéraux partis vers des carrières internationales. Au
Québec, il reprend un siège dans la région de
Montréal, où le vote avait été annulé l’an dernier, indique notre correspondante à
Montréal,
Nafi Alibert.Avec les victoires de lundi, son gouvernement est en principe à l'abri jusqu'en 2029. Le dernier Premier ministre à disposer d'une majorité au Parlement avait été entre 2015 et 2019.« Nous sommes au milieu d'une transformation qui va redéfinir le pays pour les générations à venir », a lancé
Mark Carney pendant le week-end devant ses partisans, les appelant à mettre les « différences de moindre importance » de côté. « Des députés ont changé de camp pour rejoindre notre équipe. Ils comprennent l'importance de ce qui est en jeu. Ils ont la conviction qu'ensemble, nous pouvons mieux y arriver. »Mais cette majorité absolue,
Mark Carney ne l’a pas seulement gagnée dans les urnes. Il l’a surtout bâtie dans l’ombre, à coups de ralliements politiques. Depuis l’automne, cinq députés de l’opposition ont rallié ses rangs, préparant le terrain bien avant le vote.Depuis son élection,
Mark Carney a annoncé des augmentations massives des dépenses militaires, affirmant que le ne pouvait plus compter sur Washington pour sa sécurité. Il a aussi multiplié les voyages à l'étranger à la recherche de nouveaux accords commerciaux en Asie et en Europe.Il a donc désormais les mains libres mais surtout du temps pour mener ses grands chantiers : accords commerciaux, relance économique, souveraineté industrielle et défense… sans craindre d'être renversé par l'opposition avant la fin de son mandat en 2029.Le retour de Donald Trump au pouvoir a particulièrement ébranlé les Canadiens qui ont rapidement constaté les effets de sa politique. L'économie a ralenti en 2025, affectée par l'imposition de droits de douane américains sur des secteurs clés comme l'acier ou l'automobile. Sans basculer en récession, le pays a vu les suppressions d'emplois se multiplier dans les secteurs exposés et les embauches ralentir ailleurs - en mars, le chômage s'est établi à 6,7%.Mais
Mark Carney se retrouve aussi en première ligne face à des Canadiens dont le pouvoir d’achat continue de s’éroder. Plus de 40% des Canadiens disent ressentir une pression financière moyenne ou élevée, notamment en raison du coût de l'alimentation et de leur niveau d'endettement, selon un sondage Nanos publié début avril.