Après plus d'un mois de guerre, des négociations entre les deux pays s'ouvrent sous médiation américaine mardi, mais les perspectives d'accord semblent minces. Publié le 14/04/2026 10:28 Mis à jour le 14/04/2026 10:36 Des secouristes interviennent sur le site d'une frappe israélienne ayant visé un quartier du village de Kfar Roummane, dans le sud du Liban, le 13 avril 2026. (ABBAS FAKIH / AFP) Des discussions qui s'ouvrent dans un climat tendu. Des représentants libanais et israéliens doivent, mardi 14 avril, entamer à Washington des pourparlers directs sous l'égide du chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio. Depuis le 2 mars, les frappes israéliennes au Liban ont fait plus de 2 000 morts et déplacé plus d'un million de personnes. Mardi, l'armée israélienne a annoncé la mort d'un de ses soldats dans le sud du Liban, le 13e depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah. Voici ce que l'on sait de cette nouvelle séquence. Des discussions directes inédites depuis plus de trente ansLa rencontre doit se tenir au département d'Etat, en présence des ambassadeurs israélien et libanais à Washington, ainsi que de représentants américains. Il s'agit des premiers pourparlers directs de ce niveau entre les deux pays depuis 1993. Israël et le Liban sont en état de guerre depuis des décennies. En 1983, un accord avait été signé après l'invasion israélienne, mais il était resté lettre morte. Les tensions n'ont ensuite jamais réellement disparu, notamment le long de la frontière.Depuis qu'Israël a retiré ses troupes du Liban en 2000, plusieurs guerres l'ont opposé au Hezbollah, dont les combattants tentent aujourd'hui de repousser la progression de son armée dans le sud du pays. Après le 7-Octobre, et même après le cessez-le-feu de novembre 2024, les troupes israéliennes ont détruit une majeure partie des villages frontaliers. Un Liban divisé face à l'option diplomatiqueCôté libanais, ces discussions ne font pas l'unanimité. Le président Joseph Aoun espère conclure un cessez-le-feu permettant d'ouvrir la voie à des pourparlers plus larges. Mais le Hezbollah rejette fermement toute négociation avec Israël. Son chef, Naïm Qassem, a appelé lundi à l'"annulation" de ces discussions, les qualifiant de "soumission" et de "capitulation".La question d'un accord de paix avec Israël a longtemps été taboue pour une partie de la population libanaise dans ce pays divisé. Vendredi et samedi, des centaines de partisans du Hezbollah ont manifesté à Beyrouth, accusant le Premier ministre Nawaf Salam d'être un "sioniste".Israël pose ses conditionsDu côté israélien, la ligne est claire. Le gouvernement de Benyamin Nétanyahou conditionne toute avancée au désarmement du Hezbollah et à la conclusion d'un accord de paix durable. Les autorités israéliennes excluent, à ce stade, toute négociation de cessez-le-feu avec le mouvement chiite, accusé de viser des civils.Israël évoque également la mise en place d'une "zone de sécurité" dans le sud du Liban, où les forces israéliennes ont pénétré pour éliminer, selon elles, la menace que le Hezbollah représente pour les habitants du nord de l'Etat hébreu. Le désarmement du Hezbollah au cœur des discussionsLa question du Hezbollah constitue donc le principal point de blocage. Les Etats-Unis insistent eux aussi sur la nécessité de désarmer le mouvement pro-iranien, estimant que l'Etat libanais n'a pas été en mesure de le faire. L'objectif affiché est de permettre au Liban de rétablir son autorité sur l'ensemble de son territoire. Mais cette exigence se heurte au poids militaire et politique du Hezbollah, affaibli depuis le début des affrontements avec Israël le 2 mars, sans avoir disparu. "Ce dialogue entre Israël et le Liban (...) vise à désarmer l'organisation terroriste du Hezbollah, à la chasser du Liban et à établir des relations pacifiques entre nos deux pays", a déclaré lundi la porte-parole du gouvernement israélien, Shosh Bedrosian.Des négociations aux chances limitéesCes discussions interviennent dans un contexte régional chaotique, marqué par l'échec récent de négociations entre Washington et Téhéran le 10 mars et par une guerre qui a déjà fait plus de 2 000 morts au Liban. Les frappes israéliennes menées le "mercredi noir" du 8 avril ont à elles seules fait 357 morts, selon le ministère de la Santé libanais.Pour rappel, le ministre de la Défense israélien, Israel Katz, avait assuré, le 31 mars, qu'"à la fin de l'opération", son armée "contrôlera[it] la zone jusqu'au fleuve Litani, y compris les ponts restants", assumant une volonté d'occupation d'une partie du sud du Liban même après la guerre. Dans ce contexte, les attentes sont faibles. Des observateurs estiment que ces pourparlers visent davantage à contenir l'escalade plutôt qu'à aboutir rapidement à un accord durable. Jordan Bardella "assume" les photos de Paris Match Un maire et trois personnes en garde à vue, impliqués dans la mort d’une habitante Aux États-Unis, le proviseur d'un lycée neutralise un ex-élève Crans-Montana : les comptes des Moretti dans le viseur Le Fort Boyard retenu dans la nouvelle liste du Loto du patrimoine Cancer du pancréas : un nouvel espoir pour les malades ? 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