Environ 150 personnes se sont rassemblées mardi devant l'hôtel de
Ville, au moment où
Emmanuel Grégoire ouvrait le Conseil de
Paris extraordinaire pour défendre son plan de 20 millions d'euros à destination du secteur. Publié le 14/04/2026 17:09 Mis à jour le 14/04/2026 17:20 Plus d'une centaine d'agents du périscolaire se sont réunis devant la mairie de
Paris, le 14 avril 2026. (LUCIE BEAUGE / FRANCEINFO) "Protection des enfants, protection des agents, c'est tous ensemble qu'il faut lutter !" Positionnés rue Lobau, où se situe l'un des accès à l'hôtel de
Ville de
Paris, environ 150 directeurs et animateurs du périscolaire en grève se sont réunis, mardi 14 avril, pour dénoncer le climat de suspicion qui pèse sur leur profession, en plus de réclamer des moyens et une meilleure reconnaissance de leur travail. Cette entrée n'a pas été choisie au hasard par les syndicats : entre 8h30 et 9 heures, les élus de la capitale ont défilé entre les banderoles pour siéger au Conseil de
Paris extraordinaire, convoqué par le nouveau maire PS,
Emmanuel Grégoire.Son plan d'action à 20 millions d'euros, présenté à la presse une dizaine de jours plus tôt, a fini par être adopté à la mi-journée. Il prévoit notamment une simplification de la chaîne de signalement, la transparence envers les parents et un investissement massif dans la formation des agents. Depuis début 2026, 78 animateurs ont été suspendus, dont 31 pour des suspicions de violences sexuelles dans des écoles, selon la
Ville. Des chiffres qui traduisent un caractère "systémique", a reconnu
Emmanuel Grégoire. Chaque violence doit donner lieu "sans délai à une suspension conservatoire de l'agent concerné", a réaffirmé la municipalité. Mais pour les agents du périscolaire, qui comprennent toutes et tous l'inquiétude des familles après ces scandales à répétition, le risque est de jeter injustement l'opprobre sur leurs métiers."Il y a longtemps eu une période de laxisme, avec des suspensions qui n'étaient pas prononcées alors que cela aurait dû. Aujourd'hui, on a l'impression que la
Ville suspend sans discernement", dénonce
Fouaad, directeur périscolaire dans le 8e arrondissement, habillé d'un gilet orange
CFDT-Interco. Conséquence, selon lui : "Certains animateurs ont peur d'intervenir auprès des enfants, ils ont peur que cela leur soit reproché." La pancarte qu'il tient dans sa main gauche résume l'humeur de la mobilisation : "Grégoire, stop aux regards accusatoires."D'après
Laurence, elle aussi directrice, les agents du périscolaire sont "stigmatisés". "Notre employeur ne nous soutient pas du tout. Il a instauré le 'présumé coupable', quoi qu'il se passe", soupire cette quadragénaire. Elle donne l'exemple d'un reproche "disproportionné" vécu il y a peu par un animateur : "Un enfant a ramené une rose à une camarade. Il a simplement dit : 'Oh, c'est mignon les amoureux !'. On lui a fait une réflexion." Des assistantes maternelles (Atsem) présentes au rassemblement ont aussi expliqué être sur le qui-vive.
Laurence et
Fouaad, directeurs périscolaire syndiqués à la
CFDT-Interco, tiennent chacun une pancarte devant la mairie de
Paris, le 14 avril 2026. (LUCIE BEAUGE / FRANCEINFO) Face aux révélations insoutenables qui s'enchaînent, avec des enfants victimes du pire, le principe de précaution serait d'un coup devenu extrême et aurait déclenché des suspensions "abusives", affirme Adam Semail, secrétaire général
CFDT-Interco de
Paris. "Une animatrice avec dix ans d'ancienneté et de bonnes évaluations a récemment été suspendue car elle aurait crié pour demander le silence. Il a été jugé que c'était une violence." Sollicitée pour confirmer et éclaircir ces suspensions ne relevant pas de violences physiques ou sexuelles, la mairie de
Paris n'a pas répondu à franceinfo."Beaucoup nous parlent de dépression et d’idées suicidaires."Adam Semail, secrétaire général
CFDT-Interco de
Parisà franceinfoD'autres responsables du périscolaire interrogés par franceinfo rapportent également entendre des envies de reconversion soudaines chez leurs collègues, de caissier à livreur de repas à domicile. "Ils se disent qu'ils pourront gagner la même chose, mais avec moins de problèmes, résume Lounès, directeur périscolaire dans le 18e arrondissement. Ce qu'on vit, c'est l'enfer. Les animateurs viennent avec la boule au ventre au travail." Patrick et Rachid, tous deux sexagénaires et animateurs dans une école du 5e arrondissement, ont aussi manifesté ce 14 avril 2026. (LUCIE BEAUGE / FRANCEINFO) Rachid, animateur d'une école du 5e arrondissement de
Paris, se pose "beaucoup de questions" sur son métier et sur "le comportement qu'il doit adopter avec les enfants" qu'il encadre. "Tout est plus réfléchi, moins naturel. Il m'arrivait d'utiliser des vocables comme 'ma grande' ou 'mon grand', lorsque je ne connaissais pas le prénom. Maintenant, je n'ose plus dire ça."Lors du Conseil de
Paris, l'opposition de droite, coprésidée par Rachida Dati (absente des débats), a par ailleurs proposé d'expérimenter l'installation de caméras dans toutes les écoles. Une mesure qui n'a pas été écartée de facto par
Emmanuel Grégoire. "On pourrait croire à une blague ! Vous imaginez le coût ?, s'exclame Nicolas Léger, secrétaire général du Supap-FSU. Si ça devait être mis en place, il faudrait 50 ou 100 caméras par école pour couvrir tous les angles et coins cachés ! Et faire croire que ça évitera les passages à l'acte, ça n'a aucun sens.""On entend qu'il faut restaurer la confiance avec les parents. Mais la question de fond est celle des moyens humains", souligne Nicolas Léger. Il énumère, parmi les priorités, l'embauche massive de titulaires et le recrutement spécifique d'agents formés à l'hygiène, pour assurer le change des élèves de maternelle. L'intersyndicale Supap-FSU-CFDT-CGT devait être reçue à 16 heures mardi par l'adjointe chargée des affaires scolaires, Anne-Claire Boux. Pour la FCPE de
Paris aussi, la présence de caméras représenterait "un coût important pour une efficacité très limitée". "C'est également une mesure profondément intrusive, qui pose la question du respect de la vie privée des enfants, dans un lieu qui doit rester un espace de confiance et d'éducation", tranche Martin Raffet, son président. Mais la principale association de parents d'élèves de la capitale reste en désaccord avec les syndicats sur les mises à pied conservatoires dès le premier signalement : "Pour nous, l'enfant doit être au centre des préoccupations et le principe de précaution doit s'imposer à tous."A partir de la mi-mai, une convention citoyenne doit se déployer pour réfléchir à une réorganisation du périscolaire. Elle permettra de rassembler l'ensemble des acteurs – enfants, parents et personnels. Et de les faire se parler sur tous les sujets, y compris celui sur les caméras, a confirmé au Parisien l'adjointe au maire en charge des affaires scolaires. Peter Magyar : qui est le tombeur de Viktor Orban ? Financement du terrorisme : Lafarge lourdement condamné Au Liban les frappes israéliennes se poursuivent alors qu'une discussion Liban-Israël s'ouvre Biathlon : Julia Simon n'est pas "encore rassasiée" "C'est certainement parce que le RN a des propositions très libérales", réagit Fabien Roussel aux entrevues entre les dirigeants du parti et des grands patrons La reconnaissance des pionnières, les premières joueuses de l'histoire de l'équipe de France de rugby Le gouvernement recule face aux syndicats : le 1er-Mai restera un jour férié Un adolescent tué par balle à Villefranche-sur-Saône Pourquoi le gouvernement veut-il créer un "état d’alerte de sécurité nationale" ? Le "souvenir" de détention de Jacques
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