Mis en ligne début avril par l'hebdomadaire allemand "
Die Zeit", cet outil permet, en quelques clics, de vérifier si un membre de sa famille a appartenu au NSDAP, le parti nazi d'
Adolf Hitler, dans des archives qui n'avaient jamais été aussi facilement accessibles. Publié le 14/04/2026 16:57 Mis à jour le 14/04/2026 16:58 Une employée présente des photographies et objets ayant appartenu à des victimes et survivants du nazisme, conservés aux archives d'Arolsen, à
Bad Arolsen (Allemagne), le 6 mars 2025. (INA FASSBENDER / AFP) Et si l'histoire de votre famille ne correspondait pas tout à fait à celle qui vous a été racontée ? En Allemagne, un outil mis en ligne depuis le 2 avril par l'hebdomadaire
Die Zeit permet désormais à chacun de vérifier si un parent, un grand-parent ou un arrière-grand-parent, ou n'importe quelle autre personnalité, a été membre du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP), aussi appelé parti nazi.Derrière cet outil se cache un travail complexe mené à partir de plus de 12 millions de documents couvrant les adhésions au parti nazi entre 1925 et 1945, dont le journal n'a exclu que les personnes nées il y a moins d'un siècle. Une masse d'archives déjà existante, mais jusqu'ici difficile d'accès, qui permet désormais en quelques secondes de faire surgir une réalité familiale longtemps restée dans l'ombre.A la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors que le régime nazi s'effondre, des millions de fiches sur les adhérents au NSDAP sont promises à la destruction. Elles sont confiées à un industriel du papier à
Munich,
Hanns Huber, chargé de les faire disparaître, mais qui choisit de désobéir quand il réalise l'importance de ces documents, raconte
Die Zeit. Il préserve ce qui reste de ces dossiers, qui finissent entre les mains des forces américaines.Ces documents ont été conservés pendant des décennies dans une archive à
Berlin, d'abord administrée par les Etats-Unis, puis par les archives fédérales allemandes (les Américains en conservant une copie). Ce fonds considérable est longtemps resté difficile d'accès pour le grand public, le consulter demandant des démarches administratives complexes.La situation change en mars dernier, lorsque les archives nationales américaines mettent en ligne, en accès libre, leur version numérisée de ces fichiers. L'engouement est immédiat, mais la navigation reste complexe pour le grand public, jusqu'au travail de
Die Zeit. En s'appuyant sur les documents américains, le média développe un moteur de recherche simplifié, qui utilise notamment l'intelligence artificielle pour rendre les documents lisibles et interrogeables.Sous réserve d'être abonné à l'hebdomadaire, il suffit d'entrer un nom pour obtenir des informations : prénom, date, lieu de naissance et date d'adhésion au parti. L'utilisateur a accès à la version numérisée de la fiche originelle, qui comprend parfois même une photo de l'adhérent au parti nazi. Selon l'hebdomadaire allemand, les réactions de lecteurs ont afflué dans les jours qui ont suivi la publication : "J'ai déjà retrouvé deux proches parents, contrairement à la légende selon laquelle personne, dans notre famille, personne n'aurait été impliqué. Changer de perspective à 71 ans est un choc terrible", raconte l'un d'eux, dans un des nombreux articles publiés par
Die Zeit à partir de ces récits. "Que mon arrière-grand-père ait été membre du NSDAP ne faisait pas partie de la légende familiale", écrit un autre internaute. L'hebdomadaire a depuis lancé un appel à témoignages.Jusqu'en 1944, plus de 10 millions d'Allemands ont adhéré au parti nazi. Ce rattachement impliquait une démarche individuelle. Pour autant, ces données doivent être manipulées avec une certaine prudence, prévient
Die Zeit, une carte de membre ne suffisant pas à mesurer le degré d'engagement d'une personne dans le nazisme. Certains ont pu adhérer sous pression, notamment après l'arrivée au pouvoir d'
Adolf Hitler en 1933, quand le NSDAP est devenu le seul parti autorisé du pays.La base de données est par ailleurs incomplète. "Les informations concernant environ un million de membres ont été perdues" lors de la destruction inachevée des archives, précise
Die Zeit, qui souligne que les lacunes sont particulièrement flagrantes parmi les noms commençant par certaines lettres, notamment entre "Fa et G" ou encore "Ka et O", et dans les archives locales venant de Vienne et Salzbourg, en Autriche, et de la région de Franconie, en Allemagne. L'hebdomadaire met aussi en garde contre d'éventuelles erreurs liées aux outils utilisés : "Pour rendre les données originales consultables, nous avons utilisé un logiciel d'intelligence artificielle. Les résultats peuvent être incomplets et contenir des erreurs". Enfin, certaines fiches ont été archivées séparément par les Américains et ne figurent pas dans la base de donnée utilisée par
Die Zeit, explique le média, en particuliers celles de membres de "l'élite dirigeante nazie" et "de certaines personnalités éminentes de l'après-guerre". Chercher les noms d'
Adolf Hitler, Heinrich Himmler ou Hermann Göring ne donnera rien, prévient donc l'hebdomadaire. Peter Magyar : qui est le tombeur de Viktor Orban ? Financement du terrorisme : Lafarge lourdement condamné Au Liban les frappes israéliennes se poursuivent alors qu'une discussion Liban-Israël s'ouvre Biathlon : Julia Simon n'est pas "encore rassasiée" "C'est certainement parce que le RN a des propositions très libérales", réagit Fabien Roussel aux entrevues entre les dirigeants du parti et des grands patrons La reconnaissance des pionnières, les premières joueuses de l'histoire de l'équipe de France de rugby Le gouvernement recule face aux syndicats : le 1er-Mai restera un jour férié Un adolescent tué par balle à Villefranche-sur-Saône Pourquoi le gouvernement veut-il créer un "état d’alerte de sécurité nationale" ? Le "souvenir" de détention de Jacques Paris, ex-otage en Iran Suicide d'Evaëlle : l'enseignante condamnée pour harcèlement Pape en Algérie : une visite historique sous le signe du pardon Sabrina Carpenter se moque d'un youyou à Coachella PFAS : comment Matignon a fait économiser des millions à l'industrie chimique Gabin, 9 ans, sauve sa famille d’un incendie dans le Pas-de-Calais Le cimentier français Lafarge a été reconnu coupable de financement de terrorisme en Syrie Violente altercation entre un professeur et des élèves Paris-Roubaix : dans les pas d'Axel Huens, le local de l'épreuve Moins et mieux, comment les Français ont changé leur rapport à la viande C’est quoi cette silhouette qui flotte dans l’atmosphère ? Un adolescent de 13 ans tué par balle à Villefranche-sur-Saône, deux mineurs placés en garde à vue Le soulagement de la mère d'Evaëlle après la condamnation de son enseignante La "non-réponse" du pape Léon XIV aux propos de D. Trump