Les eurodéputés et les États membres de l'Union européenne se sont entendus, lundi 13 avril 2026, pour doubler les droits de douane sur l'acier importé en Europe. Cette mesure a pour but de protéger l'industrie européenne, un secteur en difficulté face à l'afflux de la production chinoise à bas prix. Publié le : 14/04/2026 - 18:57 3 min Temps de lecture Des employés travaillant dans la nouvelle usine de production d'acier électrique d'ArcelorMittal à Mardyck, dans le Nord de la France, le 2 décembre 2025. © François Lo Presti / AFP Avec l'entend conclue au sein de l'Union européenne (UE) le 13 avril, les droits de douane sur l'acier étranger vont passer de 25% à 50%. En parallèle, les quotas d'importation dispensés de surtaxes seront réduits à 18,3 millions de tonnes par an. C'est presque moitié moins qu'actuellement. Les nouvelles mesures, qui remplacent le régime actuel, s'appliqueront aux produits importés de tous les pays à l'exception des membres de l'espace économique européen, dont font partie l'Islande, le Liechtenstein et la Norvège. Imposer la préférence européenne Cet accord est une bouée de sauvetage pour le secteur européen. « Nous sommes extrêmement satisfaits. On ne parle plus de stabiliser les importations, mais de les réduire. C'est quelque chose d'inédit », a souligné Karl Tachelet, directeur général adjoint de l'organisation des sidérurgistes européens, Eurofer. Toutefois, le temps presse. Le régime actuel arrive à échéance fin juin. Les nouvelles mesures de protection doivent donc impérativement entrer en vigueur le 1er juillet 2026. À lire aussiPeut-on produire de l'acier propre? Les mesures antidumping et de sauvegarde toujours en vigueur Les premières mesures antidumping vis-à-vis de la Chine et de quelques autres fournisseurs remontent à 2015. À l'époque, la Chine et la Russie, traditionnellement grands producteurs d'acier, traversaient des difficultés. La crise et le ralentissement économique avaient provoqué une chute de la demande d'acier dans ces pays. Pour écouler leurs stocks, les entreprises chinoises et russes ont inondé le marché mondial, mettant en péril les aciéries européennes. S'estimant victimes d'un préjudice, les industriels européens s'étaient plaints auprès de la Commission européenne, qui avait répondu à leur requête en ouvrant une enquête sur les pratiques du dumping et les subventions illégales. Cette première salve a été suivie d'autres. En 2019, jugeant que le maintien d'une production européenne d'acier constituait un enjeu capital pour l'autonomie stratégique et la décarbonation de l'industrie, la Commission européenne avait décidé de mettre en place une première mesure de sauvegarde sous la forme de contingents tarifaires. Cette mesure a permis d'appliquer des droits de douane additionnels de 25% dès que le volume des importations dépassait un contingent fixé à l'avance. L'accord présent reprend les principes de la mesure de sauvegarde instaurée en 2019. À lire aussiLa Chine fausse le marché mondial de l'acier, selon un rapport de l'OCDE L'acier, un secteur stratégique pour l'économie et la défense de l'Europe Ces dernières années, la situation du secteur en Europe n'a fait qu'empirer. Selon les données d'Eurofer, la production européenne d'acier est tombée en 2025 à 125,8 millions de tonnes, son plus bas niveau historique, très loin derrière les 960 millions de tonnes produites en Chine. Une chute enregistré alors que les importations d'acier dans l'UE, elles, ont au contraire grimpé à des niveaux records. Or, dans le contexte géopolitique actuel, le secteur sidérurgique est vital pour l'économie européenne. Il joue aussi un rôle stratégique pour la défense du Vieux continent. Cet autre argument a poussé les Européens à passer l'action. En présentant leur accord, le commissaire européen au Commerce, Maros Sefcovic, a précisé aussi que l'Europe ne peut plus fermer les yeux sur la surcapacité mondiale d'acier qui atteint des niveaux critiques. Celle-ci devrait en effet atteindre 721 millions de tonnes d'ici 2027, soit plus de cinq fois la consommation annuelle de l'UE. L'accord doit encore être formellement approuvé par le Conseil européen et par le Parlement pour entrer en vigueur. À lire aussi2025, une année record pour les exportations chinoises d'acier Recevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail