Consulter le Dossier : Présidentielle 2027 : la course à l'Elysée est déjà lancée Publié le 15/04/2026 07:09 Mis à jour le 15/04/2026 12:02 Quelque 61 études d'opinion avaient été publiées au second semestre de l'année 2021, avant l'élection présidentielle de 2022. (HELOISE KROB / FRANCEINFO) Entre l'incertitude du casting final et les soubresauts politiques d'une campagne, les enquêtes d'opinion qui se multiplient doivent être analysées avec prudence, si loin de l'échéance de 2027. Le premier tour de la présidentielle n'aura lieu que dans un an, le 11 ou le 18 avril 2027, mais la fameuse "course de petits chevaux" a déjà commencé bien avant le verdict des élections municipales, avec un instrument phare pour mesurer l'avancée de chaque poulain : les sondages. Les sondeurs et leurs instituts ont beau marteler qu'il ne s'agit que de photographies de l'opinion et non de prédictions, les enquêtes d'opinion restent au cœur du jeu politique. Pour le prochain scrutin, les premiers sondages ont été publiés dès le printemps 2023, moins d'un an après la réélection d'Emmanuel Macron pour un second mandat.Depuis, le rythme de leur diffusion a augmenté à mesure que le jeu politique se concentre autour de ce moment central de la vie démocratique sous la Ve République : 15 sondages sur la présidentielle ont été publiés en 2025, quatre – pour l'instant – en 2026, mais plus l'échéance va se rapprocher, plus les différents instituts seront sollicités par des médias pour en réaliser.A titre de comparaison, il y en avait eu 61 au second semestre de l'année 2021, soit un tous les trois jours en moyenne. C'est le paradoxe des sondages pour l'élection présidentielle : à un an du départ d'Emmanuel Macron de l'Elysée, les analyses des observateurs s'appuient sur ces enquêtes d'opinion, alors que de nombreuses voix appellent à la prudence quant à leur pertinence aussi loin du scrutin.En premier lieu, comme pour tous les sondages, il est nécessaire de ne pas se focaliser sur les demi-points gagnés ou perdus par tel ou tel candidat mesuré, surtout si l'échantillon est faible. Par exemple, pour 1 000 personnes interrogées, avec un candidat mesuré à 15% d'intentions de vote, la marge d'erreur est de 2,2 points. Le pourcentage réel qu'il obtiendrait est donc compris entre 12,8% et 17,2%, ce qui pourrait avoir une incidence évidente sur la qualification au second tour. Ce seuil fluctuant est mécaniquement impossible à prévoir avec précision jusqu'au soir des résultats.De plus, l'offre politique est loin d'être stabilisée. Le casting final de l'élection présidentielle sera connu une fois que le Conseil constitutionnel aura validé les candidatures au mois de mars 2027, environ un mois avant la date du premier tour. En attendant, depuis le début de l'année, les déclarations de candidature se multiplient, directement ou via des primaires, de Bruno Retailleau à Jérôme Guedj en passant par François Ruffin ou David Lisnard. Toutes ces candidatures n'aboutiront pas : s'il est nécessaire de franchir l'étape délicate des 500 signatures d'élus à rassembler, une absence de dynamique à quelques mois de l'élection peut conduire les ambitieux à se retirer de la course."Quand l'offre politique manque à ce point, si on voulait faire les choses sérieusement, il faudrait réaliser une vingtaine ou une trentaine d'intentions de vote au premier tour", estime Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos France, à qui France Télévisions fait appel lors des campagnes et des soirées électorales. Dans ce paysage politique instable, "j'ai fait le choix de ne faire aucune enquête à date, car je considère que faire ça avant un autre scrutin et notamment avant les municipales n'était pas raisonnable", poursuit le sondeur, qui exclut tout sondage sur la présidentielle avant l'été.Les autres instituts, eux, ont choisi de tester plusieurs scénarios, avec différents candidats. En matière de communication, cela permet ensuite à chaque camp de sélectionner la configuration qui lui est la plus avantageuse. "Si on commence à faire des sondages trop tôt, on est amené à faire des choix et donc ce sont les instituts de sondages, pour les médias, qui décident de l'offre politique", analyse Brice Teinturier."Une donnée qui n'est pas fiable peut être instrumentalisée par les candidats : c'est une raison de plus de faire attention."Brice Teinturier, directeur général délégué d'Ipsos Franceà franceinfoLes sondages de second tour, qui présentent là encore de multiples configurations hypothétiques, ont en outre l'écueil de ne pas prendre en compte la dynamique d'entre-deux-tours, lorsque le pays tout entier se cherche entre deux voies. Bardella-Philippe, Le Pen-Philippe, Bardella-Mélenchon, Le Pen-Attal… Pour 2027, au moins huit configurations de second tour ont été testées par les instituts de sondages, selon les notices des enquêtes publiées par la commission chargée de les contrôler. Ainsi, la direction de l'information de France Télévisions a décidé d'utiliser les sondages avec parcimonie en fonction de leur pertinence éditoriale et de ne pas relayer systématiquement les sondages des autres médias.La prochaine élection présidentielle a beau offrir un panel inédit de candidats, les précédents historiques offrent une petite piqûre de rappel à qui voudrait voir dans ces sondages une prédiction solide. Les grands favoris un an avant l'échéance sont rarement ceux qui gagnent à la fin. Promis à une revanche face à Jacques Chirac en 2002, Lionel Jospin est ainsi devancé in extremis par Jean-Marie Le Pen au soir du premier tour. En 2016, Alain Juppé, dont Edouard Philippe était l'un des lieutenants, faisait la course en tête dans les sondages avant de perdre la primaire de la droite face à François Fillon, à cinq mois du scrutin. "On a tous en tête cette malédiction Juppé", glisse un proche d'Edouard Philippe à propos de cette peur d'être trop haut, trop tôt.L'année qui précède une élection présidentielle réserve généralement bon nombre de surprises et de renversements de dynamiques jusqu'au vote. Les trois derniers scrutins ont ainsi vu l'empêchement de Dominique Strauss-Kahn, favori du PS en 2011, la victoire surprise de François Fillon à la primaire de la droite et le surgissement de ses affaires avant le printemps 2017, ou encore la guerre en Ukraine et un regain temporaire de popularité pour Emmanuel Macron au terme de son premier mandat, en 2022.Cinq ans plus tard, le chef de l'Etat ne pourra pas être candidat à un troisième mandat, et la donne va forcément évoluer dans les semaines et mois à venir : Edouard Philippe et Gabriel Attal rivalisent pour devenir le candidat naturel du centre et de la droite, alors que Bruno Retailleau pourrait être désigné candidat LR dès le 18 avril, après une consultation des militants. De son côté, Marine Le Pen sera fixée sur son sort judiciaire au mois de juillet et une partie de la gauche œuvre pour la tenue d'une primaire le 11 octobre, un processus rejeté par Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) et Raphaël Glucksmann (Place publique).Autant d'éléments qui ont poussé Gaël Sliman, patron de l'institut Odoxa, à rappeler une prudence nécessaire dans le commentaire d'un sondage réalisé fin mars pour Public Sénat : "A un an d'une élection, une intention de vote de premier tour comme de second tour sont de toute façon des scénarios de politique-fiction très incertains : l'offre politique n'est même pas connue, les rapports de force peuvent bouger à tout moment…""Ce ne sont en rien des pronostics."Gaël Sliman, président de l'institut Odoxadans l'analyse d'un sondage, fin marsMême à trois mois du scrutin, il est difficile d'y voir clair sur le résultat final, malgré les enquêtes les plus larges, comme celle du Cevipof menée à cent jours de la présidentielle 2022, qui mentionnait un duel entre Emmanuel Macron (24%) et Valérie Pécresse (17%). La candidate LR a finalement terminé cinquième avec 4,78%, alors que l'échantillon de l'enquête était pourtant composé de plus de 10 000 personnes.Même si "un sondage ne fait pas la légitimité et la dynamique", relativise une cadre écologiste pour défendre la primaire de la gauche face aux opposants à cette proposition, les écuries s'en servent cependant pour affiner leurs stratégies et damer le pion à leurs concurrents. Au centre et à droite, "le départage se fera sur une triple pression : celle de l'opinion publique, celle des sages comme Gérard Larcher et Emmanuel Macron, et celle des sondages", assure un proche du chef de l'Etat. "Les sondages décideront", abonde une figure du bloc central.Au-delà des partis, les banques regardent elles aussi ces pourcentages, à l'heure où les comptes de campagne ont ouvert le 1er avril. "Il est très clair que les candidats qui auront des sondages inférieurs à 10% auront beaucoup de mal à trouver des financements bancaires. Les banques vont devenir extrêmement prudentes vis-à-vis du financement des campagnes", prévient François Goulard, trésorier de la campagne d'Edouard Philippe, auprès de France Inter. Même à un an de l'échéance, les sondages ont déjà un rôle central dans la course à la présidentielle. Au moins 16 morts dans des frappes russes en Ukraine Un homme d'affaires assassiné en pleine rue à Neuilly-sur-Seine Une fusillade dans une école fait au moins neuf morts en Turquie Patrick Bruel : elle l'accuse d'agression sexuelle Billets, retards : ce qui pourrait changer pour vous "Un public minable, indigne"... La colère de la présidente de Basket Landes "C'est son droit !" : le porte-parole du RN Laurent Jacobelli n'est pas inquiet de l'influence de Vincent Bolloré dans le monde culturel Hollie Davidson, première arbitre féminine à officier dans un match du Top 14 Très controversée, la loi Yadan sur l'antisémitisme va être débattue à l'Assemblée nationale Mythos, l’IA qui inquiète les géants de la finance américaine Jordan Bardella "assume" les photos de Paris Match Un maire et trois personnes en garde à vue, impliqués dans la mort d’une habitante Aux États-Unis, le proviseur d'un lycée neutralise un ex-élève Crans-Montana : les comptes des Moretti dans le viseur Le Fort Boyard retenu dans la nouvelle liste du Loto du patrimoine