Le 15 avril 2026 à 13h05 Notre correspondant défense Nicolas Barotte a répondu aux questions des lecteurs ce mercredi, au sujet du blocus militaire du détroit d’Ormuz, au cœur des tensions régionales depuis plusieurs jours. Passer la publicité Passer la publicité Le président américain Donald Trump a annoncé la mise en place d’un blocus naval du détroit d’Ormuz à partir de lundi, afin de couper l’accès des ports iraniens au trafic maritime et de priver Téhéran de ses revenus pétroliers. Nicolas Barotte, correspondant défense du Figaro, est revenu sur les enjeux stratégiques de ce blocage, ses conséquences économiques et les options militaires envisagées par les puissances impliquées. Est-il vrai que le détroit d’Ormuz est miné ? «Les Iraniens, en disant que cette zone qu’on voit entre les côtes omanaises et les côtes iraniennes est potentiellement minée, ça oblige en fait des navires à passer plus proches des côtes iraniennes, à cause du relief sous-marin. Et donc ça rend encore plus facile une attaque depuis les côtes. Donc le délai encore plus court. On ne sait pas si c’est vrai ou pas, mais c’est pour forcer les navires à se rapprocher et donc être davantage dans la ligne de mire», explique Nicolas Barotte. «On a aucune idée si c’est vraiment miné ou pas. En fait, il y a certains médias américains qui parlent d’une douzaine de mines. Certains disent que les Iraniens ne savent pas où elles sont. les Iraniens ont dit que c’est probablement miné. En fait, personne ne sait. Il peut y avoir quelques mines, une dizaine, un peu plus, des mines au fond de l’eau, des mines dérivantes et c’est ce qui rend la chose très difficile à contrôler», poursuit le journaliste. Quel est le coût de cette opération de blocus pour les États-Unis ? Passer la publicité «On peut imaginer que les Américains ont quand même prévu leur stock. Effectivement, Donald Trump avait prévu une guerre plutôt courte, mais l’état-major américain, normalement, s’il a fait son travail, il a prévu les choses dans la durée. Il a prévu du réapprovisionnement. Mais toute la question c’est combien de temps peuvent tenir les uns et les autres ? C’est que le coût politique et économique de la guerre pour les États-Unis est très important», explique Nicolas Barotte. «Est-ce que Donald Trump peut tenir longtemps ? Les Iraniens, Il y a un coût qui est faramineux aussi économiquement. Mais on a bien vu que depuis plus d’un mois, ils n’ont pas plié. Le régime n’a pas été renversé. Ils continuent à tenir. Ils se moquent à peu près certainement de la population. Et donc cette menace hybride, il peut la faire durer aussi très longtemps, même s’il subit des pertes.», poursuit-il. «Donc la durée de la guerre, c’est un élément qui est fondamental dans le conflit.», conclut le journaliste. Blocage du détroit d’Ormuz : mines, coûts de guerre, stratégie militaire… Nos réponses à vos questions S'ABONNER Récession brutale pour le Qatar et l’Irak, coup de frein pour l’Arabie saoudite... Ce que prévoit le FMI pour les pays du Golfe DÉCRYPTAGE - Chute des exportations de pétrole et de gaz, destruction de sites de production… Les économies de certains pays du Moyen-Orient seront durement frappées, selon le Fonds Monétaire International. Détroit d’Ormuz : le prix de la paix et la logique paradoxale d’un péage imposé par les mollahs VU D’AILLEURS - L’Iran souhaite imposer des droits de transit de plusieurs millions de dollars pour le passage du détroit d’Ormuz. Une telle mesure serait contraire au droit international, mais certains analystes y voient néanmoins des avantages. Détroit d’Ormuz : les chiffres du butin qu’espère obtenir l’Iran en instaurant un péage DÉCRYPTAGE - Téhéran souhaite poursuivre le système de taxation des navires qu’il a mis en place ces derniers jours dans le bras de mer. Si l’hypothèse d’un maintien au-delà du cessez-le-feu est peu probable à ce stade, les montants en jeu sont colossaux. Julien Lalanne de Saint-Quentin : «Comment l’Iran transforme le détroit d’Ormuz en atout stratégique et financier» FIGAROVOX/TRIBUNE - La prise du contrôle du détroit par l’Iran et l’instauration d’un péage pourrait faire d’Ormuz un instrument durable de rente et de puissance pour Téhéran, analyse Julien Lalanne de Saint-Quentin, enseignant à King’s College. Péage en cryptos, mines, voies alternatives... Comment l'Iran organise le contrôle du détroit d'Ormuz DÉCRYPTAGE - Dans son plan en 10 points pour les pourparlers avec les États-Unis, Téhéran exige explicitement de pouvoir superviser et taxer les navires empruntant le passage, les menaçant de destruction s’ils s’aventurent sans autorisation. Derrière la réouverture du détroit d’Ormuz, une victoire en demi-teinte de la Chine ANALYSE - L’accès renouvelé au brut moyen-oriental offre à Pékin un répit indispensable. Mais une levée des sanctions contre l’Iran pourrait lui faire perdre un avantage énergétique clé. L’éditorial de Philippe Gélie : « Trêve en Iran, les trois défis de Donald Trump » Le fossé entre les interprétations américaines et iraniennes, contradictoirement triomphales, ouvre un espace à de funestes malentendus. «Même son allié chinois est très réticent»: quelles seraient les conséquences d’un péage iranien dans le détroit d’Ormuz ? DÉCRYPTAGE - L’Iran est parvenu à prendre le contrôle de ce passage stratégique et y a instauré un péage, malgré l’opposition des États-Unis. Téhéran compte pérenniser ce système. Arié Bensemhoun : «L’Europe peut et doit agir dans la crise du détroit d’Ormuz» FIGAROVOX/TRIBUNE - La fermeture du détroit d’Ormuz, qui frappe de plein fouet la compétitivité des pays membres de l’UE, est une occasion inespérée pour que notre continent retrouve sa place sur l’échiquier du monde, à condition qu’il fasse preuve de volonté politique, estime le directeur général d’Elnet France. Navires autorisés, impact sur le pétrole... Cinq questions pour tout comprendre à la réouverture partielle du détroit d’Ormuz annoncée par l’Iran DÉCRYPTAGE - L’Iran a annoncé mardi autoriser le passage de certains navires dans le détroit d’Ormuz, quasi paralysé depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Derrière ce signal de bonne volonté, les incertitudes restent nombreuses. Le Figaro fait le point en cinq questions.