L'Américain
Robert Mueller, connu pour son rôle de procureur spécial chargé de la très délicate « enquête russe » qui a empoisonné le début du premier mandat de
Donald Trump, est mort à 81 ans, a indiqué le président
Donald Trump, se réjouissant de son décès. Publié le : 21/03/2026 - 19:18Modifié le : 21/03/2026 - 23:51 3 min Temps de lecture L'ancien procureur spécial américain
Robert Mueller, accompagné de son principal collaborateur dans l'enquête
Aaron Zebley, témoigne devant l'audition de la commission du renseignement de la Chambre sur son rapport sur l'ingérence électorale russe, à Washington, aux États-Unis, le 24 juillet 2019. © Alex Brandon/Pool via Reuters Nommé procureur spécial en 2017, cet ancien directeur de la police fédérale (FBI) a supervisé pendant près de deux ans l'enquête sur une possible collusion entre Moscou et le candidat
Donald Trump lors de la campagne de 2016. Homme taciturne et discret, il avait supervisé cette enquête dans le plus grand secret et avait rendu, en avril 2019, ses conclusions dans un pavé de plus de 400 pages. Il y décrivait les efforts russes pour aider
Donald Trump en 2016, mais ajoutait ne pas avoir rassemblé de preuves d'un complot entre Moscou et l'équipe de campagne du milliardaire républicain. Son décès, à l'âge de 81 ans, a été annoncé par sa famille dans un communiqué mentionné notamment par le
New York Times. Le président américain a très rapidement réagi sur son réseau Truth Social: «
Robert Mueller vient de mourir. Bien. Je suis content qu'il soit mort. Il ne va plus pouvoir faire de mal à des innocents ». Dans son rapport de 2019, le procureur détaillait une série de pressions troublantes exercées par le locataire de la Maison Blanche sur son enquête et se disait incapable de le blanchir des soupçons d'entrave à la justice. Des espions russes et des personnes impliquées dans une campagne de troll en ligne en Russie ont été inculpés suite à cette affaire. Et des proches de
Donald Trump ont été reconnus coupables notamment d’entraves à la justice dans cette enquête. Mais
Donald Trump avait interprété les conclusions du rapport à sa manière, estimant être innocenté, lui qui disait être victime d’une « chasse aux sorcières », rappelle notre correspondant à Atlanta,
Edward Maille. Un procureur spécial discret
Robert Mueller n'avait que deux ans de plus que
Donald Trump. Comme lui, il était républicain, né dans une famille aisée du Nord-Est américain, et a fréquenté des écoles prestigieuses. Mais la comparaison s'arrête là. Autant le président est flamboyant, voire outrancier, omniprésent dans les médias, autant
Robert Mueller affichait une austérité calculée. Éternel costume sombre, cheveux blancs sages, il ne cherchait pas à attirer les regards. À la tête de l'enquête russe,
Robert Mueller a toujours pris soin de rester dans l'ombre, s'exprimant par l'entremise de documents judiciaires largement protégés par le secret. Il déléguait les audiences à ses lieutenants. Jamais il n'a communiqué avec la presse, laissant son porte-parole livrer de laconiques « pas de commentaire ». Conscient du grand respect qu'inspirait
Robert Mueller, le président Trump s'était gardé de l'attaquer frontalement. Un patron du FBI respecté
Robert Mueller a servi comme officier chez les Marines, médaillé pour sa bravoure lors de la guerre du Vietnam, avant de se lancer dans une carrière de haut fonctionnaire. Après des études de droit,
Robert Mueller a notamment travaillé comme procureur fédéral, enquêtant avec la même ténacité contre le gang des Hells Angels, la mafia ou des banquiers malhonnêtes. Comme numéro deux du ministère de la Justice sous la présidence de George Bush père, il a notamment supervisé l'enquête sur l'attentat contre un avion de la Pan Am au-dessus de Lockerbie (Écosse), qui a tué 270 personnes en 1988. Nommé à la tête de la puissante police fédérale américaine (FBI) une semaine avant les attentats du 11 septembre 2001,
Robert Mueller a menacé de démissionner trois ans plus tard si le président George W. Bush persistait avec un programme d'écoutes extra-judiciaires controversé. En 2011, à l'expiration de son mandat après dix ans de service, le président démocrate Barack Obama lui avait demandé de rester deux années supplémentaires. Une prolongation alors approuvée à l'unanimité par les sénateurs, preuve du grand respect envers sa personne. À lire aussiEtats-Unis:
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