BFM-EconomiePublié aujourd'hui à 18h41 Lire dans l'appDans un contexte de fortes tensions énergétiques liées au Moyen-Orient, le gouvernement demande aux raffineries françaises d’augmenter, autant que possible et rapidement, leur production — notamment de diesel et de carburéacteur — afin de limiter les risques de pénuries, même si ces efforts ne suffiront pas à compenser les capacités perdues à l’international.Il faut produire plus pour éviter les ruptures d'approvisionnement. Dans un contexte international toujours très tendu, marqué par la crise au Moyen-Orient et les tensions autour du détroit d’Ormuz, le gouvernement cherche à limiter l’impact de la hausse des prix de l’énergie. Après avoir alerté sur les risques de tensions sur les marchés, le Premier ministre
Sébastien Lecornu a engagé des discussions avec les acteurs du secteur du raffinage. L'objectif est de maximiser les capacités de production en
France pour atténuer les tensions, notamment sur le diesel et le carburéacteur."Avant le début de la guerre, nous importions 50% de notre diesel, notamment du Moyen-Orient, indique-t-on du côté de
Bercy. Mais ça ne signifie pas qu’il faudrait doubler notre production nationale pour obtenir un impact sur les prix."Selon les précisions fournies par le ministère, "la maximisation des capacités des outils de raffinage est clé". Le gouvernement a ainsi demandé à l’ensemble des raffineries d’étudier toutes les possibilités d’augmentation de leur production, dans le respect strict des règles environnementales et sur les produits sur lesquels il y a le plus de risque de rupture à savoir le diesel et le carburéacteur pour avion (le kérosène). Mais les producteurs sur le territoire "ne pourront pas remplacer les capacités de raffinages auxquelles nous n’avons plus accès", indique
Bercy.Un dossier traité sous 72 heuresConcrètement, les raffineurs volontaires sont invités à déposer des dossiers auprès des préfectures pour proposer des hausses de production. L’exécutif s’engage à traiter ces demandes dans des délais très courts, avec un objectif affiché d’environ 72 heures.La raffinerie de Gravenchon, en Normandie, qui est la deuxième plus importante de
France, s’est déjà positionnée comme pionnière sur ce dispositif. Elle a déposé un premier dossier, ouvrant la voie à d’éventuelles initiatives similaires dans le reste du secteur. Son propriétaire
North Atlantic proposerait d'augmenter sa production de carbureacteur (pour les avions) de 0,1 million de tonnes par an. Le gouvernement espère désormais que d’autres opérateurs suivront, afin de coordonner un effort collectif à l’échelle nationale. Pour rappel, il y a six raffineries en
France.Dans les faits, les leviers d’action restent toutefois contraints. Certaines raffineries fonctionnent déjà à des niveaux élevés, le raffinage de diesel étant actuellement particulièrement rentable. Dès lors, les hausses de production ne devraient pas être massives."C’est l’exploitant qui indique lui-même de combien il estime possible d’augmenter sa capacité", précise-t-on.Ainsi, des reports de certaines périodes d’arrêt pour maintenance pourraient être envisagés, au cas par cas, pour prolonger temporairement l’activité des unités. Malgré ces efforts, le gouvernement reconnaît que ces mesures ne permettront pas de compenser les capacités de raffinage auxquelles la
France et l’Europe n’ont plus accès dans le contexte international actuel. Elles visent néanmoins à atténuer les tensions sur les marchés européens des produits raffinés, en apportant des volumes supplémentaires à court terme.