Le 24 mars 2026 à 18h30 Sans amélioration rapide de la situation dans le
Détroit d’Ormuz, «la crise pourrait se diffuser plus largement à l’économie, et être au fond d’une nature plus systémique», a alerté
Roland Lescure devant les députés. Passer la publicité Passer la publicité Jusqu’alors esquivé par le gouvernement, le mot a finalement été lâché ce mardi. Lors d’une audition devant la commission des finances de l’
Assemblée nationale, le ministre de l’Économie,
Roland Lescure, a reconnu que la crise actuelle au
Moyen-Orient «constitue un nouveau choc pétrolier ». Selon le locataire de Bercy, «l’hypothèse d’une crise passagère (...) n’est plus d’actualité». «Avec la crise, ce sont 15 à 20% du pétrole, 20% du gaz naturel liquéfié, au niveau mondial, qui n’arrivent plus sur les marchés», a précisé le ministre. «Ce sont donc 11 millions de barils en moins par jour pour l’économie mondiale», a-t-il souligné. «Cette situation constitue un nouveau choc pétrolier. Et si ce choc énergétique persiste au-delà de quelques semaines, la crise pourrait se diffuser plus largement à l’économie, et être au fond d’une nature plus systémique», a alerté
Roland Lescure devant les députés, tout en affirmant «que nous n’y sommes pas encore». Passer la publicité «Nous suivons la diffusion plus large du choc dans l’économie» Le blocage du
Détroit d’Ormuz et les échanges de roquettes entre
Téhéran et
Israël et les États-Unis durent depuis maintenant près de quatre semaines. Pire, l’intensité du conflit est même montée d’un cran ces derniers jours. L’
Iran vise désormais les infrastructures énergétiques des pays du
Golfe, tandis que
Donald Trump a posé un ultimatum à la
République islamique, menaçant de s’en prendre aux centrales électriques iraniennes, avant de reporter ces frappes. «30 à 40% des capacités de raffinages du
Golfe ne sont plus en fonctionnement», selon
Roland Lescure, que ce soit parce que les infrastructures sont à l’arrêt ou parce qu’elles ont été touchées par des frappes. Pour les premières, leur redémarrage une fois le conflit fini «pourra prendre plusieurs semaines», a prévenu le ministre de l’Économie. Dans le second cas, il faut compter «en années», a-t-il averti, écartant de fait tout retour rapide à la normale. «Nous suivons la diffusion plus large du choc dans l’économie, qui dépendra évidemment de la durée et de l’intensité du conflit», a assuré
Roland Lescure. D’après le ministre, «une hausse permanente de 10 dollars du baril représente environ 0,1 point de croissance en moins, et 0,3 point d’inflation en plus» pour la France. «Un baril qui resterait probablement à 100 dollars, soit un choc de 35 dollars par rapport au scénario d’avant-crise, conduirait à un impact négatif de 0,3 à 0,4 point sur la croissance et d’un point sur l’inflation», a-t-il détaillé.
Roland Lescure a cité les prévisions de l’Insee, selon lesquelles la croissance économique de la France devrait ralentir cette année, à 0,2% au premier trimestre comme au deuxième. Il a toutefois estimé «trop tôt» l’idée de revoir le budget de l’État. Baril de pétrole à 100 dollars Après les premières frappes israélo-américaines sur l’
Iran fin février, le prix du baril de pétrole s’est envolé sur les marchés. Il dépasse presque sans discontinuer la barre symbolique des 100 dollars depuis le début du conflit. Cette envolée est répercutée sur les prix des carburants. Le prix du gazole a ainsi grimpé de 45 centimes d’euro en moyenne en France, et l’essence de 23 centimes. Confronté à une situation financière extrêmement dégradée, le gouvernement a pour le moment choisi de ne procéder à aucun coup de pouce fiscal. Les automobilistes français ne sont pas les seuls pénalisés. Le gaz connaît lui aussi une forte hausse liée au conflit au
Moyen-Orient. Résultat, les foyers qui n’ont pas de contrats à prix fixes devraient connaître un surcoût de 15% à partir de mai. Les compagnies aériennes, les pécheurs ou les transporteurs font aussi partie des victimes collatérales de cette guerre. Guerre au
Moyen-Orient : le ministre de l’Économie
Roland Lescure évoque «un nouveau choc pétrolier» S'ABONNER « Il n’y a rien de pire qu’une gestion de crise sans process » : comment
Roland Lescure pilote dans la tempête pétrolière et gazière RÉCIT - Le ministre de l’Économie est en première ligne de la gestion de crise. Contrôle des prix, discussions avec les distributeurs, stocks stratégiques… Il se confie sur ces dernières semaines bousculées par le conflit au
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Roland Lescure, ministre démissionnaire, dépêché à Luxembourg pour rassurer les Européens Le Français a assuré que le pays tiendrait ses engagements devant certains de ses homologues, las ou sceptiques, et la Commission, inquiète par une remise en cause de la réforme des retraites. La journée stupéfiante des ministres au bail le plus bref de la Ve République RÉCIT - Moins de quinze heures après leur nomination, les 18 membres du gouvernement, pour beaucoup reconduits, ont été replongés lundi dans le régime des « affaires courantes », avec des marges de manœuvre limitées. Cible des critiques, Bruno Le Maire a renoncé au ministère des Armées. Gouvernement Lecornu : le cœur à gauche,
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