Le 25 mars 2026 à 11h20 La première ministre du Danemark,
Mette Frederiksen, à Copenhague, le 20 mars 2026. Tom Little / REUTERS Avec 21,9% des voix, les sociaux-démocrates de la première ministre sont à leur niveau le plus bas depuis 1903, loin des 27,5% de 2022. Le Parti populaire danois, un parti d’extrême droite anti-immigration a triplé son score, atteignant autour de 9,1% des voix. Passer la publicité Passer la publicité La sociale-démocrate
Mette Frederiksen s’est dite «prête à assumer» à nouveau le rôle de première ministre à l’issue des élections législatives de mardi qui ont placé le bloc de gauche en tête mais sans lui donner de majorité. «Je suis toujours prête à assumer les responsabilités de Première ministre du Danemark pour les quatre prochaines années», a dit
Mette Frederiksen alors que son parti enregistre ses plus mauvais résultats depuis 1903. «Nous nous attendions à reculer, car c’est normal lorsqu’on se présente pour la troisième fois», a reconnu
Mette Frederiksen, qui dirige le gouvernement depuis 2019. «Bien sûr, je regrette que nous n’ayons pas obtenu plus de voix.» Avec 21,9% des voix, les sociaux-démocrates sont à leur niveau le plus bas depuis 1903, loin des 27,5% de 2022. Le bloc de gauche de la première ministre est arrivé en tête au terme des législatives de mardi au Danemark sans pour autant atteindre la majorité. Le bloc de gauche obtient 84 sièges sur les 179 du Parlement, selon les résultats complets en métropole, auxquels doit s’ajouter un siège des îles Féroé, contre 77 sièges pour le bloc de droite. Passer la publicité Les Modérés (centre) conduits par le ministre des Affaires étrangères
Lars Lokke Rasmussen en décrochent 14, et joueront ainsi un rôle décisif dans les négociations pour la composition du prochain gouvernement, qui s’annoncent particulièrement ardues. Le président des Libéraux, qui appartenait aussi à la majorité gouvernementale sortante, a lui exclu de collaborer à nouveau avec la gauche. «Il y a désormais deux options évidentes pour le Parti libéral : soit nous obtenons un gouvernement de centre droit, soit nous passons dans l’opposition», a dit
Troels Lund Poulsen devant ses supporters. À gauche, le parti populaire socialiste (SF) est devenu avec 11,6% des suffrages le deuxième parti du pays pour la première fois de son histoire. «Nous devons essayer de garantir (le maintien de) l’État providence, nous devons essayer d’engager une transition écologique», a dit à la presse sa présidente
Pia Olsen Dyhr. «Si nous n’y parvenons pas, nous n’entrerons pas au gouvernement, nous resterons dans l’opposition.» Poussée de l’extrême droite Le Parti populaire danois, un parti d’extrême droite anti-immigration qui a longtemps pesé sur la politique danoise avant de chuter en 2022, a triplé son score, atteignant autour de 9,1% des voix. «Tripler le nombre des voix est une expression remarquable du soutien du peuple danois à mon parti», a déclaré à l’AFP Morten Messerschmidt, le chef de cette formation, se félicitant des bons résultats de l’extrême droite en Europe. «Nous attendons tous maintenant de voir ce qui va se passer en France, nous attendons de voir ce qui se passe en Hongrie, aux Pays-Bas et, bien sûr, au Royaume-Uni avec Nigel Farage. Ce sont tous des partis très performants dans notre secteur et j’espère qu’ils vont eux aussi tripler» le nombre des suffrages en leur faveur. Mme Frederiksen, qui dirige le gouvernement danois depuis 2019, est généralement reconnue pour son leadership, estimait Elisabet Svane, une analyste politique du quotidien Politiken, avant les élections. «Elle est une figure qui rassemble dans un monde plein d’insécurité et les Danois sont anxieux, il y a le Groenland, l’Ukraine, les drones» qui ont survolé le royaume, a-t-elle ajouté. Groenlandais mobilisés Le Groenland et les îles Féroé, des territoires autonomes, envoient chacun au Parlement danois deux députés, qui pourraient faire pencher la balance. Seuls les résultats des îles Féroé sont connus et les électeurs ont reconduit leurs députés, un pour chaque bloc. À Nuuk, la capitale du Groenland, les électeurs ont fait la queue pour voter dès l’ouverture des bureaux à 11h00. «Il s’agit des élections les plus importantes pour le Parlement danois et pour le Groenland de l’Histoire», a dit à l’AFP le Premier ministre groenlandais Jens-Frederik Nielsen. Passer la publicité Au Danemark, pays prospère de six millions d’habitants, la campagne a surtout tourné autour de questions intérieures comme le coût de la vie, l’État providence et l’environnement. Le modèle de l’agriculture intensive danoise, particulièrement l’élevage porcin, a été au centre de la campagne. Face à une extrême droite puissante depuis la fin des années 1990, il a aussi été question d’immigration, les sociaux-démocrates plébiscitant un nouveau tour de vis en la matière. «Il existe toujours une très large majorité en faveur d’une politique d’immigration stricte au Danemark», a dit Mme Frederiksen lors de son discours. Législatives au Danemark :
Mette Frederiksen se dit «prête à assumer» à nouveau le rôle de première ministre S'ABONNER Au Danemark,
Mette Frederiksen annonce des législatives anticipées La première ministre veut profiter de sa nouvelle popularité, après les affrontements avec Donald Trump sur l’acquisition du Groenland. Le Danemark s’empare tardivement de son histoire coloniale au Groenland REPORTAGE - Depuis que Donald Trump a annoncé vouloir conquérir l’île de glace, les Danois se sont rapprochés des Groenlandais et cherchent comment cicatriser les blessures qu’ils leur ont naguère infligées. « Nos adversaires politiques mènent une opération de diffamation » : au Danemark, l’extrême droite freinée dans son élan DÉCRYPTAGE - Alors que le Parti du peuple danois se veut plus véhément encore que les autres vis-à-vis de l’Administration américaine, ses opposants l’accusent d’hypocrisie, rappelant que son chef avait tenté de se rapprocher de Trump lors de son investiture en janvier dernier. En quête d’un allié stable, le Danemark se rapproche de l’Europe DÉCRYPTAGE - Les velléités d’annexion du Groenland de Donald Trump, tout comme ses réflexions humiliantes sur l’armée danoise, ont agi comme un électrochoc. Jadis allié indéfectible des États-Unis, il se retourne vers l’Union européenne. Face aux appétits de Donald Trump, le Danemark veut une présence permanente de l’Otan au Groenland DÉCRYPTAGE - Pour les premiers ministres danois et groenlandais, reçus mercredi à l’Élysée, il s’agirait de la meilleure riposte aux prétentions de Donald Trump d’accaparer l’île arctique. Qui est Jens-Frederik Nielsen, le premier ministre du Groenland reçu par Emmanuel Macron ce mercredi ? Le président de la République reçoit également la première ministre danoise
Mette Frederiksen, pour «réaffirmer la solidarité européenne» et le soutien de la France à la «souveraineté» et à «l’intégrité territoriale» du Danemark et du Groenland, a annoncé l’Élysée. CHRONIQUE - Pour passer inaperçu, je me suis vêtu en Inuit : pantalon sombre, parka, bottes en fourrure. Tant pis pour l’appropriation culturelle. Ça tient chaud. Groenland : pourquoi la souveraineté de l’île n’est pas négociable, et surtout pas par l’Otan DÉCRYPTAGE - Donald Trump, qui veut s’approprier le Groenland, avait annoncé un «accord-cadre» après un échange avec le secrétaire général de l’Otan. Un non-sens au regard du droit international, comme l’a rappelé la première ministre danoise, qui a toutefois annoncé des discussions entre Nuuk, Copenhague et Washington. Groenland : «L’Europe est à un moment de vérité, si elle ne s’impose pas comme puissance, elle disparaîtra» FIGAROVOX/TRIBUNE - Face à la brutalisation du monde, illustrée par les velléités expansionnistes de Trump au Groenland, l’Europe devra choisir : soit elle reste une experte des normes et de l’indignation, soit elle accepte enfin de s’armer pour protéger ses intérêts, estime l’ancien député Florian Bachelier. Stellan Skarsgård : « Donald Trump est un petit mégalomane » et un « criminel » Durant l’European Film Awards, l’équipe scandinave de Valeur sentimentale a été interrogée sur le chantage qu’exerce le président américain sur l’Europe sur la question du Groenland. Et n’a pas mâché ses mots.