Alors que les cours du pétrole et du gaz sont toujours à la hausse, des entreprises proposant des alternatives à ces énergies fossiles font état d'un intérêt accru des particuliers pour leurs services. Un garagiste installe un boîtier de conversion bioéthanol E85 sur une voiture à
Villespy (
Aude), le 17 mars 2022. (JUSTINE BONNERY / AFP) Les tarifs des énergies fossiles flambent et les Français sont à la recherche de solutions concrètes pour limiter les effets de cette hausse des prix sur leur budget. Alors que le très stratégique détroit d'Ormuz est toujours bloqué en raison de la guerre au Moyen-Orient, le ministre de l'Economie
Roland Lescure a parlé pour la première fois, mardi 24 mars, d'"un nouveau choc pétrolier", avant de nuancer son propos. Il n'empêche, près d'un mois après les premières frappes israélo-américaines sur l'
Iran, le conflit a déjà provoqué une hausse des cours du pétrole et du gaz.
Franceinfo a interrogé différents acteurs des filières de l'électrique, des biocarburants et des pompes à chaleur pour détecter les variations dans le comportement des Français dans leurs achats d'équipements en cette période troublée.Pour tenter de contourner la hausse des prix des carburants, une partie de la population se tourne d'abord vers l'électrique. Sur les sites spécialisés, les recherches et achats de voitures d'occasion électriques ont grandement augmenté depuis le début de la guerre, alors que la tendance de fond était déjà celle d'un intérêt accru pour ces modèles. Chez
Aramis Auto, la part des voitures 100% électriques dans les ventes a quasiment doublé en un mois : de 6,5% la semaine du 16 février à 12,7% durant celle du 9 mars, rapporte l'AFP. Les recherches avec le filtre "électrique" restent très minoritaires mais ont doublé, passant de 2% à 4% du total.Même constat pour le site
La Centrale : les recherches de véhicules électriques sont en hausse de 91% depuis le 28 février, annonce l'entreprise dans un communiqué. Interrogé par
France 2,
Guillaume Henri-Blanchet, directeur général adjoint du site, a constaté "tout de suite [après le début de la guerre] l'augmentation de la recherche de véhicules électriques".La société
Beev, entreprise de leasing de voitures électriques, a aussi vu "une augmentation de 20% des demandes en un mois". "La majorité de nos clients sont des entreprises qui ont des flottes de véhicule et pour qui la hausse des prix des carburants a un impact encore plus important que le particulier", analyse Solal Botbol, cofondateur de
Beev. Un intérêt qui se justifie par la relative stabilité des prix de l'électricité. Contrairement à ce qui s'était joué au début de la guerre en Ukraine, les tarifs du mégawattheure n'ont cette fois-ci remonté que très légèrement. En cause : la moindre dépendance aux centrales à gaz dans la production de l'électricité en
France et une production actuelle qui fonctionne à plein régime, contrairement à 2022.Sur le marché de la voiture neuve, l'engouement pour l'électrique est plus difficile à mesurer. Contacté par
Franceinfo, un porte-parole de Renault – groupe leader sur le marché de la vente des véhicules électriques – a bien constaté "une hausse de l'affluence à l'occasion des portes ouvertes du mois de mars", avec "un beau niveau de commande" pour leurs modèles phares. Mais impossible de le traduire en chiffres : "Il y a un décalage de quelques semaines pour que cela soit perceptible dans les résultats des immatriculations", explique le porte-parole du constructeur français. Le sujet est d'autant plus regardé chez Renault que le groupe a annoncé, le 10 mars, vouloir vendre uniquement des modèles électrifiés en Europe en 2030 (laissant ainsi une grande place à l'hybride).Le marché des biocarburants tire également son épingle du jeu dans ce contexte géopolitique dégradé. Wim Calleeuw, directeur réseau
France de eFlexFuel, assure que sa société a observé une forte accélération de la demande, avec une hausse de 50% de boîtiers E85 – mélange d'essence et d'éthanol agricole – vendus en
France entre le 1er et le 23 mars 2026, par rapport à la même période de l'année dernière. "La voiture électrique n'est pas accessible pour tous, l'E85 est vu comme une alternative moins coûteuse", analyse-t-il, en estimant que cela permet de faire "50% d'économies" sur un plein, une fois le coût de l'installation amorti (autour de 800 euros, selon eFlexFuel). Pour rouler à l'E85, il faut en effet soit disposer d'un véhicule adapté, soit installer un kit homologué. "Les visites sur la page Facebook de la communauté Superéthanol E85 sont passées de 800 vues par jour la première semaine de mars à 20 000 vues la deuxième", complète Nicolas Kurtsoglou, porte-parole du syndicat Bioéthanol
France, sur
Franceinfo.La relative stabilité des prix de l'E85 explique en partie cet engouement. "Le carburant E85 vient en très grande partie de betteraves et de maïs produit en
France, il n'y a donc pas énormément de fluctuations des prix par rapport aux carburants fossiles", explique Wim Calleeuw. Une stabilité qui peut cependant être ébranlée par des décisions politiques défavorables : alors que plusieurs études scientifiques remettent en question l'efficacité des biocarburants pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, le gouvernement avait pensé revenir sur l'avantage fiscal réservé à l'E85 lors du budget 2026. Une décision qui aurait grandement fait varier son prix si l'idée n'avait pas été abandonnée dans la version finale du texte.Les carburants ne sont pas les seules énergies fossiles à être à la hausse. Les cours du gaz s'envolent eux aussi du fait du blocage du détroit d'Ormuz, par où transitent jusqu'à 25% du gaz naturel liquéfié mondial. Et cela pourrait se répercuter sur les factures des Français à partir du printemps. Alors qu'il n'existe plus de tarifs réglementés pour le gaz depuis 2023, Nicolas Goldberg, responsable du pôle énergie du think tank progressiste Terra Nova, explique pour
Franceinfo que les clients les plus touchés seront ceux qui ont choisi "un prix indexé sur les marchés". Ceux qui ont un contrat à prix fixe, qui permet de bloquer un tarif pendant une durée déterminée, devraient être relativement épargnés.Alors que chez les particuliers, le gaz est principalement utilisé pour se chauffer lorsque les températures se radoucissent, les Français ont-ils déjà commencé à anticiper le retour des mauvais jours ? Selon les acteurs du marché des pompes à chaleur contactés par
Franceinfo, il est trop tôt pour le dire. Ce dispositif, qui fonctionne à l'électricité et à l'air, est certes apprécié pour sa faible consommation d'énergie, mais "on ne constate pas, pour le moment, de frémissement sur la demande de devis", fait savoir le porte-parole de l'entreprise Daikin
France. "A ce stade, il est encore trop tôt pour établir un lien direct entre le contexte géopolitique actuel, la hausse des prix de l'énergie et une éventuelle augmentation des commandes de pompes à chaleur", corrobore son concurrent Atlantic, par la voix de son directeur de groupe Damien Carroz. "Contrairement à d'autres équipements qui peuvent être remplacés rapidement, ce type d'achat s'inscrit dans des cycles plus longs avec des délais de mise en œuvre incompressibles", poursuit-il. Mais, selon le chef d'entreprise, ce contexte agit comme un révélateur. La guerre au Moyen-Orient "souligne la nécessité (...) d'anticiper et de sécuriser les modes de consommation énergétique face à des tensions susceptibles de durer et de se multiplier". Addiction aux réseaux sociaux : Meta et YouTube condamnés Rupture amoureuse : 1 actif sur 3 utilise ses congés pour s’en remettre Gims interpellé dans une affaire de blanchiment en bande organisée Au cimetière, le Hezbollah glorifie ses combattants et l'
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