Le président algérien
Abdelmadjid Tebboune donne une conférence de presse à l'issue d'une rencontre avec son homologue slovène à Ljubljana, le 13 mai 2025. - Jure MakovecEn pleine crise énergétique mondiale,
Madrid et Alger ont officialisé ce jeudi la réactivation de leur traité d'amitié, suspendu depuis 2022. Premier fournisseur de gaz de la péninsule, l'Algérie confirme son rôle de partenaire "fiable" alors que les deux pays envisagent de nouveaux investissements dans les infrastructures gazières.L'Algérie et l'Espagne ont décidé de "renforcer leur partenariat stratégique" dans le domaine de l'énergie alors que le pays nord-africain est "le premier fournisseur de gaz depuis trois ans" de
Madrid, a annoncé depuis Alger le chef de la diplomatie espagnole.Lors d'une visite de deux jours en Algérie, en plein conflit au Moyen Orient, le ministre espagnol
José Manuel Albares a qualifié le pays de "fournisseur de gaz stable, fiable et constant", après un entretien avec le président algérien
Abdelmadjid Tebboune.Un milliard de mètres cubes en plus par anL'Espagne est reliée à l'Algérie par un gazoduc appelé
Medgaz qui fonctionne à plein régime mais dont la capacité pourrait être augmentée "d'un milliard de mètres cubes par an", indiquait récemment à l'AFP l'expert américain
Geoff Porter.A sa sortie du palais présidentiel, M. Albares a précisé que les deux pays ont "évoqué la possibilité d'une coopération accrue, y compris au niveau des infrastructures et d'analyses conjointes" ainsi que "de nouveaux investissements".Selon lui, ce "dialogue sur le gaz va bien au-delà du simple approvisionnement, même si, bien sûr, nous en avons parlé". M. Albares a précisé que son homologue
Ahmed Attaf ainsi que le ministre algérien de l'Energie,
Mohamed Arkab, assistaient à l'entrevue avec le président Tebboune.Lors de ces discussions, "il est apparu clairement que l'Algérie est pour l'Espagne un ami et partenaire stratégique avec lequel nous entretenons un dialogue et une coopération constants que nous avons aujourd'hui relancés et renforcés", a ajouté M. Albares.Le fruit d'un dégel diplomatiqueSelon la présidence algérienne, le président Tebboune a informé M. Albares de "sa décision de réactiver le Traité d'amitié, de bon voisinage et de coopération qui lie l'Algérie et l'Espagne depuis octobre 2002".Ce traité avait été suspendu en 2022 quand
Madrid avait apporté son soutien à un plan d'autonomie sous souveraineté marocaine pour le territoire disputé du
Sahara Occidental, où l'Algérie soutient les indépendantistes du Polisario.Les relations commerciales bilatérales avaient ensuite connu un sévère coup de froid, avant un dégel progressif depuis 2025.L'Italie également intéressée par le gaz algérienLes relations bilatérales ont été décrites comme actuellement "excellentes" par M. Albares qui s'est réjoui d'une "augmentation spectaculaire des exportations espagnoles" vers l'Algérie ces deux dernières années, dont un triplement en 2025 sur un an.M. Albares a aussi évoqué avec M. Tebboune le "contexte géopolitique" global, estimant que "l'Espagne et l'Algérie partagent des valeurs et principes communs: le règlement pacifique des différends entre Etats et le rejet de la guerre".Le ministre espagnol s'est rendu en Algérie au lendemain d'une visite de la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni, qui a annoncé une coopération accrue avec Alger dans le gaz naturel afin "d'augmenter la fourniture de gaz algérien à l'Italie".Cela passera notamment par un renforcement du partenariat entre les compagnies pétrogazières nationales, l'italienne Eni et l'algérienne Sonatrach, "en travaillant sur de nouveaux fronts comme le gaz de schiste et l'exploration offshore".