Le 27 mars 2026 à 20h09 La cour d’assises à rendu son jugement au terme de trois jours d’audiences marqués par les témoignages d’amis, de la famille ainsi que d’experts psychologiques et toxicologiques. Proxima Studio / stock.adobe.com Depuis le mercredi 25 mars, Amélie D. et sa mère Carole D. étaient jugés à la cour d’assises de
Vendée. Elles ont été condamnées pour empoisonnements et tentative de meurtre sur
Enrique Bonte, le conjoint de la première. Passer la publicité Passer la publicité L’histoire avait marqué par le mode opératoire, tiré de fictions à succès, des deux accusées, Amélie D. et sa mère Carole D. Depuis ce mercredi 25 mars, elles étaient jugées devant la cour d’assises de
Vendée pour tentative de meurtre et d’empoisonnement sur le compagnon de la première. Au bout de trois jours d’audience, ce vendredi 27 mars, la cour a condamné Amélie D. à 20 ans et Carole D. à 15 ans de réclusion criminelle. L’affaire remonte à l’été 2021, plus d’un an après le début de leur relation. Enrique B. commence alors à soupçonner Amélie D. et Carole D. de l’avoir empoisonné. «Quand je bois mon café, il n’y a aucun goût bizarre, mais j’avais des suspicions suite à mes réactions : je n’avais plus la notion du temps, j’étais épuisé», explique-t-il, ce jeudi, à la barre. Les accusés y avaient versé des anxiolytiques. Passer la publicité Un véritable «projet criminel» Pendant près de deux ans, ce dernier va subir les nouvelles idées mortifères des accusées. Peu après cet épisode caféiné - qui sera renouvelé à plus forte dose - Amélie D. et Carole D. assaisonnent des plats de chili con carne destinés à Enrique avec de l’aconit, une plante létale découverte dans la série
You . Plus tard, c’est un épisode de
Breaking Bad qui les inspire. Elles glissent dans des olives des graines de ricin, dont les coquilles ont, elles, été dissimulées dans le paquet de tabac du compagnon. Amélie D. teste ensuite de l’antigel, sur le chien, cette fois. «Si ça marche sur le chien, ça marchera sur lui», déclare la mère. Agonisant, l’animal doit être euthanasié au bout de 48 heures. Si Enrique B. affirme en avoir également été victime, bien que la principale mise en cause assure l’inverse. Quelques mois passent et Amélie D. décide cette fois de sectionner les freins de son véhicule.
Enrique Bonte est alors convaincu du rôle de cette dernière dans toutes les réactions inexpliquées - somnolence, palpitations, fourmillements du corps - qu’il a ressenties à la suite des empoisonnements. En la confrontant après cet épisode, Amélie D. lui avoue tout sur son «projet criminel», tandis qu’il l’enregistre secrètement. Un duo «très fusionnel» Au cours de ce procès, une chose est clairement ressortie : la relation extrêmement forte qui lie Carole D. à sa fille. «On en voyait une, on voyait l’autre. Leur relation était très fusionnelle. C’était un binôme», explique Patrick D., le frère de Carole. Au deuxième jour d’audience, cette dernière rappelle avoir été «prise dans un engrenage.» À écouter ses réponses, et malgré ses démentis répétés, celle-ci semble avoir été «manipulée par Amélie D.», selon les mots mêmes de la cour : Présidente : «Tout ce que votre fille vous réclame, c’est oui. Comment vous l’expliquez ? Il y a des abysses entre le fait de faire plaisir à votre fille et d’arriver à faire ces actes-là.» Passer la publicité Carole D. : «Je voulais son bonheur.» Présidente : «Et son bonheur peut passer par la mort de quelqu’un d’autre ?» Carole D. : «Quand c’est ma fille...» Présidente : «Comment en vient-on à cette idée d’empoisonnement ? Qui a eu cette idée ?» Carole D. : « C’est ma fille. Je n’ai pas eu le courage de lui dire non. » Passer la publicité Depuis 2020,Carole D. avait rejoint le couple dans une annexe de la maison, sur proposition d’Amélie D. Le début du calvaire, selon
Enrique Bonte Auditionnée, une médecin légiste ayant expertisé Carole D., résume un comportement «sous l’emprise d’une enfant tyrannique, répondant aux demandes de sa fille depuis deux ans, dans une forme d’inconscience.» «Je pense que son incarcération lui a sauvé la vie» La cour le dit et le redit : le profil d’Amélie D. est «immature». Un trait de caractère qui laisse des traces sur son passage. Cyril S., ancien proche d’Amélie D. rencontrée en 2004, avec qui il a entretenu une relation amoureuse a été entendu à la barre jeudi. Ce dernier est aujourd’hui en affection de longue durée (ALD). Il aurait tenté à plusieurs reprises de mettre fin à ses jours, dont les dernières tentatives sont directement liées à Amélie D., reconnaît-il timidement. Cyril S. est endetté après avoir contracté un prêt pour rembourser les factures et pannes de voiture d’Amélie, qui lui avait promis de le rembourser. Pendant la relation d’Amélie D. avec Enrique B., ce dernier reconnaît avoir régulièrement communiqué avec elle - qui lui «faisait miroiter une relation», assure l’avocate générale. Pour Julien A., témoin invité par la défense, le tableau dressé par la cour est en totale divergence avec sa réalité : «Avant, c’était quelqu’un de dynamique, pétillante.» Il témoigne cependant de cette peur de l’abandon, quasi constitutive chez Amélie D. «Elle m’avait raconté ses problèmes avec son père. (...) Je pense que son incarcération lui a sauvé la vie», avance toutefois Julien A. Dans son expertise, la médecin légiste relève de nombreuses tentatives de suicide ayant débouché sur des hospitalisations en réanimation. La rédaction vous conseille Au procès des empoisonneuses inspirées de
Breaking Bad : le calvaire insidieux vécu par
Enrique Bonte Trafic de drogue, maladie de Crohn, téléphone effacé : au procès des agresseurs de Jérémie Cohen, le profil de Miguel D. et Kenny A. décortiqué par la cour
Vendée : les empoisonneuses qui se sont inspirées de la série
Breaking Bad condamnées à 15 et 20 ans de prison ferme S'ABONNER Condamnation de Frédéric Péchier : retour sur les trois mois du procès-fleuve du «docteur la mort» RÉCIT - Jadis anesthésiste brillant, aujourd’hui qualifié de «tueur en série», Frédéric Péchier n’a cessé de répéter son innocence. Il a été condamné ce jeudi matin à la réclusion criminelle à perpétuité pour les 30 empoisonnements qui lui étaient reprochés. «Je n’ai jamais été aliénée» : au procès de Maylis Daubon, la fille multiplie les incohérences pour disculper sa mère COMPTE-RENDU D’AUDIENCE - Ce vendredi, a eu lieu l’un des moments les plus forts du procès : les retrouvailles entre Luan, 22 ans, et sa mère Maylis Daubon, 53 ans, accusée d’avoir empoisonné sa sœur Enea jusqu’à la mort, de l’avoir empoisonnée elle et d’avoir instigué, sans qu’il n’aboutisse, l’assassinat de leur père. « Il y a un empoisonneur » : à son procès, l’anesthésiste Péchier rejette la faute sur un criminel mystère COMPTE RENDU D’AUDIENCE - Après deux semaines d’audience, la cour et les parties civiles ont enfin entendu la parole très attendue de l’ex-anesthésiste qui nie farouchement les trente empoisonnements, dont douze mortels, dont il est accusé. L’anesthésiste Péchier, «star» du bloc opératoire ou redoutable tueur en série ? RÉCIT - Après huit années d’instruction, le procès de Frédéric Péchier s’ouvre ce lundi. Pendant quatre mois, il sera jugé pour trente empoisonnements dont douze mortels. Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le 14 février 1980, Marie Besnard, «l’empoisonneuse du siècle» acquittée trois fois, mourait à Loudun LE FAIT D’HIER - Il y a 45 ans, «la bonne dame de Loudun», qui avait fait la une des journaux pendant douze années de procédure, s’éteignait avec son secret. Yvelines : deux élèves placés en garde à vue après une «tentative d'empoisonnement» d’une enseignante par un élève Un collégien s'est présenté ce jeudi matin à la chef d'établissement pour reconnaître les faits. Un conseil de discipline aura lieu à la reprise des cours en janvier. Le médecin anesthésiste Péchier, accusé d'avoir empoisonné une trentaine de patients, pourra continuer d'exercer RÉCIT - La chambre de l'instruction de la Cour d'Appel de Besançon a annoncé que le praticien soupçonné d'empoisonnement sur des patients pourrait exercer une activité médicale. Sous réserve de l'autorisation de l'Ordre des médecins. Guerre en Ukraine : pourquoi faut-il rester prudent au sujet du «possible empoisonnement» d'Abramovitch DÉCRYPTAGE - La Russie, connue pour son savoir-faire en matière d'empoisonnement, est suspectée dans le possible empoisonnement d'un oligarque russe et de deux négociateurs ukrainiens. Sergueï Parkhomenko: «La nature criminelle du système Poutine est révélée dans toute sa crudité» ENTRETIEN - Éditorialiste vedette à la radio Écho de Moscou, publiciste et activiste des droits civiques, cet intellectuel situé dans l’opposition, revient sur le «va-tout» d’Alexeï Navalny et la «désacralisation de Poutine» qui s’opère sous les coups de ses enquêtes sur la corruption «pharaonique» du régime. LETTRE EXCLUSIVE ABONNÉS - Un regard à 360° sur la scène internationale, par Philippe Gélie.