Ces alliés de l'
Iran ont revendiqué samedi leur première attaque contre Israël depuis le début de la guerre. Des
Houthis brandissent leurs armes lors d'un rassemblement de solidarité avec l'
Iran et le Liban, dans le contexte de la guerre israélo-américaine contre l'
Iran, à Sanaa, la capitale yéménite, le 27 mars 2026. (MOHAMMED HUWAIS / AFP) Vers un point de bascule dans le conflit au Moyen-Orient ? Les rebelles
Houthis du Yémen, alliés de l'
Iran, ont revendiqué samedi 28 mars leur première attaque contre Israël en un mois de guerre. Quelques heures plus tôt, l'armée israélienne avait détecté un tir de missile en provenance du Yémen et activé ses systèmes de défense antiaérienne. Le porte-parole des
Houthis,
Yahya Saree, a affirmé dans une vidéo publiée sur X que l'attaque visait des "sites militaires sensibles" à l'aide de missiles balistiques. La veille, le mouvement avait annoncé être prêt à intervenir militairement en cas d'escalade impliquant Israël ou les Etats-Unis contre l'
Iran, évoquant également des actions possibles depuis la mer Rouge.Un élargissement du conflitLes
Houthis font partie de ce que l'
Iran appelle "l'axe de la résistance", aux côtés du
Hezbollah libanais, du
Hamas palestinien et de groupes armés irakiens pro-iraniens. Pour
Denis Bauchard, ancien diplomate et président du conseil scientifique et administratif du Centre arabe de recherches et d'études politiques de Paris (Carep), interrogé par franceinfo, il était "surprenant qu'ils ne soient pas encore intervenus", car "il ne faut pas oublier que le front des
Houthis existait déjà depuis les attaques du 7-Octobre et la guerre à Gaza".Ce n'est effectivement pas la première fois que les
Houthis ciblent Israël ou ses intérêts. Entre 2023 et 2025, lors de la guerre à Gaza, ils avaient multiplié les attaques de missiles et de drones, visant également des navires commerciaux en mer Rouge et perturbant le trafic maritime dans cette zone stratégique. Selon David Rigoulet-Roze, chercheur à l'Institut français d'analyse stratégique (Ifas), l'intervention des
Houthis n'est pas totalement inattendue, mais "très préoccupante". Invité du "8h30 franceinfo" samedi matin, il estime qu'il s'agit d'un "élargissement supplémentaire du conflit".Une menace maritime majeure"La vraie menace est surtout maritime", selon
Denis Bauchard. Car une entrée des
Houthis dans le conflit fait peser une menace sur le très stratégique détroit de Bab el-Mandeb, qui sépare le Yémen de
Djibouti, sur le continent africain, et qui permet de relier l'océan Indien à la Méditerranée, via la mer Rouge et le canal de Suez.
Denis Bauchard estime qu'un blocage de ce détroit pourrait avoir "des conséquences comparables à celles causées par le blocage du détroit d'Ormuz". Le blocage de cette route vitale pour l'exportation du pétrole saoudien et pour le commerce mondial pourrait provoquer "un détournement des flux maritimes et une rupture éventuelle des chaînes d'approvisionnement, avec des répercussions économiques mondiales", souligne David Rigoulet-Roze. En cas de fermeture, les navires seraient en effet contraints de contourner l'Afrique pour relier l'Europe à l'Asie.Un "proxy" de l'
Iran avec son propre agendaConcernant les capacités militaires des
Houthis, leur armement "provient en grande partie des arsenaux de l'armée yéménite, mais ils ont aussi reçu des missiles à moyenne et longue portée de l'
Iran", détaille
Denis Bauchard. Si les
Houthis sont soutenus par l'
Iran, "ils restent relativement autonomes", rappelle-t-il."Les
Houthis sont un 'proxy' de l'
Iran, mais avec leur propre agenda, contrairement au
Hezbollah qui opère de façon plus coordonnée avec Téhéran", explique le spécialiste du Moyen-Orient. Selon lui, leur participation au conflit dépasse les objectifs militaires : "Leur contribution restera certainement assez marginale, c'est avant tout une manière d'affirmer leur existence et de chercher une reconnaissance internationale."Pour Israël, une menace qui vient s'ajouter aux autresIsraël dispose de moyens de riposte face à cette nouvelle menace. "Le système de défense israélien est efficace, mais en cas de saturation, certains missiles aériens peuvent passer. Cependant, les moyens des
Houthis restent limités, les missiles à longue portée sont plus faciles à repérer que les drones", explique
Denis Bauchard.Toutefois, ce nouveau front représente une difficulté supplémentaire pour l'armée israélienne, déjà mobilisée sur plusieurs théâtres –
Iran, Liban, Gaza et Cisjordanie. "C'est donc une nouvelle menace qui se met en place contre Israël, et qui peut participer à la fatigue des forces armées israéliennes", poursuit
Denis Bauchard. D'autant qu'elle intervient à un moment où le chef d'état-major lui-même alerte sur un risque d'effondrement de l'armée en raison d'un manque d'effectifs. Le pape Léon XIV appelle à la "paix" et au "partage" dans son allocution à Monaco "L'IA a un potentiel libérateur absolument incroyable !" Mission Artemis : un rover suisse bientôt sur la Lune Carburant : les mesures "ciblées" du gouvernement pour le transport, l'agriculture et la pêche Des animaux découpés vivants dans un abattoir en Martinique Guillaume Cizeron et Laurence Fournier Beaudry brillent et battent leur record sur la danse rythmique aux Mondiaux Allemagne : une baleine, échouée depuis plusieurs jours, enfin libérée Traversée des Alpes : le projet fou d'un champion hors normes Vols de carburant : les gendarmes lancent l'alerte "C’est la cour des miracles" : le sénateur Claude Malhuret charge de nouveau Donald Trump Guerre au Moyen-Orient : négociations sous les bombes Xavier Dupont de Ligonnès, caché dans le désert du Texas ? Meurtres au Portugal : l'inquiétant profil de Cédric Prizzon Attention aux mauvais conseils sur les réseaux sociaux sur les gestes à faire en cas d'infarctus Les réactions des Bleus après leur victoire sur le Brésil Il marque 106 points dans un match de basket, dont 33 paniers à 3 points Le Parlement européen approuve la création de "hubs de retour" pour migrants Guerre au Moyen-Orient : les quatre scénarios du Pentagone Comment les déclarations de Donald Trump influencent-elles le cours du pétrole ?