L’Association Française du Rail (AFRA) estime qu'il s'agit d'"un enjeu central" pour développer l'offre ferroviaire en
France.C'est un peu l'acte II de la concurrence dans le rail en
France qui est bridé. Car si des opérateurs alternatifs à la
SNCF proposent de plus en plus de trains à grande vitesse en
France (
Trenitalia,
Renfe), la visibilité de cette offre reste toute relative. En effet, les billets de ces acteurs sont disponibles sur leurs propres sites Web mais pas sur
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SNCF Connect, l'application ultra-dominante du marché, propriété du Groupe
SNCF. On peut également les trouver sur des applications comme
Kombo ou
Trainline mais ces dernières sont encore peu utilisées par rapport aux 85% de parts de marché (estimée) de
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SNCF Connect qui profite de son historique et de sa force de frappe. Et surtout très peu connues en notoriété.Cette situation est dénoncée depuis longtemps par les opérateurs alternatifs et la
SNCF ne semble pas vouloir faire évoluer sa position. Aujourd'hui, ces acteurs réunis au sein de l’Association Française du Rail (AFRA) veulent faire bouger les lignes en insistant sur la perte de choix pour le consommateur."Il est inacceptable, alors qu’il existe des places disponibles dans les trains des opérateurs alternatifs, que des voyageurs restent aujourd’hui à quai, ou prennent leur voiture ou l’avion, car ils n’ont pas connaissance des offres de ces nouveaux opérateurs, faute de présence sur
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SNCF Connect", regrette
Solène Garcin-Berson, Déléguée générale de l’AFRA. L'association souligne d'ailleurs que "le taux de remplissage des trains des opérateurs alternatifs reste aujourd’hui sensiblement inférieur à ceux de l’opérateur historique, en raison d’une visibilité inférieure"."Voyageurs captifs""Pour le voyageur, c’est une perte d’opportunité de choisir le train! Ouvrir la distribution serait aussi bénéfique pour le pouvoir d’achat des Français:
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SNCF Connect, qui bénéficie d’un avantage de notoriété et d’utilisation issu du monopole historique, ne peut pas garder les voyageurs captifs de l’offre de l’opérateur dominant pour saturer les trains de ce dernier et imposer ainsi des tarifs prohibitifs aux voyageurs. Même
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SNCF Connect y trouvera son compte puisque qu’elle sera rémunérée en tant que plateforme", assure le lobby.L’AFRA appelle donc "le
Parlement à avancer sur ces enjeux clefs via le projet de loi-cadre sur le développement des transports, programmé dès le mois d’avril au
Sénat".Car si les opérateurs alternatifs montent en puissance (et que de nouveaux acteurs vont bientôt arriver), leurs parts de marché plafonnent, selon les chiffres du régulateur.
Trenitalia propose ainsi 14 allers-retours par jour vers Lyon, ce qui représente 20% du total sur la liaison. Or, sa part de marché ne dépasse pas les 1% (en voyageurs.km) en 2024. Et le manque de visibilité de ses offres sur Connect expliquerait notamment ce plafonnement."Les opérateurs alternatifs appellent à ce que la plateforme de distribution dominante
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SNCF Connect soit tenue de vendre, de manière équitable et non discriminatoire, les billets de l’ensemble des opérateurs qui en font la demande", demande donc Marco Caposciutti, président de l’AFRA mais aussi patron de
Trenitalia France. "Pour répondre à la forte demande de train de la part des Français, il faut d’une part développer l’offre – et les nouveaux opérateurs y contribuent – mais aussi que la distribution soit fiable, lisible et transparente pour que les voyageurs puissent comparer l’ensemble de l’offre ferroviaire sur des bases neutres et objectives"."Pas une priorité" pour la SNCFPour l'AFRA, l'intégration de leurs offres à Connect doit également permettre un parcours plus fluide lorsque deux opérateurs différents sont utilisés pour le même trajet. "Concrètement, le passager ne doit pas avoir à changer de plateforme pour acheter différents billets de train. Tout doit être fait pour faciliter le processus et la vente de billets combinés et en correspondance, y compris avec les trains des opérateurs alternatifs", souligne l'association.Il s'agit également d'éviter les zones grises de l'ouverture à la concurrence en cas de problème dans un trajet multi-opérateurs. "La gestion des correspondances et garanties de report est cruciale: elle doit être incluse dans tous les appels d’offres régionaux, dans des conditions équitables pour tous les opérateurs. L’AFRA appelle aussi à un mécanisme de prise en charge réciproque entre transports conventionnés et services librement organisés, encadré par le régulateur afin que le voyageur puisse se reporter sur le train de n’importe quel opérateur en cas de rupture de correspondance", explique Marco Caposciutti.Contacté par BFM Business,
SNCF Voyageurs estime que "la distribution d’entreprises ferroviaires tierces en SLO (les opérateurs proposant des trains à grande vitesse longue distance, NDLR) n’est pas une priorité, d’autant que les voyageurs disposent déjà sur
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SNCF Connect d’une offre grande vitesse pour toutes les destinations", traduisez celles de la
SNCF "qui couvrent toutes les destinations desservies par les trains à grande vitesse en
France". L'entreprise rappelle par ailleurs distribuer les billets des opérateurs alternatifs en régions pour les TER (Transdev, RATP...)Aucune obligation nationale ou européenne, plaide la
SNCF"Chaque entreprise définit sa stratégie et l’étendue de son offre. En matière ferroviaire, dans plusieurs pays européens, le site de vente des opérateurs historiques de SLO n’est pas ouvert à la distribution des offres des autres opérateurs ferroviaires (c’est le cas également de l’Espagne, de l’Italie ou de l’Allemagne par exemple). A l’heure actuelle, il n’y a d’ailleurs aucune réglementation nationale ou européenne qui impose aux sites de distribution comme
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SNCF Connect de commercialiser des offres concurrentes", souligne l'opérateur. "Le marché de la distribution des titres de transport est pleinement concurrentiel. Les entreprises ferroviaires concurrentes de
SNCF Voyageurs disposent de leur propre canal de vente et peuvent convenir de leur stratégie de distribution en s’appuyant ainsi sur de nombreux acteurs déjà présents sur le marché autres que
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SNCF Connect" assène la compagnie sous forme de fin de non-recevoir. Pour les alternatifs, il faudra peut-être en passer par la justice ou les autorités concurrentielles.