Le 30 mars 2026 à 16h50 Le tarif moyen du litre de gazole dans les stations-service de l’Hexagone frôle désormais les 2,20 euros. Un montant en hausse de 8 centimes sur une semaine, et de près de 50 centimes depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Passer la publicité Passer la publicité Voilà de quoi accentuer encore un peu la pression sur le gouvernement, appelé de toutes parts à renforcer ses aides face à la flambée des carburants. Selon les dernières données hebdomadaires publiées par le ministère de la Transition écologique ce lundi, les prix moyens à la pompe en
France ont encore augmenté la semaine dernière. Une cinquième semaine d’affilée de hausse consécutive, amenant le gazole à un prix jamais vu depuis que ces données sont compilées, soit 1985. Le tarif moyen du litre de gazole, le carburant le plus consommé en
France (environ 68% de parts de marché), frôle désormais les 2,20 euros (2,1888 euros). La semaine dernière, il a encore pris 8 centimes d’euro. Soit une envolée de près de 50 centimes depuis le début du conflit au Moyen-Orient, fin février. Côté essence, le sans plomb 95-E10 frôle, lui, les 2 euros le litre (1,9712 euro), en hausse de quelque 3 centimes d’euro la semaine dernière. Depuis les premières frappes israélo-américaines sur l’
Iran, il a augmenté d’environ 26 centimes au litre. Soit deux fois moins que le gazole. Passer la publicité Une différence qui s’explique notamment par la plus grande dépendance européenne aux importations en ce qui concerne le diesel, en particulier en provenance du Moyen-Orient. Par ailleurs, la moindre fiscalité du gazole par rapport à l’essence - les taxes pèsent moins de 45% du litre de gazole contre plus de 50% du litre d’essence - fait que ce produit est «plus directement corrélé au prix du baril», expliquait récemment dans nos colonnes
Patrice Geoffron, directeur du Centre de géopolitique de l’énergie et des matières premières (CGEMP) à l’université Paris-Dauphine‑PSL. Le sans plomb 95 classique a quant à lui dépassé les 2 euros le litre en moyenne (2,0091 euros, +3,6 centimes sur la semaine dernière). Quant au SP98, il atteint 2,0463 euros le litre (+3 centimes). Le détroit d’Ormuz toujours bloqué Cette hausse continue des prix à la pompe est évidemment liée à celle des cours du pétrole, qui flambent en raison de la quasi-paralysie du détroit d’Ormuz, point stratégique pour l’approvisionnement mondial de l’or noir. La semaine dernière, le baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale de ce marché, a encore augmenté de plus de 2 dollars, pour atteindre 110 dollars, contre environ 70 dollars avant le début de la guerre au Moyen-Orient. Ce lundi, il progressait encore et s’échangeait à environ 115 dollars. Pour l’heure, malgré l’envolée à la pompe, le gouvernement refuse toute mesure de soutien généralisée sur les carburants, excluant toute baisse des taxes comme tout plafonnement des prix - des mesures mises en place chez certains de nos voisins. «Le carnet de chèques, de manière générale, ne peut plus être utilisé pour l’ensemble de nos concitoyens», a prévenu ce lundi le ministre des Transports Philippe Tabarot, sur
Europe 1. Vendredi, l’exécutif a annoncé une série d’aides «ciblées» à destination des secteurs les plus touchées par l’envolée des prix des carburants : transport routier, agriculture et pêche. Des mesures insuffisantes, déplorent les professionnels. Pour faire entendre leur colère, les transporteurs routiers ont lancé des actions le week-end dernier. Ils ont organisé une opération escargot ce lundi matin sur le périphérique parisien, et d’autres actions sont prévues ces prochains jours ailleurs en
France, notamment mardi dans la Marne. Guerre au Moyen-Orient : le prix du gazole en
France au plus haut depuis au moins 1985 S'ABONNER «70 millions d’euros, ce ne sont pas des miettes» : la réponse de Roland Lescure aux routiers en colère après la hausse des carburants Le locataire de Bercy refuse de bloquer les prix des carburants même s’il reconnaît qu’un «encadrement des marges reste toujours possible». Prix des carburants : quelles sont les stations-service les plus chères de
France ? Selon les données officielles du gouvernement, il était possible, en début de semaine, de trouver le litre de gazole à 2,80 euros à certains endroits, et le litre de SP95-E10 à plus de 2,50 euros. Baisse de la TVA, gel des prix, taxe flottante... Que peut vraiment faire l’État face à la flambée des carburants ? L’État est sous le feu des critiques pour son absence d’aide aux automobilistes face à la hausse des prix à la pompe. Alors que les oppositions réclament des mesures, certaines semblent juridiquement inapplicables, ou très coûteuses pour les finances publiques. En Corse, le blocage des dépôts de carburant provoque un début de pénurie dans les stations-service Dans l’île, où les supermarchés ne vendent pas d’essence, les distributeurs indépendants protestent contre les prix plafonnés de TotalEnergies, qu’ils dénoncent comme de la concurrence déloyale. «Elles subissent les effets de la flambée du kérosène» : la guerre en
Iran pousse les compagnies aériennes à augmenter les prix des billets DÉCRYPTAGE - Chez Air
France et KLM, un aller-retour en classe économique sur un long-courrier coûte désormais 50 euros de plus. D’autres transporteurs français, comme Air Caraïbes et Air Austral, ont aussi revu leurs tarifs à la hausse. Guerre au Moyen-Orient : l’État s’en met-il vraiment «plein les poches» grâce à la flambée des carburants ? DÉCRYPTAGE - Pour le Rassemblement national, les finances publiques sont les grandes gagnantes de la hausse des prix à la pompe, du fait des taxes. Un raisonnement balayé par le gouvernement. Carburants: la hausse de production demandée aux raffineurs peut-elle vraiment faire baisser les prix à la pompe ? Le gouvernement a demandé lundi aux raffineurs d’évaluer la capacité de leurs sites «à augmenter rapidement et temporairement la production en produits raffinés». L’exécutif espère, par ce moyen, «alléger la tension sur les marchés des produits raffinés en
Europe». Jean-Pierre Robin : «Les carburants, vache à lait fiscale des États mis en demeure de les subventionner» CHRONIQUE - Un accord tacite s’est établi entre l’opinion publique et les gouvernements : les énergies sont certes lourdement taxées, mais en contrepartie il paraît légitime que « l’État protecteur », comme il aime à se proclamer, en lisse les à-coups. Carburants : les certificats d’économies d’énergie accentuent-ils la flambée des prix à la pompe ? Alors que la guerre au Moyen-Orient fait flamber les prix à la pompe, cette «quasi-taxe» est accusée de gonfler discrètement la facture des consommateurs. Baisse des prix à la pompe : pourquoi la
France n’a pas les moyens d’imiter Giorgia Meloni ANALYSE - L’Italie a décidé de réduire les taxes sur les carburants pour en faire baisser le prix de 25 centimes à la pompe. Un luxe désormais inabordable pour la
France.